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Guerre en Syrie


Berne négocie avec Damas pour l’action humanitaire


Par Frédéric Burnand, Genève


Le 11 février dernier, ces habitants de Homs attendaient de pouvoir être évacué de la ville assiégées. (AFP)

Le 11 février dernier, ces habitants de Homs attendaient de pouvoir être évacué de la ville assiégées.

(AFP)

Alors que les négociations sur la Syrie patinent à Genève, la Suisse négocie avec Damas un document permettant une plus grande liberté d’action des humanitaires face au Croissant-rouge syrien. Interview avec le négociateur suisse, Manuel Bessler.

Délégué à l’aide humanitaire et chef du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA), Manuel Bessler s’est rendu la semaine dernière à Téhéran pour une rencontre avec les vice-ministres des Affaires étrangères iranien, Hossein Amir-Abdollahian, et syrien, Houssameddine Ala, pour assouplir les règles d’intervention des humanitaires imposées par Damas via le Croissant-rouge syrien. Damas doit répondre prochainement aux propositions suisses.

swissinfo.ch: De quelle manière la Suisse est engagée pour faciliter l’accès humanitaire en Syrie ?

Manuel Bessler: La Suisse travaille sur plusieurs axes. Nous avons des activités sur le terrain avec nos partenaires, le CICR, le HCR, le PAM, et les ONG internationales et nationales (les ONG syriennes)

Nous fournissons également nos spécialistes du Corps suisse d’aide humanitaire à des organisations comme le HCR, le troisième axe étant les projets que la Suisse met en œuvre dans la région, comme en Jordanie et au Liban.

La diplomatie humanitaire constitue le quatrième axe de notre action. À Téhéran, nous avons mené des discussions pragmatiques sur les conditions du travail humanitaire, que ce soit en termes de sécurité, d’accès, de mobilité en Syrie, de visas ou de matériel radio pour que les équipes d’humanitaires puissent communiquer

Notre intention était de discuter des questions que seul Damas peut améliorer.

L’engagement de la Suisse

Depuis le début de la crise en mars 2011, la DDC , l’agence suisse de coopération au développement, a engagé un total de 85 millions de francs suisses pour venir en aide aux populations affectées.

Avec cette contribution, la DDC soutient le CICR, les agences onusiennes (OCHA, HCR, PAM, FAO, UNICEF et UNRWA), ainsi que les ONG nationales et internationales.

La Suisse s’engage pour qu’une solution politique soit trouvée à la crise syrienne. Elle soutient la mission politique de l’envoyé spécial conjoint de la Ligue des Etats arabes et de l’ONU.

Dans le cadre de l’Assemblée générale et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, la Suisse a demandé à plusieurs reprises que le Conseil de sécurité de l’ONU défère la situation syrienne à la Cour pénale internationale (CPI) afin que les auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité – quel que soit leur camp – ne restent pas impunis.

La Suisse soutient la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme. Elle a appuyé la prolongation du mandat de ladite commission, dont l’ancienne Procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie Carla Del Ponte est membre.

 

Source: DDC

swissinfo.ch: Quelle est l’attitude de Damas, justement?

M.B.: Il y a eu des engagements pris, même s’ils doivent encore être confirmés. Les humanitaire doivent en effet signer un protocole d’accord avec le Croissant-rouge syrien. Il contient des clauses restrictives.

A Berne, nous avons rédigé nos commentaires à ce document pour assouplir ces règles posées aux humanitaires. Nous allons maintenant partager nos observations avec Damas.

swissinfo.ch: Ces observations ont-elles des chances d’être acceptées par Damas?

M.B.: J’espère vraiment que Damas prendra nos commentaires en considération. Par exemple, il est essentiel de permettre aux humanitaires de faire leurs propres évaluations sur place. Ce qui n’est pas possible actuellement. Un autre point aborde la question de l’engagement d’employés locaux sans devoir passer par le Croissant-rouge syrien.

Nous ne demandons pas l’impossible, mais des améliorations concrètes pour l’action des humanitaires en Syrie. Et nous devons parler avec tous ceux qui ont une influence sur le terrain.

swissinfo.ch: L’humanitaire est-il l’otage des négociations politiques menées à Genève et à New York?

M.B.: Pour nous, il est important de différencier les discussions humanitaires et politiques. L’humanitaire n’est pas l’otage des négociations politiques, puisque nous pouvons travailler sur le terrain. Le Programme alimentaire mondial (PAM) peut porter secours à 4 millions de gens en Syrie. Le CICR peut se rendre en Syrie, les ONG aussi, malgré les immenses difficultés.   

Reste que les besoins sont énormes. Et il n’est pas possible d’y répondre intégralement. Certaines régions sont très difficiles d’accès. Il n’est par exemple pas possible de se rendre régulièrement à Alep ou dans certains quartiers de Damas. C’est pourquoi nous utilisons tous les canaux à disposition pour atteindre le plus de gens possible.

swissinfo.ch: Quelle est votre évaluation des besoins humanitaires sur le terrain?

M.B.: Plus de 11 millions de Syriens ont besoin chaque jour d’une aide humanitaire, dont 2,3 million sont réfugiés dans les pays limitrophes. Sur les 9 millions qui sont en Syrie, 6,2 millions sont des déplacés internes, des civils qui ont tout perdu. Ils sont donc particulièrement vulnérables.

Environ 250'000 personnes sont piégées dans les zones assiégées comme à Alep ou Damas. Après de longues discussions diplomatiques à Genève, les assiégés de Homs commencent à pouvoir sortir. Une lueur d’espoir.

swissinfo.ch



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