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Plus de 100'000 Suisses disent non aux minarets

(Keystone)

La droite nationaliste veut interdire les minarets. Elle a remis mardi son initiative populaire munie de 114'895 signatures à la Chancellerie fédérale. Démarche peu courante, le gouvernement a pris position publiquement dès le dépôt du texte.

Le comité, composé de membres de l'Union démocratique du centre (UDC / droite nationaliste) et de l'Union démocratique fédérale (UDF / chrétiens fondamentalistes), a réaffirmé ses griefs à l'encontre d'une «accélération de l'islamisation rampante de notre pays».

«Le minaret en tant qu'édifice n'a pas de caractère religieux, mais est le symbole d'un impérialisme», a ainsi déclaré le député UDC Walter Wobamnn devant les médias.

Tolérance en danger

Les auteurs de l'initiative ont tous assuré que leur démarche ne visait pas les musulmans de Suisse qui «ont toujours pu exercer leur religion de manière parfaitement libre mais sans minaret». Mais les propos restent incisifs. Dans des pays de tradition tolérante, comme les Pays-Bas, l'intégration ne se fait plus, a critiqué le député UDC Dominique Baettig.

Les fondamentalistes n'hésitent pas à lancer des menaces contre les quelques esprits libres, caricaturistes et autres défenseurs de la liberté d'expression, qui oseraient résister à une culture religieuse «certes respectable, mais violente, archaïque, sexiste, homophobe et ne séparant pas le politique du religieux», a-t-il ajouté.

Sa collègue Jasmin Hutter a entonné le même refrain au nom de la défense des droits de la femme face à une sharia qui s'imposerait de plus en plus en Occident.

L'initiative populaire «contre la construction de minarets» a surtout reçu du soutien en Suisse alémanique. L'idée y a d'ailleurs germé en pleine polémique autour de plusieurs projets de réalisation de tels édifices, comme à Wangen (Soleure) ou à Langenthal (Berne).

Initiative populaire

L'initiative populaire permet à des citoyens de proposer une modification de la Constitution. Pour être valable, elle doit être signée par 100'000 ...

Réaction du gouvernement

Dès son lancement, ce texte, ainsi que les propos tenus par ses partisans, ont provoqué des remous. L'Organisation de la conférence islamique s'en ainsi est inquiétée. Le gouvernement n'a donc pas attendu pour afficher publiquement sa position.

«Il n'y a pas de doute que le gouvernement invitera le peuple suisse et le Parlement à rejeter cette initiative», a fait savoir le président de la Confédération Pascal Couchepin. Les propos se veulent rassurants face à l'étranger. «Il ne s'agit pas d'une initiative du gouvernement ou du Parlement», a encore précisé le président de la Confédération.

Et si ce texte s'oppose à la construction de minarets «il ne remet pas en question le droit de chaque personne de pratiquer la religion de son choix». Pascal Couchepin rappelle que plusieurs membres du gouvernement et cantons se sont déjà exprimés contre l'interdiction des minarets.

Inconstitutionnelle?

La ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey s'était en outre interrogées sur la compatibilité de l'initiative avec la constitution. L'ancien juge fédéral Giusep Nay a, lui, appelé le Parlement à ne pas mettre le texte en votation populaire, le jugeant inapplicable et en violation avec la liberté de religion.

Une démarche critiquée par l'ancien député UDC Ulrich Schlüer qui y voit un rejet du débat et de la démocratie directe. Selon lui, la liberté religieuse ne pourrait être invoquée comme norme applicable à toute l'humanité que si elle est globalement respectée, en premier lieu par les pays islamiques.

swissinfo et les agences

Faits

La Suisse compte environ 340'000 musulmans, dont 12% bénéficient d'un passeport suisse.
Ils proviennent pour l'essentiel d'ex-Yougoslavie et de Turquie.
Leur nombre a augmenté de 2,2% de la population en 1990 à 4,3% en 2000.

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De loin pas une réalité

Le dépôt de cette initiative ne signifie – et de loin – pas que les minarets vont être interdits en Suisse.

Dans les faits, il est rarissime que le peuple accepte une initiative. Depuis l'introduction de ce droit populaire, en 1891, pas moins de 10% ont reçu l'aval des citoyens.

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