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Un timbre peut influencer la participation

Devoir se procurer un timbre peut être un obstacle: l'affranchissement prépayé augmente la participation aux votations, selon une étude. Keystone/Gaetan Bally

Recevoir une enveloppe de vote par correspondance déjà affranchie influence significativement la participation. Cette pratique a un impact surprenant: elle réduit la proportion de soutien aux positions rouges-vertes, selon les résultats d’une étude économétrique.

Ce contenu a été publié le 28 septembre 2017 - 13:26

Si la possibilité de voter par correspondance en Suisse est offerte à tout l’électorat et est utilisée par la grande majorité de ceux qui votent, tout le monde ne peut pas envoyer son bulletin de vote aux mêmes conditions. Dans neuf cantons, l’affranchissement est pris en charge par l’Etat, les citoyens de dix cantons doivent payer leur timbre eux-mêmes et sept cantons laissent le choix aux communes. 

Une étudeLien externe du professeur associé à l’Université de Fribourg Mark SchelkerLien externe et du chercheur Marco Schneiter lève le voile sur des inégalités qui influencent le comportement des électeurs. Les deux économistes ont analysé toutes les votations fédérales de 1989 à 2014 dans le canton de Berne, comparant les communes dans lesquelles l’affranchissement est prépayé à celles dans lesquelles les votants doivent mettre un timbre sur l’enveloppe. Ils en tirent la conclusion que l’affranchissement prépayé augmente la participation de quasiment deux points de pourcentage. Ce qui signifie qu’«avec une participation moyenne d’environ 40% dans le canton de Berne 4,5% d’électeurs en plus se rendent aux urnes», expliquent les deux chercheurs. 

Ce n’est pas le fait de devoir dépenser 85 centimes pour le timbre qui joue un rôle mais celui de devoir se le procurer, précise Marc Schelker et Marco Schneiter. En d’autres termes, l’affranchissement prépayé représente une facilitation du processus de vote, ce qui a un effet significatif sur la mobilisation. 

Les évaluations économétriques des deux chercheurs ont aussi mis en évidence que l’augmentation de deux points de pourcentage de la participation au vote se traduit par une diminution d’un point de pourcentage du taux de soutien aux positions rouges-vertes. 

Les résultats de l’étude de Mark Schelker et Marco Schneiter inciteront très probablement le Parlement suisse à débattre de l’opportunité d’une obligation générale pour toutes les communes d’assumer les frais du vote par correspondance. Auteure d’une interpellation Lien externesur la question déjà en 2013, la députée Yvette Estermann (de l’Union démocratique du centre, droite conservatrice) a annoncé son intention de déposer un acte parlementaire sur le sujet.

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