«La famille est le fondement de notre Etat»

La députée Marianne Streiff est également vice-présidente du Parti évangélique suisse. EQ Images

Le Parti évangélique suisse existe depuis 1919 et occupe deux sièges au Parlement fédéral. Il s’est fixé pour objectif au moins un doublement de sa représentation lors des élections de cet automne. swissinfo.ch s’est entretenu avec la députée Marianne Streiff.

Ce contenu a été publié le 26 avril 2011 - 10:22
Andreas Keiser, swissinfo.ch

swissinfo.ch: Quelles sont les priorités de votre parti pour la prochaine législature?

Marianne Streiff : Nous voulons nous engager pour une Suisse favorable à la famille. La famille est le fondement de notre Etat et nous sommes d’avis qu’elle est pénalisée dans de nombreux domaines.

Nous voulons aussi défendre une Suisse saine. Il faut stopper la hausse des primes d’assurance maladie. Nous militons aussi pour un développement durable, c’est-à-dire pour une diminution de la consommation d’énergie. Nous souhaitons aussi que la Suisse soit solidaire et avons pour objectif d’alléger la misère dans le monde.

swissinfo.ch: Dans quels domaines la Confédération devrait-elle réduire ses dépenses et dans lesquels investir plus?

M. S. : Tout d’abord, nous sommes contre de nouvelles diminutions d’impôts. Il faut investir davantage dans la formation, car le futur en dépend. Nous pourrions économiser sur les investissements dans les infrastructures. Je pense surtout aux autoroutes. Nous devrions vraiment nous demander si de nouvelles dépenses sont nécessaires.

swissinfo.ch: Quelle voie doit suivre la Suisse dans ses relations futures avec l'Union européenne?

M. S. : Je pense que nous ne sommes pas dans une mauvaise position avec les accords bilatéraux et que nous devrions nous y tenir, à condition de ne pas faire trop de concessions et de ne pas nous laisser berner.

swissinfo.ch: La Suisse doit-elle construire de nouvelles centrales nucléaires ou miser plutôt sur les énergies renouvelables?

M. S. : Il est pour nous évident que les anciennes centrales doivent être fermées le plus vite possible. L’énergie nucléaire n’est pas une énergie d’avenir. Nous refusons la construction de toute nouvelle centrale et voulons que la Suisse sorte de cette filière.

L’énergie nucléaire représente une menace grave sur la vie et provoque des dommages immenses et à long terme à l’environnement lorsqu’un accident a lieu. C’est pourquoi nous voulons utiliser les moyens financiers actuellement investis dans le nucléaire pour  encourager les énergies renouvelables et tout faire pour avancer dans cette direction.

swissinfo.ch: A quoi devraient correspondre la mission et les effectifs de l'armée suisse de demain?

M. S. : Notre armée se trouve dans une période de mutation. Beaucoup de questions se posent. Les menaces potentielles ont beaucoup changé depuis 20 ans. Le terrorisme peut nous toucher. Nous ne sommes pas une île à l’abri de toute menace et je suis persuadée que nous nous avons besoin d’une bonne armée. Mais ses effectifs devraient être plus restreints qu’aujourd’hui. Nous devons trouver le bon compromis, en maintenant l’armée et l’obligation de servir.

swissinfo.ch: Comment se positionne votre parti par rapport à l’immigration et à l’intégration des étrangers en Suisse?
 

M. S. : La politique en matière de migrations et d’asile change souvent. Seule une petite partie de la population étrangère est constituée de demandeurs d’asile. Dans la plupart des cas, il s’agit de travailleurs et de leur famille qui vivent en Suisse.

Concernant les demandeurs d’asile, il est pour nous important que les décisions soient rapides. Nous voulons et devons accueillir les réfugiés politiques, mais nous refusons les réfugiés économiques. La décision doit donc rapidement tomber, avant que ces gens ne s’intègrent.

Pour lutter contre le phénomène, nous préconisons une hausse de l’aide au développement dans les pays de provenance des réfugiés économiques. On pourrait ainsi endiguer les flux migratoires.

Mais lorsque l’on accepte quelqu’un, cette personne doit être rapidement intégrée, en aidant et en exigeant: par exemple avec des cours d’intégration et des cours de langues.

swissinfo.ch: Quelles sont les propositions de votre parti pour améliorer la politique de la Confédération envers la Cinquième Suisse?

M. S. : Il est important que nous nous engagions à ce que la participation des Suisses de l’étranger à la vie politique soit facilitée plutôt que de compliquer encore les choses. Je suis donc favorable au développement de l’e-voting et je souhaite que nous soyions prêts à supprimer tous les obstacles.

Parti évangélique suisse

Le parti a été fondé en 1919. Son but est «d’exercer une politique effectivement fondée sur l’Evangile et orientée sur l’humanité».

Lors des élections fédérales de 2007, il a recueilli 2,4% des suffrages, ces qui lui permet de disposer de deux sièges à la Chambre basse. Pour les élections 2011, il s’est fixé pour objectif d’en occuper 5, la limite pour devenir un groupe parlementaire.

Le Parti évangélique suisse est présent dans 14 cantons en Suisse alémanique. Depuis 1996, il a aussi des sections cantonales en Suisse romande. Le parti occupe en tout 50 sièges dans les parlements cantonaux.

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Marianne Streiff

Née en 1957 à Berne, Marianne Streiff est mariée et mère de 3 enfants. Institutrice de formation, elle a été active durant plusieurs décennies dans le domaine de l’éducation. Elle est actuellement membre de la direction de «Service public», l’organisation faîtière des associations bernoises d’employés.

Au niveau politique, elle a fait ses premières armes dans sa commune de Köniz, au sein du législatif, puis de l’exécutif. De 1998 à 2010, il a également siégé dans le parlement du canton de Berne.

Elle a accédé à la Chambre basse du Parlement fédéral en septembre 2010. Elle est membre de la Commission des institutions politiques et de la Commission de la politique de sécurité.

Elle est par ailleurs vice-président du Parti évangélique suisse depuis août 2010.

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