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Christoph Blocher polit son image d'homme d'Etat

Pour Christoph Blocher, le gouvernement doit prendre ses responsabilités.

(Keystone)

Lundi à Zurich, le candidat de l'Union démocratique du centre (UDC/droite dure) au gouvernement s’est présenté comme un politicien responsable et acceptant les règles du jeu.

Une menace néanmoins: s’il n’est pas élu, l’UDC pratiquera «une vraie politique d’opposition».

Le président de l’Union démocratique du centre, Ueli Maurer, a présenté l’événement comme une nécessité pour répondre aux «plus de 80 demandes d’interviews venues du monde entier.»

Lundi après-midi à Zurich, dans la salle d’une discothèque branchée, le Kaufleuten, Christoph Blocher s’était donc mis à disposition de la presse nationale et internationale.

Une cinquantaine de journalistes étaient présents, dont une petite dizaine de représentants de médias étrangers.

Contrastes

Le résultat ne manquait pas de piquant: le candidat au gouvernement (Conseil fédéral) Christoph Blocher, 63 ans, a présenté ses positions «libérales-conservatrices» dans une salle accueillant chaque fin de semaine les danseurs adeptes de rythmes peu folkloriques.

Sous la grande boule de discothèque, à côté d’un bouquet de lys oranges, Christoph a donc décliné son credo, au gré des questions qui lui étaient posées.

Moins d’impôts, moins d’Etat, plus de sévérité dans le droit des étrangers, des investissements seulement là où c’est nécessaire et, surtout, plus de responsabilité en politique et l’abandon de «petits jeux et marchandages»: tels furent les grands axes développés.

Gouverner au lieu d’administrer

«Depuis des décennies, la Suisse règle ses problèmes avec de l’argent. Le pays est administré et non gouverné. Ça ne peut plus continuer comme ça. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités», a déclaré plusieurs fois Christoph Blocher.

D’ailleurs, ajoute le patron d’Ems Chimie, «il n’était auparavant pas si important de savoir qui était élu au Conseil fédéral, puisque c’est l’administration qui gouvernait.»

Mais l’UDC a décidé que, pour obtenir son deuxième siège au Conseil fédéral, elle devait aussi «donner quelque chose», comme l’a dit Christoph Blocher.

«Nous ne nous opposerons donc pas aux candidats choisis par les autres partis. Nous les élirons, même s’ils ne nous plaisent pas. Mais il faut que les partis choisissent.» Question de responsabilité, là encore, répéte le Zurichois.

Contre les tickets à plusieurs candidats

«Présenter plusieurs candidats pour un poste, comme le font les partis depuis quelques années, c’est montrer qu’on est incapable de se décider. On laisse l’Assemblée fédérale choisir et après on n’est plus responsable du choix.»

«Si, dans mon entreprise, mes directeurs viennent me proposer plusieurs personnes pour un poste à repourvoir, ils peuvent quitter mon bureau tout de suite», a relevé Christoph Blocher, dans une de ses nombreuses comparaisons entre politique et économie privée.

Correction d’image

Les journalistes étrangers se sont principalement penchés sur l’image de Christoph Blocher. «Comment vous définissez-vous?» a demandé le correspondant du Financial Times.

Christoph Blocher a pris la peine de répondre longuement, étayant son discours de références, noms d’économistes ou de politiques.

«Je suis un libéral-conservateur. Je crois au dicton selon lequel ce qui a duré longtemps est bon.»

Nationaliste? «Non, parce que je ne crois pas que nous sommes meilleurs que d’autres pays, comme l’Angleterre ou la France.»

Proche de Le Pen ou de Haider? «Vous savez, ces étiquettes ont été fabriquées en Suisse par la presse et par les autres partis dont je suis la tête de turc depuis des années. Moi je ne connais ni Le Pen ni Haider et je ne partage pas toutes leurs opinions.»

S’il estime ses chances d’être élu à 50-50, Christoph Blocher assure d’ores et déjà qu’il respectera la collégialité.

Transparence plutôt que confidentialité

«J’utiliserai aussi la formule «le Conseil fédéral pense que...», que la décision à défendre me plaise ou non. Je ne ferai pas semblant d’avoir changé d’avis.»

«Ce système n’est pas si mauvais, a ajouté Christoph Blocher. En revanche, je trouve qu’il faudrait instaurer la transparence, pour savoir qui a voté quoi.»

Quant à savoir s’il craint une opposition forte de son propre parti au Parlement, Christoph Blocher estime que c’est une mauvaise question:

«Si le gouvernement prend les bonnes décisions, il n’y aura plus besoin de faire autant d’opposition.» D’ailleurs, ajoute-t-il, l’UDC n’a pas pratiqué une vraie politique d’opposition jusqu’ici.

«C’est ce que nous préparons si je ne suis pas élu. Et dans quatre ans nous marquerons encore des points aux élections », a promis Christoph Blocher.

Ton conciliant

Au final, force était de constater que le Christoph Blocher qui, lors des assemblées de parti, au Parlement, ou sur les plateaux de télévision, ne recule presque jamais devant une pique ironique envers ses interlocuteurs, était resté étonnamment calme face aux journalistes.

Le tribun qui fustige ses adversaires s’est transformé en orateur posé. A de rares occasions, il s’est laissé aller à élever la voix ou à se moquer d’autres partis en les imitant.

Comme pour rassurer son public, Christoph Blocher a aussi plaisanté. «Je suis trop vieux pour essayer de me construire une dictature», a-t-il dit en riant, tout en ajoutant qu’il pensait qu’après 24 ans au Conseil national, il était arrivé à mi-parcours de sa carrière politique fédérale.

«Impression de malaise»

Les journalistes étrangers en sont-ils ressortis convaincus? Pas sûr. Le journaliste du Financial Times déclarait après la conférence de presse que le discours économiqiue de Christoph Blocher lui paraissait intelligent, mais que ses positions sur les étrangers lui laissaient une impression de malaise.

Quant au journaliste de France 2 dépêché sur place, il admettait que, traumatisés par la présidentielle de 2002, les Français se demandaient «s’il fallait avoir peur de Christoph Blocher»...

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

En bref

- Candidat au Conseil fédéral, l’UDC Christoph Blocher a assuré qu’il respecterait la collégialité gouvernementale s’il était élu et accepterait le département qu'on lui donnerait.

- Le président de l'UDC zurichoise a souligné que son parti soutenait la «concordance arithmétique». En tant que premier parti de Suisse, il a estimé que l'UDC avait droit à un deuxième conseiller fédéral aux dépens du PDC.

- S’il n’est pas élu, l’UDC pratiquera «une vraie politique d’opposition».

- L'entrepreneur zurichois a confié qu'il se sentirait à l'aise au Département fédéral des finances (DFF), celui de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), ou celui de l'Intérieur (DFI).

- Il a développé son credo devant la presse: moins d’impôts, moins d’Etat, plus de sévérité dans le droit des étrangers, des investissements seulement là où c’est nécessaire et, surtout, plus de responsabilité en politique et l’abandon de «petits jeux et marchandages».

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