De l’année sans été à la tempête du siècle

Le village de Klosters, dans les Grisons, après les inondations de l'été 2005. Keystone / Andre Springer

La Suisse est particulièrement touchée par le réchauffement global. Avec les températures, ce sont également les risques de catastrophes naturelles, comme les glissements de terrain et les inondations, qui augmentent. Rappel de quelques-uns de ces désastres qui ont touché le pays.

Ce contenu a été publié le 26 juillet 2020 - 11:00

Dans les 150 dernières années, la température en Suisse a augmenté d’environ 2°C, ce qui est plus du double de la moyenne mondiale.

La fonte des glaciers et le dégel du pergélisol rendent les versants alpins plus instables, ce qui augmente le risque d’éboulements, de glissements de terrain et de coulées de boue. Et l’intensification des événements météorologiques extrêmes augmente aussi la probabilité d’avoir des inondations sans précédent.

Selon les climatologues, «les événements météorologiques et climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur, les périodes de sécheresse ou les fortes précipitations, ainsi que les autres risques naturels qui vont avec sont parmi les défis majeurs directement liés au changement climatique auxquels la Suisse devra faire face».

Voici une sélection des pires catastrophes naturelles liées au climat qui ont touché la Suisse dans les deux derniers siècles. Des événements exceptionnels qui, en plus de semer la mort et la destruction, ont aussi eu parfois des conséquences positives.

1806 – L’éboulement de Goldau

Représentation de la montagne Rossberg et de l'éboulement de Goldau du 2 septembre 1806. Keystone / Str

Le 2 septembre 1806, à la suite de pluies torrentielles, 35 à 40 millions de mètres cubes de roches et de gravats descendent de la montagne Rossberg, en Suisse centrale, sur les villages schwytzois de Goldau et Röthen, recouvrant une superficie de 6,5 km2 et détruisant une centaine de maisons et 220 étables. Il y a 457 morts. C’est encore à ce jour la pire catastrophe naturelle survenue en Suisse.

1816 - L'année sans été

L'éruption du volcan Tambora en 1815 a été une des plus dévastatrices de ces derniers siècles. Keystone

Cette année-là, la Suisse, comme l’ensemble de la planète, vit les conséquences directes d’un changement climatique. Le nuage de cendres et de gaz sulfureux provoqué par l’éruption, une année plus tôt, du volcan Tambora, en Indonésie, fait chuter la température globale de 3°C. La baisse de la température et l’augmentation des pluies durant l’été 1816 compromettent les récoltes, occasionnant la dernière grande famine en Suisse et en Europe.

1868 – Les inondations qui ont changé la Suisse

Vals, Grisons: les dégâts de l'inondation de 1868. Gemeindearchiv Vals

Cette année-là, la Suisse connaît un des automnes les plus pluvieux de son histoire. Les 1118 millimètres de pluie tombés en huit jours sur le col du San Bernardino sont du jamais vu dans le pays. La vallée du Rhin et la Plaine de Magadino, au Tessin, sont inondées et 51 personnes perdent la vie. Les dégâts se montent à 40 millions de francs de l’époque, ce qui ferait presque un milliard aujourd’hui.

Ces grandes inondations façonneront non seulement le paysage, mais aussi la politique et la société suisses, a expliqué à swissinfo.ch Stefan Brönnimann, professeur à l’Institut de géographie de l’Université de Berne, à l’occasion de la présentation d’une publication sur les causes et les conséquences des inondations de 1868.

1999 - L'ouragan Lothar

La forêt à proximité d'Uster (Zurich) après le passage de Lothar. Keystone / Heinz Leuenberger

Le 26 décembre 1999, la tempête Lothar s’abat sur la Suisse, n’épargnant que les régions du sud et du sud-est. Sur l’Uetliberg, la colline qui domine Zurich, les vents sont mesurés à 241 km/h. L’ouragan cause la mort de 14 personnes et ravage 2% des surfaces boisées du pays. D’un seul coup, Lothar abat 10 millions d’arbres, qui représentent quatre à dix fois la quantité de bois normalement coupé en une année en Suisse.

On sait aujourd’hui que cette «tempête du siècle» a aussi eu des effets positifs. Les forêts qui ont été rasées ont désormais une meilleure biodiversité. À basse altitude, de nouveaux arbres ont poussé, qui résistent mieux à la sécheresse, notamment des chênes et des érables. Les forêts sont ainsi plus résistantes au réchauffement.

2005 – Pluies diluviennes sur la Suisse

Août 2005: La partie basse du centre historique de Berne est sous l'eau. Keystone / Alessandro Della Valle

En août 2005, des pluies torrentielles s’abattent pendant plusieurs jours sur de vastes zones du versant nord des Alpes. Des vallées entières sont coupées du monde et de nombreux lacs, dont le lac des Quatre Cantons, sont en crue. Le quartier historique de la Matte à Berne est submergé par les eaux de l'Aar. Les inondations et les glissements de terrain font six morts et causent des dégâts pour un total d'environ 3 milliards de francs. C’est le plus grand dommage financier causé par un seul événement naturel en Suisse.

Suite aux inondations, le système d'alerte est revu dans tout le pays. Les procédures administratives sont améliorées et des mesures de prévention des inondations sont mises en œuvre.

2017 – Le glissement de terrain de Bondo

Le village de Bondo , partiellement envahi par une coulée de boue et de déchets en août 2017. © Keystone / Gian Ehrenzeller

Le 23 août 2017, un volume de roche égal à celui de 3000 villas familiales (3 millions de m3) se détache du Piz Cengalo, aux Grisons. Au glissement de terrain, un des plus gros en Suisse depuis la fin du XIXe siècle, succède une coulée de débris et de boue qui submerge une partie du village de Bondo, dans le Val Bregaglia. Huit randonneurs périssent dans la catastrophe. Grâce au système d’alerte précoce et à un bassin de rétention des matériaux, aucune victime n’est à déplorer au village.

Partager cet article