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Revue de presse «Bienvenue dans la prochaine ère Erdogan»

Erdogan

"Le vainqueur de cette élection, c'est la démocratie, la volonté nationale, c'est chacun des 81 millions de nos concitoyens", a clamé le président Erdogan, tandis que ses supporters l'acclamaient.

(afp_tickers)

La presse suisse prend acte de la double victoire électorale du président turc Recep Tayyip Erdogan et de sa coalition parlementaire, avec la dérive autoritaire qu’elle symbolise, même si l’opposition a fait plus que de la figuration.

«Puissant était le désir d’en finir enfin avec l’ère Erdogan», écrit la NZZ. «L’opposition turque a eu l’air cette fois de se donner toute la peine nécessaire. On ne saurait en tout cas l’accuser de manque de combativité. A quand remonte la dernière fois où elle a su sortir de son chapeau un gagnant comme Muharrem Ince, dont les meetings de campagne ont attiré des millions de personnes? Avait-on jamais vu les Kémalistes de gauche, les nationalistes de droite et les islamistes critiques envers le président unis dans une alliance des désespérés?» 

Dimanche soir, alors que les résultats ne sont pas encore définitifs, la RTS revient sur la campagne et les accusations de l’opposition, qui dénonce fraudes et intimidations.

turk

Victoire d'Erdogan en Turquie

«On ne peut que spéculer sur ce qu’aurait été le résultat si la campagne avait été vraiment libre et équitable», poursuit le quotidien zurichois. «La Turquie vit déjà depuis deux ans sous un régime d’état d’urgence, ne connaît plus de séparation des pouvoirs, ses médias sont mis au pas à 90%. Avec Erdogan et son ivresse du pouvoir, la démocratie qui était déjà défaillante a dégénéré en ‘démocrature’».

«Le syndrome de l’homme providentiel»

Un régime dont les contours ont été approuvés de justesse en avril 2017 (51,4%) avec la réforme constitutionnelle qui donne pratiquement les pleins pouvoirs au président, comme le rappelle Le Temps: «Il devient seul chef de l’exécutif. Il peut nommer et révoquer ses ministres et vice-présidents, gouverner par décrets, dissoudre le parlement, qui n’a aucun contrôle sur lui […] Le président peut aussi décider, seul, de décréter l’état d’urgence quasiment lorsque bon lui semble. Ce dernier est déjà en vigueur depuis le putsch manqué de 2016. Inquiet de perdre le scrutin, Erdogan avait promis de le lever immédiatement une fois élu. Plus rien ne l’y oblige désormais».

La Liberté voit dans «ce président impavide, à la main de fer, sûr de son rôle quasi messianique pour le monde musulman» une volonté d’instaurer «un leadership ‘à la Poutine’, où les oripeaux démocratiques masquent de moins en moins la mise au pas des libertés individuelles et politiques».

Et le quotidien fribourgeois d’ajouter que «dans un contexte international où se multiplient les crises régionales, le syndrome de l’homme providentiel seul à même de les résoudre – de façon expéditive au besoin – a encore de beaux jours devant lui».

Une victoire chèrement acquise

Mais attention, avertit le Tages-Anzeiger: cette victoire a coûté cher, parce que les capitaux et les cerveaux vont continuer à fuir le pays.

De nombreux Turcs «ont voté avec leurs pieds déjà avant l’élection», note le quotidien zurichois. «Ce sont des gens qui ne veulent pas que leurs enfants grandissent dans un pays où l’on peut se faire arrêter et disparaître en prison pour avoir participé à une manif d’étudiants. Ce sont aussi des entrepreneurs qui ne veulent pas vivre dans un pays où l’Etat de droit ne fonctionne que dans une mesure très limitée, parce que même les juges ont peur du gouvernement ».

Double victoire

La Turquie connaissait ce week-end des élections présidentielles et législatives anticipées, le président Recep Tayyip Erdogan ayant décidé d’avancer ce double rendez-vous, initialement programmé pour novembre 2019.

Selon l'agence de presse étatique Anadolu, le président sortant remporte le scrutin dès le premier tour avec environ 52,5% des voix, et l'alliance dominée par son parti, l'AKP, menait avec 53,61% dans le volet législatif, après le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote.

Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, qui portait les couleurs du parti laïc CHP, arrive en deuxième position de la présidentielle avec 30,7%. L'alliance anti-Erdogan, une coalition inédite regroupant le CHP, Iyi (nationaliste) et le Saadet (islamiste), alliés au parti pro kurde HDP, récolte 34%, au parlement, d'après les résultats publiés par Anadolu.

La participation a atteint 87% pour les deux élections, selon la télévision publique.

(ats)

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