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DSK ou «la chute d’un prétendant au trône»

Dominique Strauss-Kahn aux mains des policiers américains. Keystone

La presse suisse de lundi revient abondamment sur l’arrestation aux USA du patron du FMI Dominique Strauss-Kahn. Coupable ou non, les commentateurs tirent tous la même conclusion: l’avenir politique de DSK est désormais des plus sombres.

Ce contenu a été publié le 16 mai 2011 - 12:29
swissinfo.ch

Le patron du Fonds monétaire international (FMI) est accusé d’avoir voulu abuser d’une femme de chambre d’un hôtel de New York. C’est désormais aux enquêteurs de déterminer si les accusations de cette femme de 32 ans sont fondées ou tiennent de l’affabulation.

Ambitions brisées

En attendant les résultats de l’enquête, les différents commentateurs sont d’accord sur un point: jusqu’ici favori des sondages pour l’élection présidentielle de 2012 en France, Dominique Strauss-Kahn ne devrait pas se remettre politiquement de son arrestation par la police.

«Monsieur Strauss-Kahn peut faire une croix sur ses ambitions présidentielles et nourrir des soucis quant à son avenir tout court», écrit par exemple le quotidien fribourgeois La Liberté. «Sauf à être totalement blanchi très vite par le juge chargé de l’enquête à Manhattan, on voit mal que le socialiste français survive, politiquement, à son arrestation à New York pour une affaire de mœurs», renchérit Le Temps.

Mais ce sont certainement les journaux alémaniques Basler Zeitung et Berner Zeitung qui ont trouvé la formule qui résume le mieux la situation en titrant: «Der Absturz eines Thronanwärters» (la chute d’un prétendant au trône).

Déjà des précédents

Les commentateurs sont d’avis que la présomption d’innocence doit profiter à l’accusé. Mais du temps risque de s’écouler avant que la lumière ne soit faite sur l’affaire. «D’un côté pratique, même si DSK a déclaré être innocent, il faudra un certain temps avant que la justice américaine ne puisse établir l’innocence ou les éventuelles responsabilités du directeur général du FMI», rappelle le Corriere del Ticino.

Et dans l’intervalle, les dégâts seront conséquents sur l’éventuelle candidature de DSK à la présidentielle de 2012. «Même si Dominique Strauss-Kahn est finalement innocenté, même s’il est tombé dans un piège, le ‘roi des sondages’ est détrôné. Avant même qu’elle ne soit proclamée, sa candidature à l’Elysée n’est plus de saison», écrivent ainsi 24 heures et la Tribune de Genève.

«Que DSK ait fauté lourdement sur une pulsion libidinale déplacée ou qu’il ait raison et soit la victime d’une manipulation, avant même de chercher à qui profite le crime, il aura du mal à se relever d’un tel scandale qui risque de briser non seulement la carrière, mais l’homme», renchérit l’Express de Neuchâtel.

Pour certains journalistes, l’hypothèse du «coup monté» ne peut pas être totalement écartée, même si elle relève plutôt de la politique fiction. Cependant, pour certains, le fait même que DSK puisse, en raison d’une précédente affaire de mœurs, prêter aussi facilement le flanc aux accusations pose en soit problème.

«L’hypothèse du piège ou du complot politique tendu pour briser la trajectoire du socialiste français ne peut être écartée. Mais si le DSK libertin est victime d’un coup monté, il reste à se demander ce que vaut, d’un point de vue éthique, un individu dont la réputation rend cet éventuel coup monté crédible. Et s’il est tombé dans un piège, qu’un homme aussi intelligent puisse se laisser entraîner dans le précipice renvoie à une fragilité de sa personnalité difficilement compatible avec son ambition d’accéder à la présidence de la République», analyse par exemple Le Temps.

A qui profit le «crime»?

Pour la presse, il est clair que cette affaire bouleverse la scène politique française. «Avec l’accusation contre Dominique Strauss-Kahn à New York, les cartes de la politique française sont totalement redistribuées», note par exemple la Neue Zürcher Zeitung.

Par contre, il est difficile de dire à qui profite la chute de DSK. En toute logique, ce devrait être au bénéfice de l’actuel président Nicolas Sarkozy, qui voit disparaître un adversaire de poids dans la course à l’Elysée. Mais pour plusieurs commentateurs, les choses ne sont pas aussi simples.

«Nombre d’électeurs vont ranger Sarkozy et ses amis du Fouquet’s dans la même catégorie des politiciens ‘bling-bling’ dont Strauss-Kahn était l’une des plus rutilantes figures. Or, de cette catégorie-là, les Français n’en veulent plus. L’étalement des richesses les faisait rêver, naguère encore. Ils en ont soupé aujourd’hui», souligne 24 heures et la Tribune de Genève.

Parmi les bénéficiaires possibles, c’est finalement le nom du leader de l’extrême-droite qui revient le plus souvent. «Cette affaire donnera au Front national de Marine Le Pen de nouvelles cartouches pour tirer à vue contre ‘les politiques’, accusés sans distinction de baigner dans une atmosphère scandaleuse, mélange d’arrogance, d’insouciance et e cynisme», conclut ainsi Le Temps.

Vu de France

La presse française est sous le choc lundi de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn pour agression sexuelle et tentative de viol. Elle s'interroge sur les conséquences du scandale pour le Parti socialiste et la présidentielle de 2012.

«Dominique Strauss-Kahn savait qu'il était lui-même son plus dangereux ennemi. DSK out, restent un champ de ruines et la primaire, plus que jamais nécessaire», écrit Libération.

La Nouvelle République du Centre Ouest décrit un «idéal scénario d'une très mauvaise série B» tandis que le Maine Libre se demande si DSK est «tombé dans un piège, digne d'un improbable thriller hollywoodien».

Pour le Figaro, il est évident que «Dominique Strauss-Kahn ne sera pas le prochain président de la République française». «La gauche voit disparaître le scénario annoncé par les instituts de sondage, qui prédisaient pour DSK une quasi-élection de maréchal au printemps 2012», selon le quotidien.

Certains journaux, comme Les Dernières Nouvelles d'Alsace, estiment que l'«élimination (de DSK) n'est ni une mauvaise affaire pour le PS, ni une bonne pour Nicolas Sarkozy. «Il n'y a sans doute rien à regretter de voir DSK s'effacer d'un paysage qui n'a pas fini de se transformer. Cet homme brillant était assurément dangereux pour son camp».

La Croix, comme d'autres journaux, évoquent aussi l'humiliation. «Une humiliation pour DSK et pour les siens, s'il est innocent. Une humiliation pour la France, dans tous les cas et au-delà des clivages politiques, car l'image de notre pays s'en trouve d'ores et déjà altérée».

Source: Agence télégraphique suisse (ATS)

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