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Historique: les Suisses disent oui à l'ONU


Plus de 54% de oui. Douze cantons pour, et onze contre. L'adhésion de la Suisse à l'ONU a finalement passé de justesse. Un vote historique.

Le résultat ne pouvait guère être plus serré. La majorité du peuple est claire: 54,6% des votants exactement ont accepté l'initiative populaire demandant une adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations Unies (ONU).

Mais c'est au niveau du décompte des voix des cantons que le suspens s'est longtemps maintenu. Au final, c'est à une voix près que tout s'est joué. En effet, 11 cantons et 2 demi-cantons ont dit oui et 9 cantons et 4 demi-cantons ont dit non.

Oui massif des Romands

Un résultat obtenu notamment grâce au vote en bloc de la Suisse romande. Où tous les cantons acceptent l'entrée dans l'organisation mondiale. C'est un oui à 59 % à Fribourg et à plus de 60% pour Neuchâtel, Vaud, le Jura et Genève.

Siège des Nations Unies pour l'Europe, Genève recueille logiquement la majorité la plus nette du pays avec 67% de voix favorables.

Un certain nombre de cantons ont, semble-t-il, joué un rôle clé. Parmi eux, le Valais et Lucerne, qui basculent dans le camp du oui, avec une majorité de 51% des voix. Sans oublier Soleure, qui offre un résultat un peu plus net, avec près de 53% de oui.

Dans une première analyse, l'opposition ville-campagne semble expliquer une bonne part de ce résultat. Le canton de Lucerne en offre un exemple. La ville renverse en effet, à elle seule, la tendance au non exprimée par les autres districts.

Trois autres cantons où la situation semblait très indécise ont, au contraire, refusé l'entrée à l'ONU. Il s'agit d'Argovie (51% de non), de Saint-Gall (53%) et des Grisons (54%).

A relever que c'est à Appenzell Rhodes-Intérieures (67% de non), Schwyz (61%) et Glaris (60%) que le front du refus est le plus dur.

Dans le camp des gagnants, Bâle-Ville arrive largement en tête des cantons alémaniques, avec 64% de oui. Il est suivi par Zurich (près de 60%), Bâle-Campagne (près de 59%), Berne (56%) et Zoug (55%).

Enfin, le Tessin, on s'y attendait, se retrouve, une fois de plus, clairement du côté des Neinsager, avec près de 59%.

Durée du temps de travail

Aucune surprise quant à l'initiative populaire sur la baisse du temps de travail, lancée par l'Union syndicale suisse (USS). Ce texte a été nettement rejeté à l'unanimité des cantons et à une majorité de 74,6% de voix.

Une proportion de 3 contre 1, donc. Seuls les cantons romands se sont montrés un peu plus favorables, avec une part de oui dépassant les 30%, sauf en Valais (76% de non). C'est dans le Jura que l'initiative a remporté son meilleur résultat avec 42% de oui.

Rappelons qu'il s'agissait de la quatrième tentative avortée de revoir les horaires à la baisse depuis 1958.

A noter enfin l'exceptionnel taux de la participation. Il a atteint 58%, un record depuis le vote sur l'Espace économique européen (EEE), en 1992.

A titre de comparaison, la votation de 1986 sur l'ONU avait mobilisé 51% des électeurs. Et celle sur l'initiative «Oui à l'Europe», l'année passée, 55%.

Pierre Gobet



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