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Pas de passeport suisse avec l’aide sociale «Le danger est que l’on demande de l’aide trop tard»

Une table avec une assiette et une poêle avec des œufs

Beaucoup de gens en Suisse préfèrent se serrer la ceinture au maximum plutôt que d'aller demander l'aide sociale.

(Christof Schuerpf)

Les citoyens du canton d’Argovie ont voté dimanche pour un durcissement des conditions d’octroi de la naturalisation. Ceux qui ont bénéficié de l’aide sociale devront attendre dix ans avant de pouvoir demander le passeport suisse. Deux tiers des Argoviens ont soutenu ce tour de vis, ce qui montre bien que l’aide sociale renvoie une image très négative, relève Ingrid Hess, de la Conférence suisse des institutions d’action sociale.

Ingrid Hess, responsable de la communication à la Conférence suisse des institutions d’action sociale.

(© Béatrice Devènes)

Beaucoup de gens, en Suisse, renoncent à demander l’aide socialeLien externe à laquelle ils ont pourtant droit. Ils préfèrent vivre dans une grande précarité et se serrer la ceinture, parce qu’ils ont honte d’avoir recours à l’assistance de l’État. Les préjugés sur l’aide sociale et ses bénéficiaires restent bien présents en Suisse, comme le montre la votation de dimanche dernier: 64% des citoyens du canton d’Argovie ont décidé que les personnes ayant perçu l’aide sociale devraient désormais attendre dix ans avant de pouvoir déposer une demande de naturalisation. 

Ingrid Hess, responsable de la communication à la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIASLien externe), dévoile quelles sont les conséquences de ce durcissement.

swissinfo.ch: Quelle a été votre réaction quand vous avez appris que deux tiers des Argoviens avaient accepté ce tour de vis?

Ingrid Hess: Je regrette bien évidemment cette décision. Cela montre encore une fois que l’image de l’aide sociale et des personnes qui en dépendent est très négative.

Doit-on comprendre que pour une majorité de la population, les bénéficiaires de l’aide sociale ne sont pas dignes de devenir suisses?

Oui. En général, les exigences pour obtenir la nationalité suisse sont très élevées.

Comprenez-vous la décision de la majorité des votants du canton d’Argovie? Quelles peuvent être les raisons de ce choix?

Lorsqu’il s’agit de l’aide sociale, beaucoup de gens pensent aux affaires d’abus qu’ils ont lues dans les journaux. On peut comprendre que dans ces cas précis, la majorité veuille restreindre l’accès aux droits civiques.

Mais la réalité au sein des services sociaux est tout autre. Il y a de nombreuses personnes qui traversent une crise une fois dans leur vie et qui ont besoin de soutien. Près de la moitié d’entre elles parviennent à sortir de l’aide sociale après une année. D’autres gagnent parfois trop peu d’argent pour subvenir aux besoins de leur famille et reçoivent pour un certain temps des compléments de salaires de la part de l’aide sociale.

Je connais des individus qui renoncent à demander l’aide sociale par peur de la stigmatisation. En connaissez-vous aussi?

Nous entendons parler de plus en plus souvent de tels cas. Le danger est que l’on demande de l’aide trop tard et qu’il soit alors bien plus difficile de retomber sur ses pattes.

De notre point de vue, il y a aussi un risque que les enfants et les jeunes des familles touchées ne parviennent pas à sortir ensuite de la précarité. Des mesures trop restrictives entravent également l’intégration de la prochaine génération.

Quelles sont les conséquences de ce vote sur votre travail?

Nous devons insister encore davantage sur la fonction primordiale de l’aide sociale et continuer à travailler dur pour que son image ne soit pas façonnée par des cas individuels. Chaque personne peut à un moment de sa vie se retrouver dans une situation difficile et a droit à un soutien. L’aide sociale est un des facteurs de réussite de la Suisse, car elle garantit le bien-être et la paix sociale.

Naturalisation et aide sociale: les critères varient selon les cantons

Le canton d’Argovie, avec son délai de 10 ans sans aide sociale avant la demande de naturalisation, se situe parmi les cantons les plus restrictifs de Suisse. Seul Berne a étendu le temps d’attente à dix ans, après un vote populaire en 2012. La plupart des cantons ont fixé ce délai à trois ans, il est de cinq ans dans les cantons de Bâle-Campagne et Thurgovie.

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Traduction de l'allemand: Marie Vuilleumier

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