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Front commun des cantons face aux particules fines

Les cantons misent sur les limitations de vitesse pour lutter contre les poussières fines. (Photo: RDB)

Les cantons prendront des mesures coordonnées contre la pollution aux microparticules. Ils pourront limiter les vitesses à 80 km/h et interdire certaines machines de chantier.

Le «concept» présenté mardi prévoit trois niveaux d'intervention liés à la densité des poussières fines dans l'air.

Les cantons se sont mis d'accord sur un concept d'intervention en trois phases, a précisé le président de la Conférence des directeurs cantonaux des travaux publics et de l'environnement (DTAP), Willi Haag, mardi à Flims (Grisons). Avant d'ajouter que le concept a été accepté «presque à l'unanimité».

Dans une première phase, les cantons informeront la population et l'appelleront à prendre des mesures volontaires dès que le taux de particules fines mesuré dans l'air correspondra à une fois et demi la valeur limite pendant au moins trois jours consécutifs.

Les cantons prendront des mesures d'urgence dans un second temps, soit lorsque le taux atteindra le double de la valeur limite. La vitesse sera alors temporairement limitée à 80 km/h sur les autoroutes, les camions n'auront plus le droit de doubler. Les chauffages d'appoint (cheminées, poêles,...) ne pourront plus être allumés et les feux en plein air seront interdits.

Chantiers paralysés?

Enfin, lorsqu'il y aura trois fois plus de particules qu'autorisé, les cantons interdiront les machines de chantier, les véhicules agricoles et les machines forestières qui carburent au diesel sans être équipées de filtres à particules.

M. Haag a reconnu que toute la difficulté sera d'appliquer ces mesures. Lorsque les stations de mesure annonceront des dépassements, une centrale de coordination sera chargée de les mettre en place, après s'être mise d'accord avec les cantons touchés.

Or les cantons, qui restent libres de prendre d'autres mesures, ne seront pas obligés d'appliquer le concept. En effet, ce dernier n'a pas force de loi. M. Haag est toutefois persuadé qu'ils agiront, «car la pression de l'opinion publique est devenue forte».

Limitation contestée

Une chose est sûre: la DTAP veut être prête en cas de nouveaux dépassements de taux cet hiver. En janvier et février dernier, lorsque les taux avaient atteint jusqu'à quatre fois (par exemple à Lausanne) la limite autorisée de 50 µg/m³, les cantons avaient réagi de façon désordonnée, a reconnu M. Haag.

Environ la moitié des cantons alémaniques avaient limité durant cinq jours la vitesse à 80 km/h sur les autoroutes. De nombreux représentants politiques, dont le ministre des transports Moritz Leuenberger, avaient estimé qu'une telle mesure à court terme n'aurait que peu d'effet.

Mais les cantons de Berne, Zurich et de Suisse centrale ont tiré un bilan positif. Selon eux, la limitation de vitesse a permis de réduire jusqu'à 10% le taux de particules fines à proximité des autoroutes. De plus, ces cantons ont constaté une baisse de trafic, ce qui montre, selon eux, que la mesure a permis de sensibiliser la population.

Mesures complémentaires

Selon les directeurs cantonaux des travaux publics, "le concept d'urgence" présenté mardi est complémentaire aux mesures que veut prendre la Confédération dans ce domaine. Des mesures que la DTAP presse d'ailleurs le Conseil fédéral de mettre en oeuvre.

Le gouvernement souhaite notamment imposer un filtre à particules à toutes les voitures neuves dès 2007. Il envisage également de moins taxer les camions équipés de filtre.

Réactions mitigées

La réaction des milieux concernés n'a pas tardé du côté de l'Association suisse des propriétaires fonciers ou du Touring Club Suisse (TCS). Ce dernier a qualifié la limitation de la vitesse à 80 km/h de «mesure placebo sans aucune efficacité».

L'association d'automobilistes approuve l'intention des cantons de vouloir contribuer à la réduction des émissions de particules en assainissant les installations provoquant ce type de pollution et en durcissant les normes sur les gaz d'échappement.

Mais le TCS estime que «les limitations de la vitesse doivent exclusivement servir à augmenter la sécurité routière et la fluidité du trafic».

De leur côté, l'Association transports et environnement (ATE), les médecins, la Libue suisse contre le cancer et le syndicat Unia ont exprimé leur mécontentement.

Ils exigent que des mesures soient prises aussitôt que la valeur limite légale de 50 µg/m3 est dépassée.

swissinfo et les agences

Faits

Les particules fines sont produites par le processus de combustion, le frottement mécanique des pneus ou de gaz dans l'air.
Les plus problématiques proviennent des gaz d'échappement des moteurs diesel.
Du fait de leur petite taille, elles provoquent des inflammations aiguës des voies respiratoires.
En concentrations importantes et durables, elles réduisent l'espérance de vie (cancers et maladies cardio-vasculaires).

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En bref

- Le gouvernement a approuvé en juin un vaste plan d'action pour réduire les poussières fines qui obligera notamment les véhicules diesel à être munis d'un filtre à particules.

- En février, les cantons de Berne, Zurich et de Suisse centrale ont limité à 80 km/h la vitesse sur les autoroutes. Résultat: une réduction de 5 à 10% des taux de microparticules par rapport à d'autres régions du pays.

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Les cantons groupés

- La Conférence suisse des directeurs cantonaux des travaux publics, de l'aménagement du territoire et de l'environnement (DTAP) regroupe les 26 cantons, le Liechtenstein et des délégués des villes et communes.

- Elle agit comme organe de liaison et de prise de position. Et cherche à favoriser la collaboration entre les cantons mais aussi entre ces derniers et la Confédération.

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