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Le destin de Sulzer toujours plus lié à Viktor Vekselberg

Sulzer est une «perle industrielle» très convoitée.

La société d'investissement Renova du financier russe Viktor Vekselberg consolide son engagement dans le groupe industriel de Winterthour Sulzer.

Renova a en effet racheté la part détenue par la société autrichienne Victory pour porter sa participation à Sulzer à 31,4% du capital.

Cette opération rendue publique lundi soir se traduit par une augmentation de 16% de la part de Renova dans Sulzer. Le milliardaire russe Viktor Vekselberg devient par conséquent l'actionnaire individuel le plus important du groupe zurichois avec une participation de 31,4%.

Renova a en effet racheté l'intégralité de la joint-venture Everest, jusque-là détenue par le fonds d'investissements Victory des financiers autrichiens Ronny Pecik et Georg Stumpf. Renova, qui a son siège à Zurich, et Victory ont convenu de garder le silence sur le rachat d'Everest, ont précisé leurs porte-parole respectifs Markus Blume et Stephan Oehen.

Pas une surprise

Dans un communiqué, le chef des investissements de Renova Vladimir Kuznetsov indique que «cette acquisition prouve que Renova s'engage auprès de Sulzer en tant qu'investisseur ayant une vision à long terme et que partenaire commercial fiable».

Du côté des observateurs, cette prise de pouvoir ne surprend pas. Le fait que la direction d'Everest ait été assumée depuis le départ par Vladimir Kuznetsov laissait présager un intérêt marqué de Viktor Vekselberg pour Sulzer.

Le journal zurichois «NZZ» précise toutefois que le sort du paquet d'actions Sulzer encore détenu par la Deutsche Bank pourrait néanmoins réserver quelques surprises, notamment si Renova avait l'intention de continuer à augmenter sa participation.

Un assaut masqué

En avril dernier, la prise de participation commune de Renova et de Victory via Everest dans Sulzer avait fait couler beaucoup d'encre. Elle venait en effet s'inscrire dans une série de rachats d'entreprises suisses par des investisseurs étrangers aux méthodes pas toujours très transparentes.

La Banque cantonale zurichoise (BCZ) s'était retrouvée au centre de la tourmente. Elle aurait en effet participé au rachat des parts de Sulzer – pourtant partenaire de la BCZ - par Everest sans en référer à la direction de la banque. Son patron Hans Vögeli et d'autres cadres avaient dû se retirer.

Actuellement, trois banques suisses sont dans le collimateur de la Commission fédérale des banques (CFB) pour leurs agissements lors de ce rachat.

Mesures immédiates de la CFB

Sur le plan politique, la facilité avec laquelle le consortium austro-russe avait pris le contrôle d'entreprises suisses avait aussi suscité des appels en faveur d'une modification des règles concernant l'achat de sociétés. Un changement au niveau de la loi est en cours devant les Chambres.

Fin juin 2007, la CFB a par ailleurs adopté un train de mesures immédiates dans le but d'instaurer davantage de transparence en matière d'annonce lors de prises de participation dans des entreprises cotées en Suisse.

Les investisseurs qui grimpent dans le capital d'un groupe devront désormais additionner systématiquement toutes les actions entre leurs mains et toutes les options. L'exception voulant que les options d'achat de type «cash settlement» (n'impliquant pas de livraison physique des titres à l'échéance) a en outre été supprimée.

swissinfo et les agences

En bref

Sulzer est le dernier exemple en date d'une série d'OPA hostiles à l'encontre d'entreprises faisant partie du patrimoine industriel helvétique.

Il y a deux ans, la société de participation Victory s'était emparée d'Unaxis (devenu depuis OC Oerlikon) après avoir augmenté secrètement sa participation dans l'entreprise. Entre-temps, Renova avait également acheté une partie des actions du groupe.

La société de participation autrichienne a usé du même procédé pour s'emparer de l'entreprise de construction de machines Saurer. Pour ce faire, elle s'est progressivement désengagée du groupe technologique bernois Ascom.

Le mois dernier, l'entreprise de construction Implenia a demandé aux autorités de surveillance des marchés de mener une enquête sur la manière dont le fonds d'investissements britannique Laxney Partners a pu s'emparer en secret de plus d'un cinquième des actions Implenia.

Dans la réassurance, l'OPA hostile du français Scor sur son concurrent suisse Converium fait également l'objet d'enquêtes. Auparavant, Scor avait en effet racheté la part de 20% détenue dans Converium par le financier Martin Ebner afin de détenir plus de 32% du capital.

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Bénéfice en hausse

Sulzer a vu son bénéfice net s'inscrire à 131,8 millions de francs au premier semestre 2007, soit une progression de 26,4% par rapport à la même période l'an dernier. Le résultat d'exploitation a quant à lui progressé de 30,2% à 177,4 millions. Enfin le chiffre d'affaires a, lui, augmenté de 23,7% pour se monter à 1,654 milliard de francs.

Les entrées de commandes arrêtées à la fin juin se montaient à 2,133 milliards de francs, en augmentation de 28,9%. Les quatre divisions du groupe ont enregistré des résultats en hausse, affichant un résultat d'exploitation de 188,3 millions (+45,9%). Le résultat sur l'année devrait dépasser celui de 2006.

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