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Héros national en sursis L’heure de vérité arrive pour la Nati de Petkovic

An der Seitenlinie ein unaufgeregter, aber präziser Coach: Vladimir Petkovik.

Sur la touche, Petkovic ne s'énerve pas, mais ses consignes sont précises.

(Keystone)

Son bilan chiffré fait de lui le meilleur sélectionneur de l’équipe nationale de football que la Suisse ait jamais connu. Mais ce succès pourrait être remis en question dans les prochains jours. Lenjeu est de taille pour l’équipe suisse. Et pour Vladimir Petkovic. Il sait d’ailleurs bien à quelle vitesse le vent tourne dans son métier. Portait.

Pour comprendre Vladimir Petkovic, il faut revenir sur une déclaration qui remonte à quelques années: «La méfiance est profondément ancrée en moi». Âgé de 54 ans, cette méfiance lui a permis de faire son chemin et il est maintenant en Suisse l’entraîneur le plus en vue. Un peu partout, ses décisions sont discutées et critiquées, que ce soit dans les médias, aux tables des bistrots ou en famille. En tant que coach de l’équipe nationale, il se retrouve exactement là où il n’est pas à l’aise, soit au centre de l’attention. «J’ai dû apprendre ce que cela signifie d’être entraîneur national», dit-il. «Cela m’a pris du temps».

Il y a maintenant plus de trois ans qu’il occupe ce poste où il a succédé à Ottmar Hitzfeld, un géant intouchable après une carrière dans les clubs qui lui avait valu d’être désigné deux fois entraîneur mondial de l’année. L’Allemand avait en outre été chroniqueur au quotidien «Blick», avec lequel il coopérait étroitement.

Quelques mois déjà après son entrée en fonctions, Vladimir Petkovic s’est retrouvé sous une forte pression en raison de résultats insuffisants. Manquant de confiance, rudement attaqué par le journal de boulevard alémanique, il a réagi à sa manière, les nerfs à fleur de peau, vulnérable et méfiant.

Il s’était déjà montré sous ce jour à la tête des Young Boys de Berne, où il avait décroché son premier poste important d’entraîneur en 2008. Nerveux, irritable et maladroit dans les phases difficiles, il voyait aussi des ennemis dans tous les coins. Son club avait ainsi dilapidé une avance de 13 points sur le FC Bâle. L’attitude difficile de l’entraîneur était devenue un obstacle à sa réussite. «Une collaboration constructive n’était plus possible», avait déclaré un des principaux responsables des Young Boys après sa mise à pied au printemps 2011.

Des compétences sociales

Vladimir Petkovic a quitté l’ex-Yougoslavie pour la Suisse il y a une trentaine d’années et a depuis suivi un itinéraire long et sinueux. Du petit club de Coire, il est descendu au Tessin où il a entraîné Agno, Lugano puis Bellinzone, acquérant la réputation d’être un entraîneur intelligent. Parallèlement, il a travaillé dans le domaine social et les expériences qu’il y a réalisées ont certainement contribué à enrichir une des compétences les plus importantes pour un entraîneur: la gestion d’un cadre où sont réunis une vingtaine de joueurs ambitieux qui se considèrent tous comme de petites entreprises indépendantes. Sans compter les vanités, les jalousies et l’image qu’ils cherchent à donner.

Vladimir Petkovic

Fort de ses succès, l'entraîneur national a commencé à se montrer plus détendu face aux médias.

(Keystone)

Ses compétences sociales et sa capacité à motiver les joueurs s’avèrent particulièrement importantes pour diriger l’équipe de Suisse où des cultures disparates sont réunies. À cet égard, les origines de Vladimir Petkovic représentent certainement un atout en raison des nombreux secondos appelés dans la sélection nationale. Il y a maintenant bien longtemps qu’on ne parle plus de divisions dans l’équipe ou de faction balkanique. Sa gestion du personnel s’avère convaincante, il a trouvé son équipe, l’attitude et l’état d’esprit des joueurs sont positifs.

