Helvétistan...dix ans déjà

James Wolfensohn (g) en compagnie des conseillers fédéraux Joseph Deiss (d) et Pascal Couchepin (c). Keystone

James Wolfensohn est en visite officielle à Berne. Le président de la Banque mondiale est venu célébrer l'adhésion de la Suisse aux institutions de Bretton Woods.

Ce contenu a été publié le 10 mai 2002 - 18:21

La Suisse joue un rôle exemplaire au sein de la Banque mondiale. C'est la bonne note décernée vendredi à Berne par James Wolfensohn. La visite officielle du président de la Banque mondiale coïncide avec le dixième anniversaire de l'adhésion de la Suisse au système de Bretton Woods.

C'est d'ailleurs au Palais fédéral que se tient la 3ème conférence des parlementaires de la Banque mondiale. James Wolfensohn a rencontré les conseillers fédéraux Deiss et Couchepin, eux aussi satisfaits. Le ministre de l'économie a qualifié le bilan de ces dix années de «globalement positif».

Votation populaire

Votation populaire

Le 17 mai 1992, les Suisses disaient donc oui (à 56%) à une entrée au FMI, le Fonds monétaire international, garant de la stabilité financière de la planète, ainsi qu'à la Banque mondiale, active dans le financement et la coordination de l'aide au développement.

De plus, la Suisse y entrait par la grande porte, en obtenant un siège dans les conseils d'administration des deux institutions. «Une entreprise extrêmement difficile», se souvient Daniel Kaeser, qui fut de 1992 à 1997 le représentant permanent de la Suisse au FMI.

En Suisse, il a fallu se montrer convainquant face aux opposant, tiers-mondistes et nationalistes. Et pour pouvoir peser, à Washington, il a fallu négocier une quote-part importante, le droit de vote étant proportionnel à la part en capital du FMI et de la Banque mondiale que détient un Etat.

Il a fallu enfin, pour que la Suisse puisse revendiquer un nouveau siège d'administrateur, former un groupe, composé de la Pologne et d'une série de républiques issues de l'Union soviétique (Azerbaïdjan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan) - d'où le surnom d'Helvétistan. La Yougoslavie est ensuite venue s'y ajouter.

Une influence non-négligeable

Depuis dix ans, l'influence de la Suisse n'a pas du tout été négligeable, selon Daniel Kaeser. «Si l'on a la sagesse de laisser les administrateurs assez longtemps, de leur donner une certaine ancienneté, cela leur permet de manœuvrer, de constituer des alliances, de faire passer des idées.»

Parmi les contributions de la Suisse, au sein du FMI, l'ancien haut fonctionnaire cite notamment le domaine du désendettement, la question de la transparence de l'organisation, la promotion de l'idée d'une procédure internationale de faillite en faveur des pays insolvables.

Sans oublier les intérêts très directs de la Confédération. «Le Fonds monétaire est en train de devenir une instance très à cheval sur la question des places financières. Et pour la Suisse, à cet égard, c'est très intéressant d'avoir un représentant au conseil d'administration.»

L'apport des ONG

Une position d'autant plus importante que la Suisse se trouve menacée d'une certaine marginalisation. «Il y a de nouvelles enceintes qui se créent, explique Daniel Kaeser. Comme le Groupe des 20, comme le Forum sur la stabilité financière, où la Suisse n'a pas été acceptée.»

Pour préserver et renforcer son rôle au sein du FMI et de la Banque mondiale, la Suisse va devoir continuer à amener de bonnes idées sur la table. A ce propos, l'ancien représentant suisse au FMI souligne la contribution des organisations non-gouvernementales d'aide au développement.

«Elles sont sur le terrain et leurs idées sont souvent très judicieuses. C'est une assez bonne chose de les amener, poursuit Daniel Kaeser, dans des enceintes où règne maintenant un peu trop le fondamentalisme du marché.»

swissinfo/Pierre Gobet, Zurich, avec les agences

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