La Suisse mène une politique étrangère active. Elle accorde une importance toute particulière à la défense des droits humains et à la promotion de la paix.

Les objectifs de la politique étrangère suisse sont, en bref, les suivants: contribuer à une coexistence pacifique des nations; prendre en considération et promouvoir les droits humains, maintenir des conditions de vie naturelles, défendre les intérêts de l’économie suisse à l’étranger et lutter contre la détresse et la pauvreté dans le monde.

Malgré sa neutralité, la Suisse est reliée au monde et engagée dans le contexte international, comme le montre notamment son appartenance à de nombreuses organisations internationales comme l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Organisation pour la coopération et le développement en Europe (OCDE), le Conseil de l’Europe et la Francophonie.

Mais c’est seulement en 2002 que la Suisse est devenue membre à part entière des Nations Unies, devenant le seul Etat a y avoir adhéré suite à un vote populaire. L’initiative a été approuvée par quelque 55% des votants.

Grâce aux accords bilatéraux, la Suisse est étroitement liée à l’Union européenne économiquement, politiquement, socialement, scientifiquement et culturellement.

La ville de Genève est par ailleurs une sorte de «capitale internationale» de la Suisse. Elle est le siège du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), de l'Organisation mondiale du commerce ainsi que le siège européen des Nations Unies. Avec 8500 travailleurs, Genève abrite la plus grande concentration de personnel onusien dans le monde.

Le fait que la Suisse mène depuis quelques années une politique étrangère plus active provoque quelques critiques, essentiellement de la part des cercles conservateurs de droite.

Bons offices, facilitation et médiation

Un pilier important de la politique étrangère helvétique est son engagement pour la paix et la sécurité. Les «bons offices» sont l’héritage d’une longue tradition et jouent un rôle important dans la politique de sécurité de la Suisse.

Grâce à sa neutralité, la Suisse peut aussi jouer un rôle de médiatrice. C’est ainsi que sa diplomatie a joué un rôle important dans la normalisation des rapports entre l’Arménie et la Turquie. Un accord a pu être signé en 2009 à Zurich.

Ces dernières années, la Suisse a accompagné plus de 20 pays dans une trentaine de processus de paix. Au cours des 7 dernières années, le Département des affaires étrangères a pris part une quinzaine de négociation de paix incluant notamment le Soudan, la Colombie, le Népal, la Birmanie, le Sri Lanka, le Mali et la Syrie.

De plus, la Suisse met à disposition son territoire neutre pour des pourparlers internationaux délicats, comme ceux qui ont lieu récemment sur sur le dossier nucléaire iranien et la guerre en Syrie.

La représentation des intérêts d’un pays qui n’a pas de contact officiel avec un autre fait aussi partie des bons offices. Depuis la crise des otages de 1980, la Suisse représente les intérêts américains en Iran. Actuellement, elle représente aussi les intérêts de la Russie en Géorgie et de la Géorgie en Russie. Jusqu'en 2015, elle avait fait de même entre Cuba et les Etats-Unis.

D’autres informations sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Coopération au développement

L’un des engagements les plus visibles de la politique étrangère de la Suisse concerne la coopération au développement, qui se concentre sur les pays les plus pauvres et a pour but d’aider ceux-ci à s’aider eux-mêmes. La première priorité est la lutte contre la pauvreté en phase avec les objectifs du Millénaire de l’ONU. Les programmes suisses encouragent l’autonomie économique et étatique. Ils se concentrent sur des aspects primordiaux comme le développement, l’eau, la protection de l’environnement, la santé et l’éducation.

A côté de cela, la Suisse soutient, dans le cadre de la coopération internationale, des organisations internationales comme l’ONU et les banques de développement régional, concernant des pays qui ne bénéficient pas de l’aide directe bilatérale.

Le pourcentage de l’aide publique suisse au développement s’est élevé en 2009 à 0,47% du Produit national brut, soit légèrement en-dessous de la moyenne des pays l’OCDE (0,48%).

La Suisse participe aussi depuis 1999 au Pacte de stabilité pour l’Europe du sud-est pour un montant de 1 milliard de francs suisses.

D’autres informations sur le site de la Direction du développement et de la coopération.