Offensive de charme

Le public a cependant mis long à s’identifier à cet entraîneur qui gardait ses distances. «L’image que j’ai donnée n’était pas idéale, reconnaît-il lui-même, il m’a fallu changer quelque chose». Avant l’Euro 2016 et suite à quelques résultats décevants, l’ASF a lancé une offensive de charme. Vladimir Petkovic s’est légèrement réinventé, il s’est montré plus ouvert lors des rencontres avec la presse, consacrant davantage de temps aux journalistes et ne les éconduisant plus lorsqu’une question lui déplaisait. Les résultats sur le terrain ont aussi apporté une contribution de poids au succès de la campagne pour améliorer l’image de la Nati. Lors du Championnat d’Europe 2016, la Suisse s’est montrée convaincante et elle est n’a été éliminée qu’en 8e de finale avec un peu de malchance contre la Pologne lors des tirs au but. Elle a ensuite enregistré une belle série de victoires dans la campagne de qualification pour la Coupe du monde, gagnant neuf fois de suite, avant de s’incliner il y a quelques semaines par deux buts à zéro contre le champion d’Europe en titre, le Portugal.

Suffisants à leur arrivée à Lisbonne, les joueurs suisses ont montré leurs limites, manquant de courage, inoffensifs, stériles. L’entraîneur a pris cette défaite avec philosophie: «Il était clair qu’on finirait bien par perdre un match. Notre but est de nous qualifier pour le Mondial et nous y parviendrons».

Très bon bilan

Avec une moyenne de 2,03 points par match, Vladimir Petkovic est aujourd’hui, et de loin, le sélectionneur national qui a enregistré les meilleurs résultats. Mais l’entraîneur sait bien qu’en fait ce sont les grands tournois qui comptent, comme il l’a dit à sa manière pragmatique: «Les résultats parlent d’eux-mêmes». L’équipe nationale considère que le temps est venu de passer pour une fois le stade des 8e de finale et si possible immédiatement lors de ce Mondial 2018 en Russie. Pour avoir une chance d’y parvenir, il faut cependant d’abord assurer la qualification pour ce tournoi les 9 et 12 novembre lors du barrage contre l’Irlande du Nord, un outsider difficile et hyper motivé. Sur le papier, la Suisse est certainement meilleure et compte bien davantage de talents, mais le sélectionneur est sur le qui-vive. Il estime que «ce seront deux matchs très intenses où il faudra se battre. Il nous faudra du mordant; le caractère fera la différence».

Renouvellement

Si la Suisse devait échouer à ce stade, Vladimir Petkovic se retrouverait à nouveau sous le feu des critiques. La prolongation anticipée de son contrat jusqu’à la fin de 2019 a déjà suscité de nombreuses discussions. Le sélectionneur national a pourtant déjà pris une série de mesures pertinentes pour renouveler son équipe en douceur. «Il nous faut aussi penser à l’avenir», dit-il. «Si deux joueurs sont de qualité équivalente, le plus jeune jouera». C’est sa conception des choses, c’est ainsi qu’il procède et c’est aussi pour cela qu’on le respecte. Il ne sera jamais aussi populaire que Paul Wolfisberg, Gilbert Gress ou Köbi Kuhn, mais il est sorti de l’ombre de son prédécesseur Ottmar Hitzfeld, s’est imposé en Suisse alémanique et estime être encore bien loin d’avoir achevé sa tâche. «Les perspectives de l’équipe sont bonnes», estime-t-il. 

Francs-tireurs en embuscade

Par sa détermination, le sélectionneur de l’équipe nationale s’est fait une réputation dans les milieux du football et son nom circule désormais pour entraîner des clubs d’envergure mondiale tels que l’AC Milan. C’est important pour lui car, même s’il se montre volontiers froid et distant, il est aussi un être sensible qui apprécie qu’on l’estime. Peut-être que ce n’est pas un hasard s’il vit à la périphérie, au Tessin, et non à Zurich, Bâle ou Berne. Vladimir Petkovic y goûte la qualité de vie et le calme, l’Italie n’est pas loin, il s’habille de manière élégante, on peut comprendre qu’il plaise aux femmes et son charme lui d’ailleurs a déjà valu d’être comparé à l’acteur George Clooney. Ce sont des signes de succès.

Impossible pourtant de faire totalement peau neuve. Il conserve sa cuirasse et n’a rien perdu de sa méfiance légendaire. Avant le match contre le Portugal, il avait remarqué que toutes ces victoires étaient bien belles, mais que ce n’était pas fini. Parce qu’il y a «des francs-tireurs embusqués».


(Traduction de l’allemand: Olivier Hüther)

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