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Consensus politique suisse en danger

La progression de la droite dure lors des dernières élections fédérales risque de provoquer le chaos lors de la constitution du futur gouvernement le 10 décembre.

Visions de deux experts suisse et anglais en politique suisse.

Cette droite dure (UDC / Union démocratique du centre) revendique un deuxième siège de ministre lors de ces futures élections.

Pour rappel, le gouvernement helvétique (Conseil fédéral) est composé de sept ministres (conseillers fédéraux), réparti selon le principe de la formule magique depuis 1959.

Cette formule a été admise de manière informelle, afin que les grands partis présents au Parlement soit représentés au gouvernement.

Depuis lors, le Conseil fédéral est composé de deux socialistes, deux démocrates-chrétiens (PDC / centre-droit), deux radicaux (PRD / droite) et un UDC.

Bouleversements



Cela dit, par sa demande, l’attitude de l’UDC risque de bouleverser l’échiquier politique en Suisse.

Les analystes politiques admettent en effet que l’accession au pouvoir d’un deuxième conseiller fédéral de la droite dure peut altérer le caractère du gouvernement.

«D’une part, le gouvernement glisserait trop à droite, explique l’analyste Emanuel von Erlach à swissinfo. D’autre part, cela signifierait la fin de la fameuse formule magique. De plus, les socialistes seraient mis en minorité.»

Cette vision est largement partagée par Clive Church, un expert en politique suisse de l’Université du Kent en Grande Bretagne. Pour qui, l’actuelle composition du gouvernement est significative des grandes lignes politiques appliquées par la Suisse.

Le verdict des urnes



Ce n’est pas tout. En Suisse, les décisions du gouvernement peuvent être, et, sont souvent modifiées par le parlement.

De plus, le système de la démocratie directe laisse fréquemment le dernier mot aux citoyens par le biais des urnes.

«Ainsi, précise l’expert britannique, la volonté de la droite dure d’obtenir un deuxième siège au gouvernement, démontre réellement la volonté de ce parti de changer les donnes politiques de ce pays.»

Une politique qui serait loin de l’actuel consensus gouvernemental où les sept ministres suisses se retranchent toujours vers une ligne de conduite commune, malgré leurs différences de vues.

«C’est ce que veut l’Union démocratique du centre, admet l’expert. C’est à dire plus d’idéologie dans les décisions, mais aussi plus de pouvoir au gouvernement.»

Cela, toutefois, peut avoir des conséquences : «dans un système politique majoritaire, avoue Clive Church, les citoyens sont beaucoup plus sensibles aux décisions politiques et aux erreurs commises par cette majorité».

Quoiqu’il en soit, l’expert britannique reste persuadé que «l’augmentation des forces de l’UDC lors des élections fédérales du mois d’octobre n’est pas assez sensible pour qu’ils exigent un remaniement du gouvernement. Mais il est normal que le débat s’ouvre sur d’éventuels futurs changements.»

Demande



Clive Church insiste également sur le fait que très peu de choses auraient changé si l’UDC n’avait pas tapé le clou sur la table pour obtenir un siège supplémentaire. Ce qui se ferait probablement au détriment des démocrates-chrétiens.

En fait, ce n’est qu’une utilisation agressive des bons résultats de la droite dure qui engendre cette situation de «crise».

Et pour mettre encore plus de pression politique, l’UDC a même menacé de se retirer dans l’opposition si leur candidat officiel et leader, Christoph Blocher, n’est pas élu au gouvernement.

Certains membres de ce parti exigent même le départ de l’actuel ministre UDC, Samuel Schmid au profit de Christoph Blocher, si le deuxième siège n’est pas admis.

Cela dit, cette attitude de l’UDC fait des remous au sein des partis bourgeois présents au gouvernement. Les deux ministres démocrate-chrétiens, Ruth Metzler et Joseph Deiss refusent de remettre en question leurs sièges.

De son côté, le Parti radical, accusé également d’avoir perdu des voix aux élections d’octobre vit une petite crise interne.

Certains radicaux accepteraient que le siège laissé vacant par le ministre radical démissionnaire Kaspar Villiger, soit éventuellement occupé par la droite dure. D’autre refusent d’entrer en matière sur le sujet.

Acharnement politique



Quant aux socialistes, ils ont passé l'été à s'acharner sur les PDC, mais sont peut-être les moins enthousiastes à l'idée de voir l'UDC prendre un deuxième siège au gouvernement.

Quoiqu’il en soit, Clive Church constate que «les résultats des élections d'octobre ont révélé des dissensions internes et des désaccords publics. Et si ces divisions persistent, l'élection au conseil fédéral pourrait se révéler chaotique.»

«Tout ce qui s'est passé jusqu'à présent, constate le Britannique semble suggérer que les partis ont oublié de considérer d'autres solutions, et que chacun est parti dans sa propre direction.»

Et de conclure: « ces partis politiques n'ont pas réagi au défi qui leur a été lancé, et cela va leur poser des problèmes s'ils ne parviennent pas à trouver un accord.»

swissinfo ,Jonathan Summerton
(traduction et adaptation: Jean-Louis Thomas)

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