Initiative anti-étrangers: l´UDC prône le oui contre l´avis du Conseil fédéral

En approuvant l’initiative anti-étrangers, l’UDC est le seul parti gouvernemental à ne pas suivre l'avis du Conseil fédéral. Keystone

Ce week-end à Genève, les délégués de l'UDC ont ignoré le mot d'ordre de la direction du parti. Ils ont approuvé l'initiative des 18 pour cent, provoquant ainsi la colère de la gauche alternative genevoise.

Ce contenu a été publié le 20 août 2000 - 12:51

C'est sous des jets de terre et aux cris d'«UDC fasciste» que les délégués démocrates du centre ont été accueillis à la sortie de leur assemblée ce week-end à Genève. Ils venaient de décider par 151 voix contre 109 de soutenir l'initiative qui vise à limiter à 18 pour cent la population étrangère en Suisse.

Un mot d'ordre qui a aussitôt provoqué la colère des manifestants de la gauche alternative genevoise, qui pique-niquaient dans les jardins tout proches: des drapeaux rouges ont été déployés tous azimuts et les invectives «Allez les millionnaires, sortez!» ont fusé.

Finalement, il y a eu plus de bruit que de débordement. Dans leur grande majorité, les démocrates du centre ont quitté les lieux sans chercher à provoquer les manifestants. Seuls quelques-uns d'entre eux se sont laissés aller à des gestes rappelant ceux de l'extrême droite.

Ce oui de l'UDC à l'initiative dite des 18 pour cent n'a pas fini de faire couler de l'encre. Sur ce point, les démocrates du centre sont en effet le seul parti gouvernemental à ne pas soutenir la ligne défendue par le Conseil fédéral.

L'UDC serait-elle dépassée par sa droite? En tous cas, sa base n'a pas suivi le comité central du parti, qui s'était pourtant prononcé en faveur du non. Même Christoph Blocher ne veut pas de ce quota. Seulement voilà, le leader agrarien n'était pas à Genève.

Les démocrates du centre ainsi que les radicaux, réunis eux à Préverenges, dans le canton de Vaud, ont recommandé ce week-end le rejet des trois taxes énergétiques qui, tout comme l'initiative anti-étrangers, seront soumises au peuple le 24 septembre prochain.

Pour leur part, les délégués du PDC, en congrès à Delémont, ont refusé l'initiative solaire, mais ils ont accepté les deux autres taxes proposées. Les démocrates-chrétiens estiment indispensable de miser sur les énergies renouvelables, et surtout de soutenir l'amortissement des centrales hydrauliques dans un marché de l'électricité libéralisé. Sur cette question, le congrès de Delémont aura montré le poids des cantons alpins.

Claudine Chappuis

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