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La FIFA s’est «tiré une balle dans le pied»

Joseph Blatter, lors de la conférence de presse lundi à Zurich, où il a affirmé que les problèmes de la FIFA seraient résolus «en famille».

(Keystone)

Les mailles du filet se resserrent autour de la FIFA après de nouvelles accusations de corruption et des suspensions avant l’élection de mercredi à la présidence. Muhamed bin Hammam a dû renoncer à être le seul challenger du président Joseph Blatter,

Le retrait du président de la confédération asiatique Muhamed bin Hammam pave la route de «Sepp» Blatter vers un 4e mandat consécutif à la tête de la Fédération internationale de football cette semaine. Il a promis de faire le ménage dimanche dernier, après avoir été lui-même blanchi des accusations de corruption portées par son rival par un comité d’éthique.

Cela fait des années que la FIFA est embourbée dans des allégations de corruption, mais elles ont atteint une sorte d’apogée en 2010, lors de l’attribution de la Coupe du monde de 2018 à la Russie et de celle de 2022 au Qatar.

Au point que des membres du Parlement helvétique ont demandé au ministre des Sports Ueli Maurer d’ouvrir une enquête sur la FIFA, dont le siège est à Zurich depuis 1932.

La Fédération a jusqu’à la fin de l’année pour prouver au Parlement qu’elle a fait le ménage. Sinon, elle risque de se voir ôter le privilège de bénéficier, comme toute association sportive, de généreuses exemptions fiscales.

Enquête suisse

Les services d’Ueli Maurer sont aussi en train d’étudier une modification législative qui permettrait d’étendre aux associations sportives les sévères règlementations anticorruption appliquées aux entreprises.

Parmi les députés qui appellent à des réformes, le démocrate du centre (UDC, droite conservatrice) Roland Büchel estime que les dernières entorses en cause pourraient faire le jeu des militants anti-corruption.

«Je ne suis pas mécontent de ce que je vois parce que cela confirme ce que j’ai toujours dit: il y avait de la corruption à la FIFA», dit-il, avant de conclure que «la Fifa s'est tiré une balle dans le pied».

«L’année dernière, Joseph Blatter avait affirmé que la FIFA n’était pas corrompue, et voilà qu'il se retrouve lui-même entouré de démons», a ajouté M. Büchel.

Autrement dit: les dernières manigances autour de l'élection du président, la suspension pour corruption de deux responsables régionaux et de quatre officiels l'année dernière, les accusations de la Grande-Bretagne selon lesquelles des votes ont été achetés pour l’attribution de la Coupe du monde de 2018 et de 2022 ainsi que de nombreuses attaques véhiculées par les médias sur l'intégrité de la FIFA.

Mais la plus grosse casserole est peut-être une décision de la justice du canton de Zoug en 2008 (confirmé en 2010), selon laquelle des fonctionnaires de la FIFA ont accepté des pots-de-vin contre la vente des droits TV de la Coupe du monde de football à la société de marketing ISMM-ISL, aujourd’hui en faillite.

Un jugement qui n’a pas donné l’identité des parties en cause, suite à un règlement à l'amiable conclu entre le ministère public zougois et la FIFA.

«Bombe à retardement»

Or Andrew Jennings, journaliste d’investigation britannique et auteur d’un livre sur les activités de la FIFA, est persuadé que les instances supérieures de la justice suisse sont sur le point de publier les détails du verdict. «Le verdict du tribunal de Zoug est une bombe à retardement. S’il est publié, Blatter est fini», affirme-t-il.

Andrew Jennings appelle les associations de football membres de la FIFA et le monde politique à intervenir. «Les accusations et les preuves sont du domaine public depuis un certain nombre d'années et il est temps pour les politiciens d’entrer en action pour faire le ménage dans le football», poursuit-il.

«La Suisse a pris la bonne route, mais il est temps d’avertir la FIFA qu’il y aura une intervention politique si l’élection de mercredi n’est pas reportée».

Pour Roland Büchel, une intervention directe serait du dernier ressort: «Le parlement peut imposer à la Fifa une modification de son statut de contribuable ou ses privilèges d’association sportive, mais cela toucherait aussi les quelque 60 autres fédérations sportives basées en Suisse et j’espère donc que cela ne sera pas nécessaire.»

La FIFA pas «intouchable»?

Et d’ajouter que la FIFA n’est pas «intouchable». «Elle est constituée de 208 associations nationales de football qui, si elles le veulent, peuvent changer les choses. Les sponsors et les fans pourraient aussi élever la voix et faire la différence.»

Roland Büchel conserve l'espoir que l'enquête menée sur le Comité international olympique (CIO), lui aussi éclaboussé par le scandale ISMM-ISL, contribuera aussi à faire monter encore la pression sur la fédération.

Lundi, Joseph Blatter a affirmé lors d'une conférence de presse que les problèmes seraient résolus «en famille». «Si le gouvernement essaie d'intervenir à l'intérieur de notre organisation, c'est que quelque chose ne joue pas. La FIFA est suffisamment forte pour s'occuper de ses problèmes à l'interne.» 

scandale à répétition

Les dirigeants de la FIFA font l’objet d’accusations de corruption depuis des années.

2006: suite à la publication d’une enquête par le journaliste britannique d’investigation Andrew Jennings, un comité d’éthique a été institué.

2008: procès à Zoug contre des officiels (non nommés) de la Fifa qui auraient empoché des millions de dollars dans l’attribution de droits TV à la société de marketing sportif ISMM-ISL, aujourd’hui en faillite.

2010: nouveaux scandale de corruption à propos du processus d’attribution des Coupe du monde 2018 et 2022 respectivement à la Russie et Qatar. Le Nigérian Amos Adamu et le Thaïtien Reynald Temarri auraient monnayé leur vote à des journalistes qui se faisaient passer pour des lobbyistes.

29 mai 2011: à quelques jours de l’élection du président de la Fifa du 1er juin à Zurich, le principal challenger de Joseph Blatter , Muhamed bin Hamman, est exclu de la course par le comité d’éthique qui suspend également le vice-président Jack Warner, alors que Joseph Blatter est blanchi.

 

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Traduction de l'anglais: Isabelle Eichenberger, swissinfo.ch

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