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«Des incertitudes demeurent»

«La chute de Christoph Blocher», le documentaire de la télévision alémanique qui a poussé l'UDC à sortir de ses gonds, sera diffusé dimanche soir par la Télévision suisse romande (TSR) et suivi d'un débat. Le journaliste Hansjürg Zumstein revient sur son film.

Etrange destin que celui de ce documentaire, «La chute de Christoph Blocher», qui a suscité des dissensions avant même d'être tourné: «Tout avait déjà été dit et, chez nous, tout le monde n'était pas convaincu de la nécessité de revenir sur les événements de décembre», dit le journaliste de la télévision alémanique (SF) Hansjürg Zumstein, qui a réalisé le film.

Après sa diffusion le 6 mars, il ne s'était du reste rien passé. Il a fallu plusieurs jours à l'Union démocratique du cente (Droite nationaliste - UDC)pour réagir.

Le film a désormais provoqué une première victime collatérale: Livio Zanolari, le porte-parole d'Eveline Widmer-Schlumpf a démissionné mercredi après-midi avec effet immédiat et «d'un commun accord». Or la conseillère fédérale (ministre) a admis avoir commis des erreurs de communication autour de ce film.

swissinfo: Vous donnez la parole à des interlocuteurs, la socialiste Ursula Wyss et le démocrate-chrétien Christophe Darbellay, qui semblent accréditer la thèse d'un complot contre Christoph Blocher...

Hansjürg Zumstein: Non, le film vise à montrer comment une poignée de personnes de ces deux partis ont réussi à garder le nom d'Eveline Widmer-Schlumpf secret jusqu'au mercredi matin de la réélection du Conseil fédéral, le 12 décembre. C'est cela mon propos, et je crois que le but est atteint.

swissinfo: Avez-vous l'impression d'être un bouc émissaire?

H.Z.: Oui et non. Non parce que mon objectif journalistique, répondre à une question, est atteint. Oui parce que certaines personnes ont retourné leur veste, comme Christophe Darbellay, qui avait accepté toutes les citations et qui avait connaissance de l'intégralité de la retranscription, avec ce que nous coupions et ce que nous conservions des interviews. Il était même très content, juste après la diffusion.

Et s'il dit, comme il le fait maintenant, qu'il aurait dû parler de «solide impression» et non de «solides garanties» qu'Eveline Widmer-Schlumpf dirait oui, c'est son bon droit, mais ça ne prouve pas que nous avons mal rapporté des propos, une affirmation qui est totalement fausse.

A propos de ces «solides garanties»: Christophe Darbellay a affirmé la première fois qu'il avait des garanties solides le jour même de l'élection de Mme Widmer-Schlumpf. Mes collègues du téléjournal ont diffusé cette interview le soir même. Un mois après, lors de mon interview avec lui, il a ré-affirmé qu'il avait des garanties solides. Et maintenant il me critique parce que j'ai diffuse ces propos intégralement– je trouve que ce n'est pas très sérieux.

swissinfo: La scène où Mme Widmer-Schlumpf regarde son portable sonner et le tend à Barbara Janom, présidente de l'UDC grisonne, est très critiquée. On a l'impression qu'elle refuse de parler à Ueli Maurer, président du parti national...

H.Z.: C'est la seule scène que je commenterais différemment. Le texte français est d'ailleurs plus clair que la version allemande.

swissinfo: Plusieurs personnages-clé n'apparaissent pas dans votre film, ou par le biais d'images d'autres émissions, pourquoi?

H.Z.: Eveline Widmer-Schlumpf n'a cessé de refuser – et nous avons essayé jusqu'à fin février – arguant qu'elle avait tout dit après son élection. Elle a entretemps admis qu'elle aurait dû réagir au film. Le socialiste Andrea Hämmerle a décliné notre demande, en disant qu'il avait fait une mauvaise expérience lors d'un autre documentaire avec moi.

swissinfo: Et les proches qui accompagnaient Mme Widmer-Schlumpf les 12 et 13 décembre et qui étaient aux premières loges, pourquoi ne les avez-vous pas interviewés?

H.Z.: J'avais une excellente source. Grâce à elle, je sais que Mme Widmer-Schlumpf avait voulu – dans un premier temps – refuser l'élection. Après la diffusion, j'ai eu des contacts avec Ueli Bleiker, le vice-président de l'UDC grisonne. Il n'aurait pas pu dire plus que ma source.

swissinfo: Justement, cela tendrait à montrer qu'elle n'a participé à aucune opération contre Christoph Blocher?

H.Z.: Je n'ai jamais dit qu'elle avait trahi ou menti et je pense qu'elle ne l'a pas fait. Mais des éléments mystérieux demeurent, notamment le nombre de téléphones ou de sms qu'elle a échangés avec Andrea Hämmerle ou d'autres et ce qui s'y est dit. Il y a des contradictions qui ne sont pas encore expliquées.

swissinfo: Tous les camps politiques ont dit du mal ou du bien de votre film...

H.Z.: Oui et c'est un compliment ou une critique, selon le point de vue. Personnellement, je déteste les films qui disent à chaque minute aux spectateurs ce qu'ils doivent penser. Je considère que le public est capable de juger.»

Interview swissinfo, Ariane Gigon

LE DOCUMENTAIRE

Le film «La chute de Christoph Blocher», réalisé par Hansjürg Zumstein, sera diffusé pour la première fois en français sur TSR 1 le dimanche 4 mai à 20h50. Il sera suivi d'un débat, à 21h50.

Diffusé pour la première fois le 6 mars sur la télévision alémanique SF, «Die Abwahl – Die Geheimoperation gegen Christoph Blocher» a déclenché une tempête de réactions. L'UDC suisse se base sur ce film pour affirmer qu'Eveline Widmer-Schlumpf a trahi son parti et pour demander son exclusion.

Le film se veut une démonstration de la manière dont quelques membres du PS et du PDC ont réussi à garder secret le nom d'Eveline Widmer-Schlumpf jusqu'au matin de la réélection du Conseil fédéral, le 12 décembre 2007.

Mais il laisse planer un doute sur ce qu'Eveline Widmer-Schlumpf a réellement dit ou communiqué à son parti et à des personnes d'autres partis.

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PROCEDURE D'EXCLUSION

L'ultimatum de l'UDC suisse à la section grisonne pour qu'elle exclue sa conseillère fédérale est arrivé à échéance mercredi.

La prochaine séance ordinaire du comité central, à qui la décision d'exclusion appartient à une majorité des deux tiers, est agendée au 4 juillet. Mais une séance extraordinaire peut en tout temps être convoquée.

Une décision d'exclusion peut faire l'objet d'un recours auprès de l'assemblée des délégués dans les 30 jours. Le verdict de l'assemblée est sans appel.

La justice est déjà impliquée dans l'affaire Widmer-Schlumpf. Le député radical schaffhousois Gerold Meier a porté plainte début avril contre l'UDC Suisse auprès du Ministère public de la Confédération (MPC) pour tentative de contrainte.

Les sections vaudoise et fribourgeoise de l'UDC se prononceront les 6 et 7 mai à huis clos pour décider de l'éventuelle exclusion de la section grisonne. La presse ne pourra pas assister aux débats.

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