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71 morts dans une terrible collision aérienne

Les débris des deux appareils sont dispersés sur un rayon de 30 kilomètres. Keystone

Dans la nuit de lundi à mardi, 71 personnes, dont 52 enfants russes, ont perdu la vie dans une collision aérienne à la frontière germano-suisse.

Ce contenu a été publié le 02 juillet 2002 - 22:20

Vers 23h35 sur la rive allemande du lac de Constance, des témoins ont raconté avoir vu deux ou trois boules de feu dans le ciel et entendu une explosion. «Soudain le ciel est devenu tout clair, comme quand ça brûle», déclare Klaus Barinka, capitaine d'un bac transportant des voitures.

L'accident s'est produit au-dessus de la petite ville d'Überlingen. Un Tupolev TU-154 de la compagnie russe Bashkirian Airlines avec 69 personnes à bord est entré en collision avec un avion cargo Boeing 757 de la société privée de courrier DHL.

Les deux appareils se sont percutés à 10 600 mètres d'altitude après avoir plongé de 200 mètres pour essayer de s'éviter.

52 élèves partis pour des vacances en Espagne

Parti de Moscou, l'avion russe avait fait escale à Munich et se rendait à Barcelone. Cinquante-deux enfants, dont neuf avaient moins de 12 ans, avaient pris place à bord. Ils étaient les meilleurs élèves d'une école créée par l'UNESCO à Oufa, la capitale de la république du Bachkortostan au pied de l'Oural. Leur récompense: des vacances sur la Costa Brava.

La moitié de ces jeunes étaient les enfants de hauts responsables de la petite république russe. Les élèves étaient arrivés samedi à Moscou et auraient dû repartir ce jour-là. Mais, en raison de problèmes d'organisation du voyage et de visas, ils ont attendu jusqu'à lundi avant de quitter la capitale. Le Tupolev transportait en outre douze membres d'équipage et cinq adultes.

L'avion cargo de DHL qui était parti de Bahrein pour Bruxelles, n'avait lui pour seul équipage que deux pilotes, un Britannique et un Canadien.

Des débris sur 30 kilomètres

Des centaines de secouristes allemands se sont activés toute la journée sur les lieux de l'accident, une zone de forêts et de pâturages. Des corps de passagers et des morceaux d'épave jonchaient le sol sur un périmètre de près de trente kilomètres. Vingt-six corps avaient été retrouvés jusqu'au soir.

Au sol, personne n'a été blessé par les débris, selon les premières informations. Mais plusieurs habitations ont été touchées près du village d'Owingen. Un incendie s'est déclenché dans une école, une ferme et plusieurs maisons. Le feu a toutefois été maîtrisé.

«Procédure normale»

Les circonstances exactes du drame sont encore obscures. La société suisse chargée du contrôle aérien dans cette zone, Skyguide, a indiqué que son aiguilleur du ciel avait déclenché «correctement une procédure d'évitement normale».

Les deux appareils se trouvaient à une altitude de 36 000 pieds (10 800 mètres) lorsque la tour a ordonné au pilote russe de descendre. L'ordre a été répété trois fois.

Selon Skyguide, le pilote russe n'a pas répondu dans un premier temps, puis a finalement et tardivement baissé sa trajectoire. Pendant ce temps, le système automatique d'alarme du Boeing-cargo de DHL a ordonné au pilote de descendre lui aussi. Suite à cette malheureuse double manoeuvre, les deux avions sont entrés en collision à 35 300 pieds (10 600 mètres d'altitude).

Réaction trop lente

Une des boîtes noires retrouvées du Tupolev a révélé ses premiers secrets. Skyguide a ordonné pour la première fois au pilote russe de réduire son altitude 50 secondes avant la collision. Le pilote russe a réagi 25 secondes plus tard.

Le temps de réaction laissé au pilote était certes un peu «juste», mais pas «irresponsable», a estimé le chef de l'Area Control Center (ACC) de Skyguide Anton Maag. La société de contrôle aérien avait dans la matinée indiqué avoir prévenu l'avion russe une minute et demi avant le crash.

Les Russes attaquent Skyguide

Les Russes ont pour leur part réfuté toute responsabilité. «L'équipage a rempli intégralement tous les ordres des aiguilleurs du ciel suisses», a déclaré le directeur de la compagnie Bashkirian Airlines. Selon lui et la direction de l'aviation civile russe, l'accident est dû à une «erreur humaine» des aiguilleurs.

La poursuite de l'analyse des boîtes noires des appareils permettra peut-être de déterminer les circonstances exactes de l'accident. L'aiguilleur du ciel en fonction au moment du drame, qui est en état de choc, devrait être interrogé mercredi ou jeudi.

Ce contrôleur, qui bénéficie de plusieurs années d'expérience, était seul au moment de l'accident, et surveillait cinq vols au total. Son collègue avait pris une pause, selon Anton Maag.

Premières réactions

Les premières réactions officielles ont afflué mardi. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a exprimé sa tristesse au ministre allemand des transports Kurt Bodewig.

Le président russe Vladimir Poutine a adressé ses condoléances aux familles des victimes et le président allemand Johannes Rau s'est déclaré profondément bouleversé.

Le président de la République du Bachkortostan, Mourtaza Rakhimov, a décrété quant à lui une période de deuil jusqu'à jeudi.

swissinfo avec les agences

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