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Kaspar Villiger, l'homme qui doit sauver UBS

(Keystone)

Ancien entrepreneur, député, sénateur et ministre, Kaspar Villiger est prêt à repartir pour un tour en vue de sauver la première banque suisse. Portrait d'un homme discret et modeste, champion du secret bancaire et du sens du devoir envers son pays.

«Servir et se retirer»: tel a été le mot d'ordre de Kaspar Villiger le 16 septembre 2003 en annonçant son départ du Conseil fédéral (gouvernement).

Cinq ans et demi plus tard, cet homme de 68 ans rompt non seulement avec cette résolution, mais également avec un autre principe affirmé à l'époque: ne pas accepter de mandat dans une banque, afin de ne pas donner l'impression de retirer les dividendes de son statut d'ancien ministre.

Mais nécessité fait loi: mercredi, Kaspar Villiger a justifié ces deux entorses par son sens du devoir envers le pays et sa population. Il sera donc, si l'assemblée des actionnaires le veut bien, le prochain président du Conseil d'administration d'UBS.

Cigares et vélos

Né le 5 février 1941 à Pfeffikon, dans le canton de Lucerne, ce fils d'une dynastie de fabricants de cigares n'a pas eu une carrière linéaire.

En 1966, jeune ingénieur diplômé de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il entre dans la fabrique familiale à la mort subite de son père. Il en restera copropriétaire jusqu'à son accession au Conseil fédéral en 1989. Il diversifie la marque Villiger en ajoutant la production des vélos à celle des cigares. Sous sa houlette, l'entreprise atteint le chiffre de 400 employés.

Parallèlement, il gravit les échelons d'une carrière politique qui commence en 1972 au Parlement de son canton, où il siège dans les rangs du parti radical-libéral (droite). Dix ans plus tard, il est député fédéral. En 1987, il est élu sénateur.

En 1989, une crise secoue le sommet de l'Etat. La Zurichoise Elisabeth Kopp, ministre de la Justice et première femme du gouvernement fédéral est contrainte de démissionner après un coup de fil à son mari pour l'avertir de l'ouverture d'une enquête contre une de ces sociétés.

Ministre de la défense

Kaspar Villiger a le bon profil pour accéder aux responsabilités suprêmes et son origine lucernoise va le servir. En effet, le Parlement (qui élit les ministres) veut donner une leçon aux radicaux zurichois. Pour la première fois depuis des lustres, ils ne seront plus représentés au Conseil fédéral.

Kaspar Villiger est élu dès le premier tour. A la faveur du remaniement qui suit souvent les élections partielles, il hérite du portefeuille de la Défense. Il le conservera six ans.

En 1995, il est président de la Confédération pour une année, en vertu du système tournant d'attribution de cette charge. C'est à ce titre qu'il présente, au nom du gouvernement, les excuses de la Suisse pour le «J» apposé sur les passeports des juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Un sujet d'autant plus personnel que l'entreprise Villiger avait fait durant cette période la une des journaux à diverses reprises à cause de ses relations avec l'Allemagne nazie.

Rigueur budgétaire et secret bancaire

C'est en 1995 également qu'il devient ministre des Finances. Jusqu'à son départ du gouvernement en 2003, il ne cessera de prôner la rigueur budgétaire.

Mais malgré tous ses efforts, il laissera derrière lui un trou plus grand encore que son prédécesseur socialiste Otto Stich. En dépit de quelques embellies ponctuelles, l'endettement de l'Etat a augmenté de près de 35 milliards au cours de ses huit ans de règne.

Kaspar Villiger est aussi un ardent défenseur du secret bancaire. Jamais il n'a cédé aux pressions internationales, même lorsque le secret bancaire suisse a été soupçonné de favoriser le financement du terrorisme.

Pour couper court aux critiques, il a notamment renforcé la législation contre le blanchiment d'argent et créé (en 1998) le groupe de travail dont les travaux allaient conduire à la création de l'autorité fédérale de surveillance des marchés (Finma). Entrée en activité au 1er janvier 2009, celle-ci se trouve aujourd'hui déjà au centre des critiques.

C'est Kaspar Villiger également qui a conclu avec l'Union européenne l'accord en matière d'imposition fiscale des revenus d'intérêts. Et c'est à la signature de celui-ci qu'il a dit «le secret bancaire n'est pas négociable». Avant de la répéter souvent.

Conseils d'administration

En 2002, il est à nouveau président de la Confédération. C'est alors à lui que revient de prononcer le discours d'admission de la Suisse à l'ONU devant l'assemblée générale à New York. Ironie du sort: en 1986, lors du premier vote populaire sur la question, il était encore dans le camp des opposants.

Après sa retraite en 2003, il a maintenu des liens forts avec le monde économique. Il est ainsi devenu membre des conseils d'administration de l'assureur Swiss Re, aujourd'hui fortement touché par la crise financière, du géant alimentaire Nestlé et du groupe de presse NZZ.

S'il est élu à la tête de l'UBS, Kaspar Villiger s'est engagé à se retirer de toutes ces fonctions, afin de consacrer toute son énergie à la banque.

swissinfo et les agences

850'000 francs
au lieu de deux millions

Pour occuper la présidence d'UBS, Kaspar Villiger demande un salaire annuel de 850'000 francs, sans bonus et sans actions. Comme il l'a expliqué mercredi lors d'une conférence de presse à Zurich, ce salaire correspond à celui des membres du directoire de la Banque nationale suisse (BNS).

Peter Kurer de son côté touchait une rémunération annuelle fixe de 2 millions de francs. Il a fait savoir qu'il quittait la banque sans indemnité de départ, mais qu'il touchera son salaire encore pendant six mois.

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