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Coup de tonnerre chez Ascom: le personnel sera décimé

Une restructuration signée de la griffe d'Urs T.Fischer, patron d' Ascom

(Keystone Archive)

Ascom va supprimer plus d'un emploi sur dix. La restructuration touche 1100 postes, dont 400 en Suisse. Elle s'inscrit dans le cadre de la séparation des activités de services de celles liées aux technologies. Les syndicats crient leur colère contre le groupe bernois.

Actif dans les systèmes de télécommunications, Ascom parle mercredi d'une «accélération des modifications structurelles» pour motiver sa nouvelle stratégie baptisée «4+1». En Suisse, 100 emplois fixes disparaissent dans le canton de Berne, 100 à Soleure, 70 à Zurich et 10 en Argovie.

A y regarder plus en détail, il apparaît qu'un quart des 400 emplois qui passent à la trappe en Suisse sont des postes intérimaires. Sur les 1100 suppressions de postes au total, deux tiers interviendront d'ici quatre mois. Le solde doit être concrétisé à fin 2001. Au-delà de la Suisse, ce sont les sites européens du groupe qui sont touchés.

Les suppressions d'emplois s'opèrent principalement par départs naturels et licenciements. L'ampleur de ces derniers n'est pour l'heure pas précisée. Le mécanisme de mise en oeuvre «s'enclenchera», selon Ascom, dans les trois semaines à venir en collaboration avec les partenaires sociaux.

Ascom estime jeter ainsi «les bases d'une croissance durable et d'une meilleure rentabilité». Autorités et représentants des travailleurs ne l'entendent pas de la même oreille. La FTMH demande par exemple au groupe bernois de revenir sur sa décision.

Le syndicat annonce qu'il luttera pour conserver chaque emploi et estime qu'il existe des alternatives aux licenciements. Il affirme que durant ces dernières années, le groupe alémanique a succombé à l'influence de la bourse.

Le syndicat Syna, quant à lui, ne mâche pas ses mots. Dans un communiqué, il souligne qu'une fois de plus les ouvriers devront payer pour des erreurs de gestion. A l'instar de la FTMH, il a demandé à la direction d'Ascom d'entamer des discussions avec les partenaires sociaux pour éviter tout licenciement.

Le canton de Berne a pour sa part qualifié de «mauvaise nouvelle» l'annonce de la restructuration. La directrice de l'économie publique, Elisabeth Zölch, a cependant obtenu l'assurance que le siège principal de la société reste à Berne.

Mme Zölch a également dit comprendre «qu'en raison du climat dans la branche, on supprime des échelons hiérarchiques et des doublons». Elle a en outre annoncé qu'un plan social a été engagé entre les partenaires.

Cette restructuration porte la griffe d'Urs Fischer, ancien patron de l'opérateur de téléphonie Sunrise, qui a repris la présidence de la direction du groupe à fin février. Dans le cadre de la mise en oeuvre systématique de sa stratégie, Ascom a soumis chacun de ses secteurs d'activité à une analyse approfondie.

La société entend réaliser des économies «substantielles», tant au niveau des coûts que des processus. Les nouveaux modèles seront introduits au cours des 24 prochains mois. «Les hiérarchies doivent être aplaties, les doublons supprimés et les synergies pleinement exploitées», résume Urs Fischer, cité dans le communiqué.

Avec la nouvelle stratégie, le nombre de divisions d'Ascom est réduit à «4+1». Soit Integrated Services, Energy systems, New Technologies, Enterprise Communications et la division des coopérations. Au total, Ascom compte actuellement plus de 10 000 collaborateurs dans le monde.

L'an dernier, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 2,6 %, à 3,143 milliards de francs. Le résultat opérationnel a en revanche chuté fortement, à 79,9 millions de francs (- 40,7 %). Le bénéfice net a quant à lui reculé de 25,6 % à 67,2 millions de francs.

swissinfo avec les agences


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