Bientôt un panthéon genevois

Genève, son jet d'eau et... son cimetière. Keystone

Cartographier et transformer le vénérable cimetière des Rois en panthéon genevois, voire y rapatrier les cendres d’Henry Dunant, ces projets sont lancés par «L’Esprit de Genève».

Ce contenu a été publié le 25 octobre 2004 - 11:36

Non sans humour mais avec des objectifs tout ce qu’il y a de sérieux, cette nouvelle association cherche à redynamiser l’image de la cité de Calvin.

«Il y a cinq parties du monde, l’Europe, l’Asie, l’Afrique, l’Amérique et Genève.» C’est avec cette citation de Talleyrand, politicien français des Lumières, que le visiteur est accueilli sur le site Internet de «L’Esprit de Genève». En toute modestie…

Constituée le 1er juillet dernier, cette association a pour but de «donner une nouvelle vision, de redynamiser la relation entre la société civile et Genève, avec tout ce qu’elle peut représenter dans l’imaginaire des gens, que ce soit du point de vue administration ou sociabilité», explique son président Charly Schwarz.

Créer un «panthéon» genevois

L’association a marqué publiquement sa naissance en cartographiant le cimetière des Rois. Le cimetière de Plainpalais, de son nom officiel, avait été créé au 15e siècle autour de l'Hôpital des Pestiférés, hors des murs de la cité, dont il est devenu par la suite une sorte de témoin.

Ce vaste espace d'arbres séculaires, aujourd’hui en pleine ville, regroupe 350 sépultures de personnalités comme Jeanne Hersch, Ernest Ansermet, Denis de Rougemont ou Jean Piaget. Mais aussi des étrangers de marque comme Calvin, Jose Luis Borgès ou l'ancien représentant de l'ONU en Irak Sergio Vieira de Mello.

C’est ce qui vaut au cimetière des Rois son appellation de «panthéon genevois», que «L’Esprit de Genève» propose de rendre officielle.

Pour Marie-Françoise Lücker-Babel, juriste à la Ville, cela est déjà fait: «c’est déjà un panthéon, déclare-t-elle. Car il est exclusivement réservé aux personnalités marquantes ayant contribué au rayonnement de Genève».

Et de préciser que ce sont les autorités municipales qui reçoivent les demandes, fixent les conditions et octroient les concessions, qui échappent au délai légal de désaffectation de 99 ans.

Rapatrier les cendres de Henry Dunant

Certains membres de l’association ont même lancé l’idée de rapatrier les cendres de Henry Dunant. Le fondateur de la Croix-Rouge, mort en 1910, repose actuellement à Zurich.

Une boutade qui fait sourire Mme Lücker-Babel. «Pourquoi pas mais Genève ne peut pas obliger Zurich à lui ‘restituer’ des morts célèbres. On ne va pas plus forcer les gens à décéder à Genève que de les y enterrer!»

Un cadeau de naissance

Après avoir cherché comment parrainer son entrée dans le monde, «L’Esprit de Genève» a donc choisi de combler une lacune en répertoriant les sépultures des célébrités qui reposent dans le «panthéon» et d’en offrir le plan à la population.

Ce qui a été fait en septembre, avec succès puisque 5000 exemplaires ont déjà été distribués par l’Office du tourisme ou le personnel du cimetière.

Mais le but de l’association n’était pas là en soi, précise Charly Schwarz. Qui ajoute, non sans humour, que «le cimetière a marqué notre acte de naissance et, avant d’aller de l’avant, on rend hommage aux anciens de manière indirecte».

La prochaine opération vise les jeunes et les nouvelles technologies. Swisscom ayant annoncé le lancement d’une grande opération payante pour se connecter sans fil à Internet, l’association a décidé de jouer «les indépendantistes genevois» et de contre-attaquer.

«Nos édiles étant incapables d’offrir une connexion gratuite à la population, comme Vevey ou Lausanne, nous avons décidé de publier un mini-guide de tous les accès libres sans fil à Internet (WiFi) de Genève» annonce Charly Schwarz à swissinfo.

Entre l'esprit et l'image

«L'Esprit de Genève» regroupe environ 200 membres des milieux politiques, administratifs, économiques et de la communication. En utilisant un nom qui évoque la tradition patricienne, calviniste et caritative de la ville, l'association se donne des buts tout ce qu'il y a de contemporains.

N'est-ce pas une sorte de marketing de promotion de l'image de la place bancaire et affairiste en récupérant la Genève internationale et humanitaire?

«C'est une erreur d'interprétation, assure Charly Schwarz, parce que des gens se sont approprié l'esprit de Genève pour en faire quelque chose de tourné vers l'extérieur et ouvert aux quatre vents. Mais en oubliant l'intérieur.»

«Cet esprit, c'est quelque chose qui appartient intrinsèquement aux gens qui ont fait cette ville et nous voulons redonner son vrai sens à l'esprit de Genève, une terre d'accueil appréciée à l'étranger, certes, mais où il fait bon vivre», conclut-il.

Isabelle Eichenberger, swissinfo.ch

Faits

L’association de «L’Esprit de Genève» a été fondée le 1er juillet pour redynamiser l’image de la cité de Calvin.
Elle compte 43 membres actifs et 170 membres passif des milieux politiques, économiques et de la communication.
Elle a édité en septembre un plan du cimetière des Rois, ou «panthéon genevois».
Prochain projet: un guide des postes WiFi (Internet sans fil) de Genève.

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En bref

- Le cimetière des Rois, ou de Plainpalais, est le plus ancien des 4 cimetières genevois.

- Créé au 15e siècle autour de l’Hospice des pestiférés, il a été transformé au 19e siècle en «panthéon» réservé aux personnalités de marque.

- Parmi ses 350 sépultures, on trouve les noms de Calvin, Jeanne Hersch, Ernest Ansermet ou Jean Piaget.

- Mais aussi des étrangers: Calvin, Jose Luis Borgès ou l'ancien représentant de l'ONU en Irak Sergio Vieira de Mello.

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