Des cyclistes suisses dopés au soleil d'Australie

Une technologie innovante peut être amusante - c'est ce que le World Solar Challenge veut montrer. www.spiritofbike.ch

Conçue à Bienne, une bicyclette solaire s'aligne aux côtés des meilleures voitures solaires dans le désert australien.

Ce contenu a été publié le 19 novembre 2001 - 09:37

Une dizaine de Suisses et de Suissesses de l'équipe «Spirit of Bike» doivent relier la côte nord à la côte sud de l'Australie. Concrètement, à la force du mollet et à l'aide de l'énergie solaire, ils doivent parcourir les 3000 kilomètres qui séparent Darwin d'Adélaïde.

Aux côtés d'une cinquantaine d'autres équipes venues des quatre coins de la planète, ils sont engagés dans le «World Solar Challenge», une course pas tout à fait comme les autres qui vise à promouvoir les moyens de locomotion respectueux de l'environnement.

Dans cette compétition - dont la première édition remonte à 1987 -, l'essentiel n'est pas forcément de gagner. Les experts en technologies des transports d'avant-garde y voient, en effet, d'abord un lieu de rencontres et d'échanges d'idées.

Pour cette édition 2001, les spécialistes de l'énergie solaire, des matériaux et de l'aérodynamique viennent de Suisse, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Pologne, de Malaisie, de Nouvelle Zélande et du Canada.

L'équipe de l'Ecole d'ingénieurs de Bienne est une habituée de ce rendez-vous australien. D'ailleurs, son tableau de chasse est plutôt impressionnant. Jugez plutôt, il compte deux secondes places et une victoire (en 1990) dans la catégorie voitures ainsi qu'une première place (en 1999) dans la course réservée aux deux roues.

Pas de nouvelle victoire en vue

Pour autant, cette année, les Suisses courent pour les places d'honneur. Leur «Intellibike» est, en effet, le seul et unique deux-roues à s'aligner dans la même catégorie que les voitures solaires.

Et l'équipe biennoise compte mettre six jours pour relier Darwin à Adélaïde. Alors que, l'an passé, la voiture la plus rapide avait mis un peu plus de quatre jours pour couvrir les 3000 kilomètres de la course.

Certes, les Suisses auraient pu choisir de s'inscrire à la course des vélos, qui se dispute sur une distance plus courte. Mais ils ont estimé que le défi n'était pas assez intéressant. «Nous aurions très probablement gagné, lance August Pfluger, porte-parole de «Spirit of Bike». Mieux, sans avoir d'effort particulier à fournir.»

Et August Pfluger de préciser fièrement: «notre but, c'est avant tout de faire connaître cette machine «high tech», une nouveauté au niveau mondial dont la conduite permet de combiner sport et plaisir».

Tout le monde voulait en être

Cela dit, l'«Intellibike» a, d'ores et déjà, rencontré un premier succès. En effet, c'est par milliers que les candidats s'étaient inscrits auprès de l'Ecole d'ingénieurs de Bienne dans l'espoir de participer à l'aventure australienne.

Au terme d'une procédure compliquée, combinant tests médicaux et tests de condition physique, «Spirit of Bike» n'a finalement retenu que cinq candidates et cinq candidats. Et ce sont ces femmes et ces hommes qui ont aujourd'hui le redoutable privilège d'affronter le désert australien, sa chaleur étouffante et ses routes encombrées d'énormes trains routiers et d'animaux sauvages en tous genres.

En plus de celui des spécialistes, l'équipe biennoise a pu compter sur le soutien de plusieurs sponsors. Et le ministre suisse de l'Economie y est également allé de son message d'encouragement.

«L'économie helvétique a besoin d'esprit, de vision, de compétence et de courage, confie le conseiller fédéral Pascal Couchepin. Et le «Spirit of Bike» possède le potentiel nécessaire pour insuffler un esprit d'innovation au secteur privé comme au secteur public.»

Eva Hermann

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