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La justice américaine prive Serono de bénéfice

Chercheur à l'oeuvre dans l'un des centres de recherche du groupe.

(Serono)

Une enquête aux Etats-Unis fait plonger le groupe suisse dans le rouge. Serono a dû constituer une provision en vue de la résolution de cette affaire.

La justice américaine s’intéresse de près aux pratiques de vente du Serostim, un médicament utilisé dans le traitement du sida.

Serono plonge dans les chiffres rouges au premier trimestre 2005. Le groupe de biotechnologie annonce vendredi une perte de 670 millions de francs suisses, due à la constitution d'une provision de 856 millions pour faire face à une éventuelle condamnation dans le cadre de l’enquête en cours.

Cette enquête a été ouverte en 2001 par le procureur général de Boston. Elle a débouché la semaine dernière sur la mise en accusation de quatre anciens cadres de la principale filiale américaine de Serono, deux hommes et deux femmes âgés de 41 à 48 ans.

Le procureur leur reproche d'avoir offert aux médecins prescrivant le Serostim un voyage tous frais payés pour assister à une conférence médicale à Cannes, afin de doper les ventes de ce médicament, alors en chute libre. Ils risquent chacun jusqu'à cinq ans de prison et 250’000 dollars d'amende.

Parallèlement à cette affaire, l'enquête vise aussi à déterminer si la fixation du prix du Serostim aux grossistes et les pratiques commerciales ont contrevenu à la loi américaine.

«Plusieurs autres entreprises, parmi lesquelles Pfizer ou Abott, ont reçu des assignations similaires. L'ensemble de l'industrie pharmaceutique est en fait concernée», précise Stuart Grant, directeur des finances du groupe genevois.

Surprise

«Serono a pleinement coopéré à l'enquête et continue à le faire», souligne le groupe. Bien qu'un accord final n'ait pas encore été conclu, les discussions entre Serono et les autorités judiciaires ont progressé à un niveau tel qu'il est aujourd'hui approprié de constituer une provision.

«On savait qu'il y avait une enquête aux Etats-Unis mais on est surpris par le montant de la provision et surtout le fait que cette nouvelle n'ait pas été annoncée indépendamment des résultats du trimestre», estime Michel Auch, analyste de la banque Ferrier Lullin & Cie.

«Le montant inquiète tout autant que le mode de communication. On peut se poser des questions sur la suite. Une grande méfiance est en train de s'installer sur Serono», ajoute l’analyste.

«Ce qui étonne c'est le montant de la charge, renchérit Pascale Boyer-Barresi analyste chez Bordier & Cie. Cela signifie que Serono devrait rembourser le montant des ventes cumulées de ce produit sur dix ans.»

Ventes en hausse malgré tout

Si l’on soustrait le montant de cette provision, le déficit se transforme en un bénéfice de 109 millions de francs. Soit 11,7% de moins qu’au premier trimestre 2004. «Les résultats sont nettement plus faibles que ceux attendus par bon nombre d'intervenants», relève encore Michel Auch.

Les ventes n’en ont pas moins progressé. Le chiffre d'affaires est en hausse de 8% à 710 millions de francs. La part de marché aux Etats-Unis du Rebif, médicament phare du groupe (contre la sclérose en plaques), est historiquement au plus haut avec 18,2% de prescriptions totales et 22,4% de nouvelles prescriptions.

Malgré cela, les investisseurs à la Bourse suisse ont sanctionné Serono vendredi. En début d’après-midi, l'action du groupe décrochait de 5,7%, soit de 47,50 francs à 792 francs.

swissinfo et les agences

Faits

Serono est le numéro un de la biotechnologie en Europe
L’entreprise a réalisé un bénéfice record l’an dernier: 492 millions de dollars
Son chiffre d’affaires a atteint 2,46 milliards de dollars
Pour 2005, Serono prévoyait un bénéfice net compris entre 520 et 540 millions et un chiffre d’affaires 2,6 milliards

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