Démission du ministre de l'économie Joseph Deiss

Joseph Deiss sous le feu des projecteurs Keystone

Le conseiller fédéral démocrate-chrétien Joseph Deiss a créé la surprise en annonçant sa démission jeudi matin.

Ce contenu a été publié le 27 avril 2006 - 09:58

L'Assemblée fédérale élira le successeur du ministre suisse de l'économie durant la session d'été 2006.

Agé de 60 ans, le chef du Département fédéral de l'économie et démocrate-chrétien fribourgeois a siégé sept ans au gouvernement et cette démission constitue une réelle surprise. La dernière démission d'un ministre en exercice était celle de Kaspar Villiger en 2003.

Ce dernier avait siégé pendant 14 ans et 11 mois (ou presque), quasiment un record. Jean-Pascal Delamuraz avait quant à lui quitté le gouvernement pour raisons de santé en 1998, après avoir passé 14 ans et 3 mois au Conseil fédéral. Ruth Dreifuss, partie, elle, en 2002, a siégé près de 10 ans.


Joseph Deiss a expliqué jeudi devant la presse qu'il partait «librement, sans pression et quand tout va bien».

Le conseiller fédéral démissionnaire faisait référence à la bonne tenue de l'économie suisse, dont la croissance devrait dépasser 2% cette année, selon les prévisions de différents instituts.

Des forces nouvelles

Soutenue par ses exportations, la Suisse a annoncé au début du mois sa plus forte baisse du chômage depuis six ans, le taux étant tombé à 3,6% de la population active.

Dans la lettre de démission qu'il a adressée au bâlois Claude Janiak, président du Conseil national (chambre basse du Parlement), Joseph Deiss précise en outre qu'il est temps «de céder la place à de nouvelles forces».

«Cela fait 25 ans que je suis engagé dans la politique, déclare Joseph Deiss. J'ai estimé que c'était suffisant.»

Et le conseiller fédéral de conclure: «Il faut prendre sa décision comme les tripes nous l'indiquent. Pour moi, c'est maintenant».

Elu en mars 1999

Pour mémoire, Joseph Deiss avait été élu au Conseil fédéral (gouvernement) le 11 mars 1999. Il avait succédé à Flavio Cotti au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

En janvier 2003, il avait repris la tête du Département fédéral de l'économie (DFE). En 2004, il a aussi occupé la présidence tournante de la Confédération helvétique.

Son remplaçant sera désigné durant la session d'été par l'Assemblée fédérale dans les rangs de son parti.

Pour mémoire, le gouvernement fédéral suisse est composé de façon consensuelle par un ministre démocrate chrétien (PDC/centre droit), deux radicaux (PRD/droite), deux socialistes et deux membres de l'Union démocratique du centre (UDC/droite dure).

Les réactions des partis

Premier parti a réagir à la démission du ministre par la voix de son secrétaire général Gregor Rutz, l'UDC espère que le successeur de Joseph Deiss sera «plus bourgeois».

Les autres partis se disent tous très... surpris! Y compris dans les rangs du propre parti de Joseph Deiss.

Le président du groupe parlementaire du PDC d'étonne du «moment choisi et de la rapidité» de la décision de Joseph Deiss. Mais, selon Urs Schwaller, il s'agit là d'une décision hautement personnelle qu'il respecte.

Très apprécié dans son canton et considéré comme un poids lourd aux Chambres fédérales, Urs Schwaller juge prématuré d'avancer le nom des papables à la succession de Joseph Deiss.

«Une chose est sûre, souligne le président du groupe parlementaire démocrate chrétien, le PDC va exiger le maintien de son siège.»

De son côté, le président du parti radical Fulvio Pelli comprend ce retrait après sept ans d'activité.

Il comprend également la position du PDC qui tient à trouver un successeur – il pense à la présidente du PDC Doris Leuthard - dans une période moins agitée qu'une campagne électorale.

Quant au président du parti socialiste Hans-Jürg Fehr, il considère Joseph Deiss comme un homme intelligent et cultivé et estime que le nouveau style introduit par Christoph Blocher au gouvernement n'était pas celui de Joseph Deiss.

Enfin, la présidente des Verts Ruth Genner considère que le choix de Joseph Deiss relève d'une tactique politique déjà éprouvée par le PDC.

swissinfo et les agences

Faits

Joseph Deiss a été élu au Conseil fédéral le 11 mars 1999
Il avait alors succédé à Flavio Cotti au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE)
En janvier 2003, il avait repris la tête du Département fédéral de l'économie (DFE)

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En bref

- Après un passage à vide, le parti démocrate-chrétien - qui appartient au camp bourgeois - a repris des forces au niveau des cantons ces deux ou trois dernières années.

- Selon divers analystes, l'annonce de départ anticipé de Joseph Deiss a pour but de renforcer la position du parti en vue des élections fédérales de l'automne 2007.

- Dans les prochains mois, le parti démocrate-chrétien sera en effet au centre de l'attention en fonction des débats sur la succession de son ministre démissionnaire.

- En Suisse, les 7 sièges du gouvernement sont partagés entre les quatre principaux partis politiques en fonction de leur poids électoral. La clé de répartition, appelée «Formule magique», a été introduite tacitement en 1959.

- Elle s'est composée de deux ministres socialistes (PS/gauche), deux radicaux (PRD/droite), deux démocrates-chrétiens (PDC/centre droit) et d'un membre de l'Union démocratique du centre (UDC/droite dure) jusqu'en 2003. Depuis, le PDC a perdu un siège au profit de l'UDC.

- L'appartenance à la région linguistique des ministres entre également en ligne de compte.

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