L’aide humanitaire

En plus de son aide au développement, la Suisse s’engage de manière importante dans l’aide humanitaire, surtout après des catastrophes comme des tremblements de terre ou des inondations, mais aussi lors de crises et de conflits. En pareil cas, elle soutient les projets d’organisations humanitaires ou en mène elle-même. En situation de détresse, elle se soucie d’abord de la survie des victimes, puis, à plus long terme, elle aide celles-ci à reconstruire les maisons et les infrastructures détruites.

D’autres informations sur le site de la Direction du développement et de la coopération.

Le symbole le plus connu de l’aide humanitaire de la Suisse est le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), fondé en 1863 à Genève.

Le CICR apporte aide et protection aux victimes des guerres, répartit les aliments et d’autres biens importants dans les zones de conflits et organise l’aide médicale. Le CICR opère dans le monde entier.

En tant que dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse a des devoirs particuliers. Les quatre conventions de Genève de 1949 et les deux protocoles additionnels de 1977, ainsi que le protocole additionnel de 2005 forment le noyau du droit international humanitaire.

D’autres informations sur le site du ministère des Affaires étrangères.

Avec une contribution de 105 millions de francs, la Suisse était en 2009 le plus gros donateur du CICR, après les Etats-Unis et l’Union européenne. Sur ces 105 millions, 70 ont été consacrés au fonctionnement du siège genevois.

Un recueil d’articles de fond sur le CICR a été réalisé par swissinfo.ch sous le titre «De Solferino à la Croix-Rouge».

Relations avec l’Union européenne

Les relations de la Suisse avec l’Union européenne (UE) occupent une place à part: bien qu’elle soit située au cœur de l’Europe, la Suisse n’est pas membre de l’Union, préférant la voie d’accords bilatéraux avec Bruxelles. Une grande partie de la population est sceptique sur l’adhésion à l’UE.

En décembre 1992, le peuple a aussi refusé, à une courte majorité, d’adhérer à l’Espace économique euroopéen (EEE). Les autres pays de l’Association européenne de libre échange ont quant à eux adhéré soit à l’Union (Autriche, Suède, Finlande), soit à l’EEE (Islande, Liechtenstein, Norvège). Mais l’AELE continue d’exister.

Une demande d'adhésion à l'UE déposée à Bruxelles dormait dans le tiroir depuis 1992. Mais en 2016, le Parlement suisse a décidé d'officiellement la retirer.

Plusieurs facteurs expliquent le scepticisme vis-à-vis de l’Union européenne. Aux yeux des Suisses, l’UE souffre de déficit démocratique. En cas d’adhésion, les droits populaires d’initiative et de référendum devraient être révisés à la baisse afin de ne pas enfreindre le droit européen.

Des questions se posent aussi sur le coût financier de l’adhésion, car la Suisse serait un contributeur net de l’Union. Des doutes s’expriment par ailleurs sur la compatibilité de la neutralité suisse avec l’appartenance à l’UE.

Après le non à l’Espace économique européen, le gouvernement s’est concentré sur la voie «bilatérale», qui a permis la conclusion de plus de 100 accords avec Bruxelles dans les domaines de la libre circulation des personnes, du démantèlement des obstacles au commerce, des marchés publics, de l’agriculture, des transports, de la recherche, de la sécurité intérieure, de l’asile, de l’environnement et de la culture. Les accords ont été acceptés par le peuple en deux étapes (2000 et 2005). En 2006, le peuple a par ailleurs approuvé la création d’un fonds de cohésion d’un montant de 1 milliard de francs en faveur des nouveaux membres pauvres de l’Union.

La voie bilatérale constitue une «Realpolitik» qui conduit la Suisse à adapter sa législation au droit européen sans être membre de l’Union.

Il est difficile d’évaluer de quelle manière vont évoluer les rapports de la Suisse avec l’Union européenne. Pour l'heure, les accords bilatéraux sont au cœur des préoccupations. En effet, en février 2014, les Suisses ont accepté une initiative demandant une limitation de l'immigration. Pour Bruxelles, c'est clairement une remise en cause de l'accord sur la libre circulation des personnes, ce qui remet l'entier de la voie bilatérale en question. Le gouvernement suisse a jusqu'en février 2017 pour décider comment il mettra en oeuvre cette initiative. Sa décision devrait déterminer l'avenir de la voie bilatérale.

Une adhésion n’est en tout cas pas à attendre dans un proche avenir. En été 2010, le gouvernement a confirmé que les conditions de politique intérieure n’étaient pas réunies pour entamer des négociations d’adhésion.

swissinfo.ch