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La mort comme un choix


Trop vieux, trop fatigué, trop malade pour vivre




Qu'il s'agisse de suicide assisté ou de soins palliatifs, la mort est souvent aussi une question d'accompagnement. (AFP)

Qu'il s'agisse de suicide assisté ou de soins palliatifs, la mort est souvent aussi une question d'accompagnement.

(AFP)

En Suisse, de plus en plus de gens expriment le vœu de pouvoir quitter la vie avec une organisation d’aide au suicide – et cela même s’ils ne sont pas atteints d’une maladie incurable.

Une mort que l’on choisit est-elle juste et fait-elle aussi partie de la vie? Ou alors provoque-t-elle une pression sur les personnes âgées pour quitter prématurément la vie? Ce sont deux questions délicates qui marquent actuellement le débat sur l’aide au suicide en Suisse. Ce débat ne cesse d’ailleurs de se rallumer, du fait que le suicide assisté n’est pas encore expressément réglementé en Suisse. C’est ainsi qu’il n’existe pas jusqu’à aujourd’hui de pratique uniforme dans le domaine du suicide assisté dans les institutions de soin et pour handicapés.

Mais l’intérêt pour une fin de vie librement choisie augmente fortement depuis plusieurs années. Plus de 1200 personnes ont eu recours à l’aide au suicide l’an dernier en Suisse. C’est plus d’un tiers de plus que l’année précédente, où il y avait eu 742 suicides assistés (320 hommes et 422 femmes). A titre de comparaison, rappelons qu’il n’y en avait eu que 187 en 2003.

Les soins palliatifs comme alternative

Les soins palliatifs traitent aussi de la qualité de la fin de vie. «Beaucoup de gens ont d’abord peur. Mais cheminer ensemble sur le dernier chemin apporte beaucoup de proximité. On se confronte à la mort. Ce sont des expériences précieuses, aussi pour notre propre vie. Celui qui a vécu cela une fois a lui-même moins peur du dernier voyage», témoignait, il y a deux ans, le médecin en soin palliatifs Steffen Eychmüller dans une interview au quotidien «Blick». Aujourd’hui, il voit dans les soins palliatifs une alternative au suicide assisté. L’Université de Berne a nommé Steffen Eychmüller professeur de Palliative Care – il s’agit de la 2e chaire du genre en Suisse.

Une mort librement choisie est de plus en plus acceptée dans la société. Les gens ont toujours plus le sentiment qu’il s’agit d’une manière moderne de mourir. La pression pour les familles serait en revanche sous-estimée, dénoncent ceux qui critiquent les organisations d’aide au suicide telles que Dignitas ou Exit. Une étude suisse de 2012 a montré que beaucoup de proches souffrent d’un traumatisme après un suicide assisté. Certes, une mort «naturelle» provoque aussi de grandes crises chez les proches, mais l’accompagnement dans une mort librement choisie génère nettement plus fréquemment des troubles psychiques, selon l’étude.

Mourir en sommeil artificiel

Une étude de l’Université de Zurich montre que de plus en plus de somnifères sont utilisés dans les hôpitaux suisses dans un contexte de fin de vie. Cela arrive lorsque le patient est incurable, a de fortes douleurs et souhaite être soulagé. La proportion de ces «sédations terminales» a assez rapidement drastiquement augmenté en Suisse alémanique. C’est une étude récemment publiée par la «NZZ am Sonntag» qui l’affirme. En 2001, 4,7% de tous les décès survenaient lors d’un sommeil artificiel et il y en avait déjà 17,5% en 2013. Ces résultats sont également élevés en comparaison internationale, écrit le journal dominical. 

Une mort que l’on choisit est-elle juste ou provoque-t-elle une pression sur les personnes âgées pour quitter prématurément la vie? N’hésitez pas à partager vos commentaires.


(Traduction de l'allemand: Olivier Pauchard)

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