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Ariane se «coiffe» toujours en Suisse

Des premiers prototypes à la toute dernière Ariane 5, les fusées européennes ont toujours porté des coiffes suisses.

(Keystone Archive)

Une ogive de 17 mètres sur 5, un matériau «high tech», fruit de plus de 20 ans de savoir-faire: la coiffe de la nouvelle génération de fusées européennes sortira à nouveau des ateliers de Contraves-Space. Leader mondial dans ce domaine, l'entreprise zurichoise n'a qu'un seul concurrent: l'Américain Boeing.

Le 24 décembre 1979, la première fusée Ariane prend les airs, coiffée d'un capuchon fabriqué à Zurich. Les ingénieurs de ce qui se nomme alors la division Espace d'Oerlikon-Bührle y auront travaillé pendant presque une décennie. A l'époque, les coiffes sont simplement faites de plusieurs couches de feuilles d'aluminium.

Moins de dix ans plus tard, l'entreprise suisse révolutionne la technologie des coiffes en proposant pour Ariane 4 la première enveloppe en matériau composite. Il s'agit d'un «sandwich» d'aluminium et de plastique, découpé en nid d'abeilles, avec un renforcement en fibre de carbone à l'intérieur des alvéoles.

Le gros avantage de cette nouvelle génération de coiffes est d'être plus solides que les autres et 30% plus légères. C'est autant de gagné pour le ou les satellites à mettre en orbite, sur un marché où le prix du kilo représente un facteur déterminant. Il y a quatre ans, l'avionneur américain Boeing s'est lui aussi lancé dans les coiffes composites, mais Contraves garde jusqu'ici sa position de leader mondial.

Et tout cela pour un objet dont la durée de vie au sommet de sa fusée n'excède pas quelques minutes après le lancement. Larguée dans l'espace sitôt la montée en orbite achevée, la coiffe n'en est pas moins un élément vital.

Elle permet non seulement de protéger la charge utile contre les frottements atmosphériques, mais elle assure également l'aérodynamisme sans lequel la fusée serait très difficile à guider.

Pour cette nouvelle série de coiffes - dont le plus gros modèle sera livré cet été -, Contraves-Space a également dû prévoir une isolation phonique à l'intérieur. En effet, les vibrations des «boosters» à poudre utilisés au décollage auraient risqué d'endommager l'électronique des satellites.

L'entreprise zurichoise livrera désormais huit de ces nouvelles coiffes par année, sans oublier celles destinées à Ariane 4, encore en service.

Elle fournit également les coiffes du lanceur Titan III et bientôt celles d'Atlas V, deux fusées concurrentes d'Ariane, produites par la firme américaine Lockheed Martin, et travaille aussi pour les lanceurs russes Soyouz.

Et ce n'est pas tout: en début d'année, Contraves-Space a été désignée par l'Agence spatiale européenne pour diriger le consortium chargé d'un des modules de la future navette ATV. Ce véhicule entièrement automatique est prévu pour être placé en orbite par Ariane 5 en vue de ravitailler régulièrement la Station spatiale internationale.

Marc-André Miserez


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