Coopération franco-suisse pour la sécurité du G8

Les ministres de la Défense français et suisse, Michèle Alliot-Marie (g) et Samuel Schmid, samedi à Zermatt, Keystone

Michèle Alliot-Marie et Samuel Schmid, responsables français et suisse de la Défense, collaboreront pour protéger le sommet du G8 à Evian.

Ce contenu a été publié le 08 décembre 2002 - 12:02

La réunion des chefs d'Etat des huit plus grandes puissances du monde mobilisera aussi les antimondialistes.

Le prochain sommet du G8, les 1er, 2 et 3 juin 2003, se tient sur le territoire français, en Haute-Savoie, mais à quelques encablures de la Suisse. Paris a donc décidé d'associer Berne à la protection de cette manifestation qui réunit plusieurs milliers de personnes.

Ce message, Michèle Alliot-Marie, ministre française de la Défense, est venue le délivrer samedi à son homologue suisse Samuel Schmid.

La coopération des deux pays est d'autant plus importante, que les G8 mobilisent toujours davantage d'antimondialistes. Et la confrontation entre les dirigeants des huit plus grandes puissances qui dominent le monde et leurs opposants peut parfois avoir des conséquences dramatiques, comme à Gênes en 2001.

Recevant la ministre Michèle Alliot-Marie, pour sa première visite officielle dans la Confédération, Samuel Schmid, conseiller fédéral en charge de la Défense et de la protection de la population, a souligné samedi après-midi lors d'une conférence de presse à Cointrin que l'aide de la Suisse est «inévitable et nécessaire» pour garantir la sécurité du prochain G8.

100 à 200 000 antimondialistes

Berne va d'ailleurs désigner la semaine prochaine un correspondant fédéral pour ce sommet, qui travaillera en étroite collaboration avec Jean-Claude Poimboeuf, le secrétaire général du G8, et le préfet de Haute-Savoie.

Le premier rapport élaboré il y a quelques semaines à Annecy, la préfecture de Haute-Savoie, montre que la France prend très au sérieux la mobilisation des organisations de gauche, d'extrême gauche et des écologistes. Les antimondialistes ont déjà annoncé qu'ils espéraient mobiliser 100 à 200 000 personnes sur les bords du lac Léman.

Côté français, Bernard Néplaz, maire communiste de Sciez-sur-Léman, une petite commune près de Thonon, a déjà annoncé «qu'il ferait tout ce qu'il pourrait pour l'anti-G8». Ce sommet l'oblige à annuler la "foire exposition du Chablais" qui se déroule chaque année à la même époque depuis douze ans et attire 30 000 visiteurs.

La Suisse dans la mêlée

Côté suisse, le conseiller national POP Josef Zisyadis, organise lundi à Ouchy une conférence de presse afin d'expliquer «comment nous entendons mettre le feu au lac pour accueillir le G8 en juin 2003». Le conseiller national écologiste Patrice Mugny (Ge) annonce, lui aussi, une mobilisation importante dans la Cité de Calvin.

En effet, le Nord du lac Léman possède davantage d'infrastructures que le Sud, et la grande majorité des antimondialistes risque de se rassembler à Genève ou à Lausanne.

Comment les autorités pourront-elles, par exemple, empêcher des centaines de petites embarcations de voguer vers Evian?

Et comment éviter que des avions de tourisme survole la région, déversant des milliers de tracts hostiles au sommet?

Bref, les craintes sont si vives que la protection du G8 n'est pas confiée en France au ministère de l'Intérieur (l'équivalent du département de Police) mais à celui de la Défense.

Qui va payer?

Paris et Berne doivent signer dans les prochaines semaines une convention bilatérale concernant les problèmes liés à la sécurité du sommet. Il reste en effet un problème d'argent à régler entre les deux pays.

Qui va payer pour assurer la sécurité aérienne du sommet, pour maintenir tout au tour du lac des milliers de soldats et de policiers pendant plusieurs jours ?

Le G8 se déroule en France, et si cette manifestation est un succès, les lauriers reviendront essentiellement aux organisateurs tricolores. En revanche, l'opinion publique mondiale risque de ne parler de la Suisse que s'il se produit des incidents regrettables.

swissinfo/Ian Hamel

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