Fonds Abacha en Suisse: banques au pilori

La Commission fédérale des banques (CFB) a livré lundi son rapport sur l´affaire des fonds détournés par l´ex-dictateur nigérian Sani Abacha. Verdict: sur les 17 établissements examinés, seuls 5 ont pleinement respecté leurs obligations de diligences.

Ce contenu a été publié le 04 septembre 2000 - 14:05

La CFB a découvert que douze banques avaient eu un comportement défaillant dans l'affaire des fonds de l'ancien président du Nigeria, Sani Abacha. Dans six cas - dont celui du Credit Suisse Group - la commission a constaté des "violations en partie graves des obligations de diligence et des défaillances au plan de l'organisation".

A la fin de 1999, la somme totale des fonds déposés par le clan Abacha et bloqués auprès de banques suisses se montait à environ 660 millions de dollars. Dans l'intervalle, une somme d'environ 115 millions de dollars a été libérée par la justice genevoise, a précisé la CFB.

Cinq banques ont pleinement respecté leurs obligations de diligence: il s'agit de Banca del Gottardo, Citibank N.A, Goldmann Sachs & Co.Bank, Merrill Lynch et UBS AG.

Dans le cas de six banques, la CFB a constaté des points faibles ou des défaillances. Ce groupe se compose des établissements suivants: Banque Edouard Constant SA, Banque Nationale de Paris (Suisse) SA, Banque Baring Brothers (Suisse) SA, J.Henry Schroder Bank, Pictet & Cie et SG Ruegg Bank AG.

Pire, dans le cas de six autres banques, l'enquête a établi "des défaillances en partie graves et des défaillances ou des comportements erronés individuels crasses". Trois banques du Credit Suisse Group en font partie, à savoir Credit Suisse, Bank Hofmann et Bank Leu. Les trois autres sont Crédit Agricole Indosuez (Suisse) SA, UBP Union Bancaire Privée et M.M. Warburg Bank (Schweiz) AG.

Le Credit Suisse Group a rapidement réagi à la publication de ce rapport, en plaidant non coupable. La banque met en avant le fait que des mesures internes ont été prises depuis plusieurs années afin d'éviter pareil cas de figure.

De son côté, le ministre suisse des Finances, Kaspar Villiger, a salué le rapport de la CFB. L'image de la Suisse pâtit grandement de ce genre d'affaire a souligné le conseiller fédéral.

swissinfo avec les agences

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