Navigation

L’enseignement du français et de l’anglais sauvé à Lucerne

Les Lucernois ont refusé de supprimer l'enseignement d'une seconde langue étrangère à l'école primaire. Keystone

Des questions scolaires ont occupé les citoyens de nombreux cantons en ce dimanche de votations. Les Lucernois ont refusé de supprimer l’enseignement d’une langue étrangère à l’école primaire, alors que les Tessinois ont plébiscité l’éducation civique. Quant au canton de Genève, il a adopté une initiative qui vise à renforcer les droits populaires.

Ce contenu a été publié le 24 septembre 2017 - 18:18
swissinfo.ch avec les agences

Dans le canton de Lucerne, les citoyens ont repoussé par 57,64% des voix une initiative réclamant la suppression d'une langue étrangère du programme de l'école primaire. 

Le texte ne précisait pas quelle langue serait renvoyée à l’école secondaire. A Lucerne, l'anglais est enseigné dès la 3e année primaire et le français dès la 5e, comme c'est le cas dans la plupart des cantons alémaniques. Le gouvernement cantonal avait toutefois prévenu qu'en cas de «oui», c’est l'anglais qui serait supprimé du programme de l’école primaire. Il comptait maintenir le français pour préserver la cohésion nationale. 

Une décision qui intervient alors que la question de l’enseignement des langues fait débat dans plusieurs cantons alémaniques. Des initiatives similaires ont été refusées, au cours des dernières années, dans les cantons de Zurich et Nidwald. Les Zurichois ont balayé le 21 mai dernier un texte identique. Les Nidwaldiens, eux, avaient dit «non», il y a deux ans, alors que leur gouvernement avait pris fait et cause pour l'anglais au détriment du français. 

Des tentatives de supprimer l’enseignement du français à l’école primaire ont aussi échoué ces dernières années, dans les cantons de Thurgovie, Zoug et Schaffhouse. Aux Grisons et à Bâle-Campagne, des initiatives concernant l’enseignement des langues à l’école primaire ont aussi été déposées. 

Le Tessin dit «oui» à l’éducation civique 

Les élèves tessinois auront au moins deux heures d'éducation civique par mois. Le peuple a approuvé dimanche, à près de deux contre un, une modification de la loi scolaire dans ce sens. 

Intitulé «Civica», le cours d'éducation civique sera obligatoire aux niveaux secondaires I et II, à raison de deux heures par mois au minimum. Il doit permettre aux jeunes de développer leurs connaissances des institutions politiques ainsi que des droits et devoirs du citoyen. 

L'emploi du temps des élèves ne s'en trouvera pas alourdi, puisqu'il est prévu de diviser le cours jusqu'ici intitulé «histoire et éducation civique». C'est sur ce point que les critiques étaient les plus vives. Deux heures par mois ne suffisent pas pour couvrir de manière satisfaisante un sujet aussi important que la participation politique, selon les opposants. De plus, la pédagogie moderne invite plutôt à réunir des branches qu'à en créer de nouvelles. 

En Suisse, dix cantons ont des cours d'éducation civique, la majorité combinée à d'autres branches. Comme branche à part entière, l'éducation civique existe à Genève, Neuchâtel et dans la partie francophone du canton de Fribourg. 

Nombre d’heures d’enseignement entérin à Schaffhouse

Dans le canton de Schaffhouse, le nombre actuel de 259 heures d'enseignement à l'école obligatoire est désormais inscrit dans la loi. Les citoyens du canton ont plébiscité dimanche à 78% des voix une initiative populaire en ce sens, soutenue par le parlement. Les initiants entendaient ainsi empêcher toute mesure d'économies en la matière. 

Le renforcement des droits populaires accepté à Genève

A Genève, il faudra désormais moins de signatures valables pour faire aboutir les initiatives et référendums. Cette modification de la Constitution a été approuvée dimanche par 62 % des voix. 

Proposé par l'extrême gauche et le Mouvement Citoyens Genevois (MCG), l'abaissement du nombre de signatures requis vise à faciliter l'accès aux droits démocratiques. Le Parti libéral radical (PLR, droite) et le Parti démocrate chrétien (PDC, centre-droit) s'opposaient à ce qu’il considéraient comme un «bradage» des droits populaires. 

Au niveau cantonal, la proportion de citoyens dont il faudra la signature passera ainsi de 4 à 3% pour une initiative constitutionnelle et de 3 à 2% pour une initiative législative et un référendum facultatif. La modification touche aussi les communes. 

Neuchâtel, canton divisé  

La division du canton de Neuchâtel entre le Haut et le Bas s’est à nouveau fait sentir dans les urnes ce dimanche. Les citoyens ont balayé par 59% des voix un projet de centralisation judiciaire, qui prévoyait la construction d'un Nouvel Hôtel judiciaire à La Chaux-de-Fonds, dans le Haut. Ce projet adopté par le Grand Conseil a été combattu par un référendum portant près de 9000 signatures. 

La plupart des opposants jugeaient inutile et trop onéreuse cette construction à 48,5 millions de francs. De plus, certains trouvaient injuste cette centralisation dans le Haut. D'autant que dans le domaine hospitalier, la centralisation des soins aigus dans le Bas a été refusée en votation en février. La campagne s'est envenimée au fil des semaines. Le résultat, lui, confirme ainsi la défiance de la population à l'égard de la politique «Un canton, un espace» prônée par gouvernement cantonal.

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article