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Contre le bruit, pas contre l'armée

En présentant son initiative, l'écologiste Franz Weber a dénoncé «les mensonges et les faux arguments» des opposants.

(Keystone)

L'initiative populaire «contre le bruit des jets militaires dans les régions touristiques» n'est pas dirigée contre l'armée mais contre «la terreur du bruit», précise son auteur Franz Weber.

Vendredi, les partisans du texte ont lancé leur campagne en vue de la votation du 24 février en rejetant les accusations de vouloir abolir l'armée suisse.

Le peuple et les cantons se prononceront le 24 février sur l'initiative populaire lancée par l'association Helvetia Nostra de l'écologiste Franz Weber.

Le texte propose de bannir, en temps de paix, les exercices militaires avec des avions de combat à réaction dans les zones de détente touristiques. Le survol du Valais et de l'Oberland bernois est notamment visé.

Face aux médias, vendredi à Berne, Franz Weber a d'emblée annoncé la couleur: «il est scandaleux de dire que nous sommes contre les forces aérienne».

Son texte n'empêche ni la défense de la Suisse, ni des opérations pendant des événements comme le Forum de Davos ou l'Euro 2008, a-t-il fait valoir.

Terreur et excès

Si les nuisances sonores générées par les Tiger étaient encore supportables, les FA-18 ont fait déborder le vase aux yeux de l'écologiste.

Selon ce dernier, qui habite Montreux (Vaud), ces avions sont les plus bruyants de la terre, et de surcroît inadaptés à la configuration d'un pays comme la Suisse. Et les choses ne devraient pas s'améliorer avec le remplacement à venir du chasseur en bout de course Tiger.

M. Weber s'est aussi érigé contre «les calomnies» insinuant qu'il n'est monté au créneau que parce qu'il a sauvé de la démolition le Grandhotel Giessbach, au bord du lac de Brienz (Berne). S'il avait été égoïste, il aurait agi au niveau cantonal et non fédéral, a-t-il relevé, insistant sur le fait qu'il n'est pas le propriétaire de Giessbach et n'y habite pas.

Réduction erronée

De son côté, l'association valaisanne «Ras-le-bol» n'est pas en reste. Réduire le nombre des aérodromes militaires de quinze à trois - à Meiringen (Berne), Payerne (Vaud) et Sion (Valais) - était «une énorme erreur», a déploré Michel Clavien, membre du comité et ex-responsable de la communication du gouvernement valaisan.

Tout le monde souffre, aussi bien les vacanciers que la population locale, qui vit également pour une bonne part du tourisme, a renchéri un riverain de Meiringen. Une solution serait de mieux répartir les nuisances en rouvrant deux à trois places d'aviation et de tenir compte des périodes touristiques.

Les partisans du «oui» à l'initiative s'en sont en outre pris à l'attitude des autorités, jugées arrogantes et fermées au dialogue. «On ne se fait pas d'illusion sur l'issue de la votation, mais il est temps de dire les choses clairement», a souligné M. Clavien.

Pour des «exercices crédibles»

Opposé au texte, le gouvernement fait valoir que «les secteurs d'entraînement des jets militaires se situent au-dessus des Alpes, donc de régions typiquement touristiques» du pays.

D'autre part, réduire les secteurs d'entraînement de l'armée «empêcherait d'effectuer, en Suisse, des exercices crédibles avec des avions de combat».

Quant à déplacer ces secteurs, c'est impossible en raison du trafic intense d'avions civils. Et déplacer les vols d'exercice à l'étranger serait «insuffisant et irréaliste» pour l'instruction et l'entraînement des personnes chargées d'assurer l'engagement d'avions de combat, indique encore le Message gouvernemental.

swissinfo et les agences

En bref

L'initiative «contre le bruit des avions de combat à réaction dans les zones touristiques» propose l'inscription d'un nouvel article dans la Constitution fédérale: «En temps de paix, les exercices militaires impliquant des avions de combat à réaction sont interdits dans les zones de détente touristiques.»

Rédigée par l'environnementaliste Franz Weber et son organisation «Helvetia Nostra», l'initiative a été signée par 113'000 personnes et déposée en novembre 2005.

Le gouvernement et le parlement rejettent ce texte, qui sera soumis en votation populaire le 24 février 2008.

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