Conférence sur les mines: satisfaction des Suisses

Un soldat hondurien montre comment détecter et enlever une mine antipersonnel. Keystone

A Genève, la 2e Conférence internationale sur les mines antipersonnel s´est terminée vendredi. Chez les participants suisses, tant du côté gouvernemental que du côté des ONG, le ton est plutôt positif. Mais on n´occulte pas non plus les problèmes.

Ce contenu a été publié le 15 septembre 2000 - 18:58

La campagne contre les mines n'a rien perdu de son dynamisme, la Conférence de Genève en a fait une démonstration «impressionnante». Le diagnostic est de l'ambassadeur Raimund Kunz, qui dirigeait la délégation suisse. Et l'une des preuves, selon lui, de l'esprit de coopération qui anime ses différents partenaires est la conférence de presse organisée conjointement par les délégués gouvernementaux et ceux de la société civile.

Autre sujet de satisfaction: l'impact de cette campagne. 107 États ont ratifié la Convention d'Ottawa (six de plus cette semaine-ci, dont la Colombie), 22 pays ont détruit leurs stocks, plus de 200 millions de dollars ont été investis dans l'aide aux victimes et dans des opérations de déminage, plusieurs millions de kilomètres carrés de terres ont été nettoyés.

La délégation suisse se réjouit pour sa part d'avoir réussi à faire passer une idée qui lui tient très à cœur, à savoir que l'assistance internationale en matière de déminage doit reposer sur des bases non discriminatoires. Toutes les victimes de traumatismes causés par des mines auront droit aux mêmes soins et aux mêmes mesures de réinsertion.

Le Comité international de la Croix-Rouge, l'Organisation mondiale de la santé et le Fonds des Nations unies pour l'enfance se sont d'ailleurs associés à cette démarche qui implique aussi qu'elle soit «intégrée» dans les programmes de coopération au développement et de reconstruction. Concrètement, la Suisse s'est engagée à consacrer chaque année quelque six millions de francs dans des projets liés au déminage.

Les organisations non gouvernementales, regroupées sous le label de la Campagne internationale, n'attendaient rien de spectaculaire de cette Conférence, pour la simple et bonne raison que son ordre du jour ne portait pas sur une révision du traité (laquelle aura lieu dans quatre ans) et donc qu'aucune négociation formelle ne figurait au programme.

Pourtant, constate Elisabeth Reusse-Decrey, coordinatrice de la Campagne suisse, «les ONG sont très surprises en bien» des progrès réalisés pendant cette semaine, qu'il s'agisse de la qualité du dialogue pratiqué par les différentes composantes officielles et civiles, de l'engagement de nouveaux gouvernements ou de la prise de conscience de la nécessité d'aider certains pays dans leur effort de destruction de stocks de mines antipersonnel.

Des questions, il en reste de très nombreuses. En particulier sur la position des États-Unis qui rejettent toujours l'idée d'une interdiction totale des mines, sur les stocks que l'OTAN conserve dans des pays qui sont pourtant signataires de la Convention, ou encore sur la manière de vérifier, voire de sanctionner, les pays qui ne respectent pas leurs engagements.

Ces Conférences (la prochaine se tiendra en 2001 au Nicaragua) sont-elles vraiment utiles du moment que les grandes puissances continuent de les bouder? «Elles permettent en tout cas de maintenir la pression, nous dit Michel Diot, directeur technique de la Fédération suisse de déminage. C'est la meilleure façon de préparer une révision de la Convention».

Et d'expliquer sur «si l'on va à la Conférence de 2004 avec l'idée d'inscrire dans le texte les bombes à fragmentation ou celle d'interdire certaines applications de nouveaux progrès technologiques, on arrive comme un cheveu sur la soupe. Mais si c'est un processus qui se déroule d'année en année, alors on peut s'attendre à quelque chose de plus effectif».

Bernard Weissbrodt

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