Doha sommée de tenir ses promesses

A Doha, Pascal Couchepin a su multiplier les alliances. Keystone

Au récent sommet de l'OMC, les pays occidentaux - dont la Suisse - ont fait des promesses aux pays pauvres. Reste à savoir s'ils pourront les tenir.

Ce contenu a été publié le 16 novembre 2001 - 09:52

En proposant la création de groupes de travail sur le transfert de technologie, sur l'endettement ou sur le système financier, les pays occidentaux ont suscité de fortes attentes parmi les pays les plus pauvres.

«Mais je ne sais pas de quelle manière l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sera en mesure d'y répondre», avertit Luzius Wasescha, l'un des membres de la délégation helvétique, au lendemain de l'accord signé in extremis par les 142 Etats membres de l'OMC.

Présente également dans la capitale qatarie, Nadine Keim, représentante des organisations suisses de développement, veillera à ce que ces engagements soient respectés, en particulier par la Suisse.

Ministres tenus responsables

Elle ne sera pas la seule à veiller au grain. A commencer par Mike Moore, patron de l'OMC, qui a lancé cet avertissement dans son discours de clôture: «nous devons créer une nouvelle OMC et je préviens les ministres que je les tiendrai pour responsables de leurs promesses».

Une chose est sûre. Les futures négociations, dont le cadre a été fixé à Doha, augurent de belles empoignades et la partie est loin d'être gagnée.

«L'OMC a atteint le stade de la puberté. A Doha, elle a d'ailleurs connu de nombreuses crises dont certaines auraient pu être mortelles», remarque Luzius Wasescha.

Une crise de croissance due en grande partie à l'entrée en force au cœur des négociations des pays en développement (PVD). Nadine Keim considère cette irruption comme un tournant majeur.

Mais elle note: «on ne peut plus parler simplement de pays riches et de pays pauvres, du Nord et du Sud. Selon les intérêts - agriculture, propriété intellectuelle, textile ou autres - les alliances se font et se défont».

Multiples alliances

Les diverses coalitions auxquelles la Suisse a participé en sont un exemple éclatant. Elle s'est associée à l'Inde sur la question des indications géographiques ou avec l'Union européenne dans le domaine agricole et environnemental.

La Suisse a également marché avec les Etats-Unis pour la défense des brevets médicamenteux tout en soutenant la volonté de Bruxelles d'apporter une réponse politique pour les pays pauvres frappés par une épidémie.

L'Europe de plus en plus minoritaire

Quoiqu'il en soit, la participation des PVD - sans laquelle l'OMC n'aurait eu guère d'avenir - est l'élément majeur avec lequel il faudra compter à l'avenir. Cette présence active était d'ailleurs déjà visible dans le groupe des pays chargés de ficeler le paquet final des négociations à Doha.

Comme le précise Luzius Wasescha, ce comité restreint était composé de 5 pays anglophones d'Afrique, de 4 pays asiatiques, de 7 pays du continent américain et de deux représentants européens, dont un Suisse.

Relevant la place de plus en plus minoritaire prise par l'Europe dans les comités restreints de l'OMC, Luzius Wasescha relève que la Suisse y est toujours: «aussi longtemps que nous pourrons compter sur le rayonnement acquis par Pascal Couchepin par sa maîtrise des règles de l'OMC, nous aurons une place dans les cercles intérieurs de l'OMC. Mais les places sont de plus en plus chères.»

Frédéric Burnand

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