Et vogue l'aide humanitaire

Le logo de Voiles sans frontières. (voilessansfrontieres.ch) RTS

Au lieu de rester au port, les bateaux de plaisance peuvent devenir des transports d'aide humanitaire. C'est l'idée de Voiles Sans Frontières, une ONG dont la section suisse vient de naître.

Ce contenu a été publié le 20 avril 2003 - 16:39

Les premiers voyages sont prévus dès l'été, à destination du Sénégal.

Depuis ses jeunes années passées sur les rives du Léman, Jean-Marc Naucelle a toujours «pesté contre les bateaux qui restent des mois sans quitter le port, avec leurs barbes vertes qui pendent aux amarres.»

Avant de superviser les rénovations des bateaux à vapeur du Léman, ce passionné de navigation a notamment travaillé avec Pierre Fehlmann à La Ciotat, à construire des bêtes de course pour la haute mer.

Aujourd’hui, c’est dans ce port proche de Marseille qu’est basé l’Aglaë, fier voilier de 11 mètres, sur lequel Jean-Marc Naucelle et sa famille ont longtemps sillonné les mers.

Quand l'aide arrive par la mer

Avec son ami Jean-Baptiste Leimgruber, Jean-Marc Naucelle est également le fondateur de la section suisse de Voiles Sans Frontières (VSF), sur la base d'un système qui fonctionne en France depuis presque dix ans.

Au lieu de laisser les bateaux de plaisance dormir pendant des mois dans les ports, VSF se propose d'en faire des cargos pour transporter l'aide humanitaire dans des régions difficilement accessibles par voie de terre.

Première bénéficiaire: la région du delta de la Casamance, au sud du Sénégal, qui accueille déjà entre 15 et 20 bateaux par année.

De vraies missions sanitaires

Et VSF ne se contente pas de jouer les transporteurs. En général, les bateaux restent quelques mois sur place et servent de base logistique pour le soutien sanitaire à la population.

VSF, qui compte nombre de médecins et de dentistes parmi ses membres, contrôle la distribution des médicaments et dispense les soins de base à la population locale.

Cette forme d'aide originale permet d'éviter de nombreux intermédiaires, souvent avides de «commissions» (ou bakchichs) et de taxes en tous genres. Par ailleurs, elle est particulièrement peu gourmande en frais de fonctionnement.

Mais évidemment, elle n'est praticable que dans les zones côtières.

Déjà deux voiliers

Afin de donner le coup d'envoi de VSF Suisse, Jean-Marc Naucelle mettra dès cet automne son voilier (pour cinq ans) et ses talents de skipper au service de l'association.

L'Aglaë doit appareiller le 1er octobre de Marseille, pour atteindre les côtes de la Casamance six semaines plus tard. Au printemps 2004, le bateau repartira pour la Bretagne, d'où il entamera un nouveau cycle.

Mais avant même ce premier voyage à but médical, un autre bateau, le Bambala, partira au mois d'août sous le pavillon de VSF Suisse. Il apportera en Casamance des filtres à eau et du matériel pour installer des cuisines solaires.

De nombreuses bonnes volontés

«Il y a dans le milieu de la navigation bien plus de bonnes volontés qu'on pourrait le croire», assure Jean-Baptiste Leimgruber, qui se charge de démarcher les propriétaires de bateaux de plaisance.

Dès l'année prochaine, VSF Suisse compte bien réunir une flotille de cinq voiliers, tous mis à disposition gracieusement par leurs propriétaires. Quant aux équipages, ils sont évidemment eux aussi bénévoles.

Et en plus de ceux qui prêtent leurs bateaux, VSF cherchera également à convaincre les plaisanciers en partance pour l'Amérique du Sud de faire un crochet par les côtes sénégalaises.

En janvier, Jean-Baptiste Leimgruber s'est rendu en Casamance, afin de reconnaître le terrain. Dans son rapport, il relève que l'action de VSF est d'autant plus efficace qu'elle répond aux demandes de la population. Et celles-ci sont énormes.

swissinfo/Marc-André Miserez

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