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Revue de presse L’UDC va changer de tête, mais pas de ligne



Unis en chantant l'hymne national: à gauche, Toni Brunner, le président démissionnaire, à droite, son successeur Albert Rösti, et au centre, celui qui ne partira jamais tout à fait, Christoph Blocher.

Unis en chantant l'hymne national: à gauche, Toni Brunner, le président démissionnaire, à droite, son successeur Albert Rösti, et au centre, celui qui ne partira jamais tout à fait, Christoph Blocher.

(Keystone)

Quatre démissions annoncées à la tête de l’UDC, dont celle du vice-président et idéologue en chef Christoph Blocher: le parti de la droite conservatrice, grand vainqueur des dernières législatives, s’apprête à renouveler sa direction. Mais pas sa ligne, comme l’estime la presse suisse unanime.

Le président Toni Brunner, les deux vice-présidents Christoph Blocher et Walter Frey et le secrétaire général Martin Baltisser: les annonces de démissions prochaines à la tête de l’Union démocratique du centre se sont succédées ce week-end. Mais cela ne traduit en rien un flottement à la tête d’une formation «super organisée, comme toujours», selon la formule du quotidien de boulevard alémanique ‘Blick’.

Le successeur de Toni Brunner est déjà désigné, en la personne du député bernois Albert Rösti. Formellement, c’est l’assemblée des délégués qui devra élire les nouvelles instances en avril. Mais ce ne sera qu’une formalité. L’UDC est un parti discipliné, dans lequel «celui qui veut devenir quelqu’un doit être en bons termes avec les chefs et éviter de donner l’impression d’autonomie», comme l’écrivent le ‘Tages-Anzeiger’ de Zurich et le ‘Bund’ de Berne. «Aucun autre parti n’est pareillement dirigé depuis le sommet et sur une base aussi peu démocratique. Ce qui est particulièrement ironique s’agissant d’une formation qui fait de la souveraineté populaire le Graal ultime. Mais c’est aussi une des raisons de son succès».

Dans la même ligne, ‘Le Journal du Jura’ et ‘La Liberté’ de Fribourg qualifient la manière dont la succession va se régler de «forme de cooptation qui fleure bon les régimes autoritaires».

«Alors que le PDC et le PLR [les deux autres formations bourgeoises] ont entamé un processus démocratique de recherche interne de candidatures pour remplacer leurs présidents, l’UDC annonce que l’affaire est réglée, explique ‘Le Temps’. Albert Rösti n’est certes pas encore élu, mais ceux qui connaissent le fonctionnement du parti imaginent mal qu’un imprudent ait l’audace de le concurrencer. L’UDC est la seule formation politique structurée de manière «top down», les autres conservant cet agencement de type «bottom up» qui fait du parti national la résultante de ses sections cantonales».

La ‘Neue Zürcher Zeitung‘ (NZZ) aussi relève que l’UDC «fonctionne différemment» des autres partis, puisque le choix du président «est ici dicté par les cercles du pouvoir, de manière bien peu démocratique».

La ligne dure

Ces changements de personnel à la tête du parti conservateur annoncent-ils un changement de ligne? Les éditorialistes sont unanimes à penser que non. «Qui caresse l’illusion que le parti va s’approcher, ne serait-ce qu’un peu, des autres formations bourgeoises sera déçu, écrit la ‘Berner Zeitung’. C’est le contraire qui risque d’être vrai: même si le ton se fera plus conciliant, les exigences de l’UDC seront encore plus extrêmes. La direction du parti parle déjà de renoncer à la libre circulation et diabolise de plus en plus le droit international et le droit à l’asile».

Pour ‘Le Temps’ également, «le parti conservera son agressivité et sa pugnacité». «Le rôle du méchant a longtemps été interprété par Christoph Blocher et, jusqu’à son élection au Conseil fédéral en 2008, par Ueli Maurer. Plus jovial, Toni Brunner a davantage joué la carte de la mobilisation des troupes que celle de la provocation. Albert Rösti s’inscrira sans doute lui aussi dans ce registre-là».

«Mais, poursuit le quotidien romand, il y a toujours un méchant, et c’est désormais le chef du groupe parlementaire Adrian Amstutz qui l’incarne. Il l’a prouvé tout au long de la campagne pour l’obtention d’un second siège gouvernemental: il aime et sait mordre, se montrer malcommode avec les médias, flinguer ses adversaires politiques. L’UDC peut compter sur lui».

UDC Démissions au sommet

Toni Brunner, le président de l’UDC, reste au Conseil national, mais il aspire à plus de temps libre. Quant à Christoph Blocher, malgré l’annonce ...

Blocher sera toujours là

Quant au leader charismatique personne ne le voit vraiment prendre une retraite définitive. «On imagine mal que Christoph Blocher perde toute influence. Même en l’absence d’un poste de vice-président, il disposera toujours de relais au Parlement, comme par exemple le rédacteur en chef de la ‘Weltwoche’ Roger Köppel ou sa fille Magdalena Martullo-Blocher», note ‘La Liberté’.

«On pourrait voir le retrait de Blocher de son dernier mandat politique comme la fin d’une ère. Mais ce n’est pas la fin de son influence, ni à l’UDC, qu’il a modelée et fait grandir, ni dans la politique suisse, dont il influence le rythme. Et cela restera ainsi tant qu’il financera les campagnes de l’UDC à coups de millions», renchérissent la ‘Südostschweiz’ et plusieurs quotidiens alémaniques.

Sans oublier que le vieux tribun veut à tout prix empêcher la conclusion d’un accord institutionnel avec Bruxelles. Il reste président du comité «Non à l’adhésion rampante à l’UE». Il a fédéré les associations opposées à l’Union européenne et se prépare pour une votation en 2016 ou 2017.

«On voit mal Blocher tourner le dos à la politique et aller sucrer les fraises», résument de leur côté ‘La Tribune de Genève’ et ‘24 heures’. Interrogé par le ‘Blick’, le Zurichois affirme d’ailleurs «je ne laisse pas tomber la Suisse. Même si cela fâche mes adversaires, je reste».

A la conquête de l’ouest

Avec d’autres, ‘Le Temps’ relève tout de même un changement dans toute cette continuité: «le déplacement géographique. Un Saint-Gallois et deux Zurichois fondateurs de l’UDC moderne cèdent la place à deux Bernois, dont l’un, Albert Rösti, parle correctement le français».

«Ces changements interviennent au moment où l’UDC a - pas tout à fait volontairement - placé un Romand (Guy Parmelin, réd.) au Conseil fédéral. Cela lui permettra d’espérer renforcer ses positions dans la moitié occidentale du pays, de Berne aux confins du Léman. C’est aussi sous cet angle que le parti analysera sa vice-présidence romande. Que les autres partis romands se le disent: l’UDC part à la conquête de l’ouest».

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