Bally suit le rythme de son époque


Helen James, texte et curation photo
La fabrique d'élastiques en 1868. Le bâtiment a été démoli en 1959 pour faire place à une usine de chaussures pour hommes. ballyana archive


Il y a près de 200 ans, les habitants d'un petit village au nord de la Suisse vivaient au rythme de la sirène de l'usine de chaussures Bally. Les changements qui ont affecté l'entreprise familiale implantée à Schönenwerd en disent long sur le développement de la société suisse. 

À ses débuts, Bally produisait des élastiques et des bretelles pour les vêtements masculins. L'entreprise située à Schönenwerd, dans le canton de Soleure, a été transformée en usine de chaussures en 1851 par Carl Franz Bally et son frère Fritz.

Carl avait une vision claire pour l'entreprise: fabriquer des chaussures fonctionnelles et à la mode. La révolution industrielle accélère la production et l'usine Bally emploie des milliers de travailleurs jusqu'au 20e siècle. Les bâtiments de la fabrique ont été étendus et des quartiers d'habitation ont été créés à proximité pour accueillir les travailleurs.

Peu après l'inauguration des maisons sur pilotis du parc de Bally (vers 1890). ballyana archive


En 1900, des maisons ont été construites pour les ouvriers à proximité de l'usine. ballyana archive
L'entrepôt réservé aux semelles en cuir pour les chaussures masculines. (1914) ballyana archive


Les pièces de cuir sont assemblées avec un fil très solide. (1900) Fotoatelier Spring Gmbh


Avec l'aide de sa femme, Carl Franz a ouvert un espace réservé pour les jeunes filles, un jardin d'enfants, un home pour personnes âgées ainsi qu'une piscine juste à côté de la rivière Aare. Il a construit des habitations pour les ouvriers et a transformé un terrain inondé en parc public. Au tournant du 19e siècle, l'apparition d'engins à vapeur et d'usines hydrauliques ont permis de diversifier les sources d'énergie et d'accélérer le développement de l'entreprise. 

ballyana archive

Le petit-fils de Carl Franz, Max Bally, s'intéressait à la mode et était très pointilleux sur la qualité de la production. Son design est devenu la signature des chaussures Bally pendant plus de 70 ans. Il participait à des défilés de mode et créait de nouveaux modèles, en s'inspirant des magasins, des individus et des matériaux qu'il observait en voyageant

Fonctionnel tout en étant moderne, Carl Franz avait une vision précise du concept de ses chaussures. Affiches de 1924 (gauche) et 1947 (droite). Zürcher Hochschule der Künste / Museum für Gestaltung Zürich / Plakatsammlung


Le déclin de l'entreprise a commencé au milieu des années 60, avec un manque de vision claire et la concurrence internationale. Des usines ont été fermés ou déplacées vers le milieu des années 70.

En 1977, la société a été vendue au jeune financier Werner K. Rey, qui a cédé toutes ses actions à la holding Oerlikon-Bührle. Bally était considérée comme un trésor national en Suisse et le transfert de la société en dehors de la famille fondatrice a été vue comme une grande perte.

Des affiches publicitaires de Bally en 1978 (gauche) et 1968 (droite). Ivan Suta


La marque Bally a tenté de se réinventer, mais les consommateurs ne parvenaient plus à identifier clairement l'entreprise. Le chiffre d'affaire a chuté avec la récession des années 90 et la fabrique fut vendue en 1999 à la société financière américaine Texas Pacific Group qui, en 2000, décida de cesser la production de chaussure à Schönenwerd et déplaça le siège de l'entreprise à Caslano.

Aujourd'hui, Bally est la propriété du groupe chinois de textiles Shandong Ruyi. 

On peut toujours de promener dans le parc de Bally. ballyana archive


Entre 1851 et 2000, Bally a produit environ 150 millions de paires de chaussures. Cette longue histoire est racontée en images dans le musée Ballyana.

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