En Suisse, l'euro n'a pas détrôné le franc

En Suisse, nombre de commerces acceptent l'euro, mais rendent la monnaie en francs. Keystone

Le lancement de la devise européenne n'a pas eu l'impact prévu sur les transactions de l'économie suisse.

Ce contenu a été publié le 16 juin 2003 - 18:05

Selon une étude commandée par le gouvernement, l'euro n'est pas devenu une monnaie parallèle et le franc reste le moyen de paiement incontesté en Suisse.

L’enquête a été menée auprès de 3124 entreprises (dont 2111 ont répondu aux questions) par le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Il en ressort que, depuis l'introduction de l'euro en janvier 2002, davantage d'entreprises se sont tournées vers les devises (étrangères).

Par rapport à une première enquête réalisée en 1998, la part des sociétés réglant des paiements en devises (euro et autres) a augmenté de 11,2 points pour s'établir à 58,5%.

Les recettes en monnaie étrangère, elles, sont passées de 56,8% à 61,9%.

Le recours aux devises dans les transactions n'a, en revanche, pratiquement pas changé dans l'industrie. Où il était déjà important.

Mais il a progressé dans le commerce de détail et le secteur du tourisme.

Pas d'emprise importante



En Suisse, l'euro joue un rôle central, puisque 99% des entreprises qui opèrent avec des devises l'utilisent.

C'était d’ailleurs déjà le cas en 1998 avec les principales monnaies des pays de la future zone euro.

Mais l'introduction en janvier 2002 de la monnaie unique européenne a renforcé le phénomène. Et la part des entreprises utilisant le dollar a reculé.

La monnaie unique européenne joue un rôle central pour les entreprises qui traitent avec des devises.

Mais elle n'a pas une emprise importante sur l'économie helvétique dans son ensemble.

Pour preuve, les spécialistes prévoyaient que plus de 21% de l’ensemble des transactions de chaque entreprise se feraient en euro.

Or, cette part a reculé de 0,2 point, à 16,8%, dans le cas de recettes. Et elle a régressé de 2,3 points, à 17,4%, dans le cas des dépenses.

Quant à la part du dollar dans les transactions totales, elle reste inchangée à 8,5%.

La monnaie européenne reste d'ailleurs très peu utilisée en Suisse.

Certes, presque toutes les entreprises acceptent les euros en espèces. Mais seules 24% rendent la monnaie dans cette devise ou affichent leurs prix en euros.

A noter que le secteur du tourisme - l’hôtellerie notamment - est davantage prêt à faire le pas.

Les salaires toujours en francs



Les salaires payés en euro restent exceptionnels. Ils concernent avant tout des étrangers travaillant dans le tourisme.

Sur 1220 entreprises qui règlent des paiements avec la monnaie unique, seules 0,6% versent des salaires en euro à des Confédérés ou à des étrangers établis en Suisse.

1,2% payent des rétributions en euro à des frontaliers et 1,6% à des travailleurs de courte durée.

Par ailleurs, seules 19,5% des sociétés ayant des recettes en euro les ont reçues de clients suisses. Et 17,9% de celles qui paient leur facture avec la monnaie unique européenne le font à des fournisseurs suisses.

Enfin, moins de la moitié des entreprises se couvrent contre les risques de change.

Elles recourent nettement plus souvent à de tels instruments pour faire face à la volatilité du dollar américain que dans le cas de la monnaie européenne.

swissinfo et les agences

Faits

En Suisse, 99% des entreprises qui traitent avec des devises utilisent l'euro.
Presque toutes les entreprises interrogées par le KOF l'acceptent.
Mais seules 24% d'entre elles rendent la monnaie ou affichent leurs prix en euro.

End of insertion

En bref

Le KOF avait déjà procédé à une enquête similaire en 1998, à la veille de l’introduction de l’euro en tant qu’unité de compte.

A l’époque, l’une des opinions qui prévalait était que l’euro serait utilisé plus fréquemment en Suisse que ne l’étaient les monnaies des futurs participants à la zone euro.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article