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Joseph Deiss s'engage pour le commerce mondial

A Davos, le temps de Joseph Deiss entre les réunions est compté.

(Keystone)

Une vingtaine de ministres – dont Joseph Deiss - se retrouvent vendredi en marge du Forum de Davos pour tenter de relancer le cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha.

Encouragée par la Suisse, cette rencontre est contestée par des ONG présentes dans la station et Public Eye on Davos.

Dès l’ouverture du Forum économique mondial (WEF) de Davos, Joseph Deiss, président de la Confédération, avait annoncé que la Suisse entendait profiter de cette occasion pour relancer les négociations multilatérales dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Ces négociations, connues sous le nom de round de Doha, se sont arrêtées l’an dernier à Cancun (Mexique). Pays riches et pays pauvres étaient en effet fortement divisés sur la question des subsides à l’agriculture.

La présence d’une vingtaine de ministres du Commerce à Davos constitue donc une bonne opportunité. «Nous pensons qu’il y a de bonnes chances que les ministres présents ici échangent leurs points de vue et relancent les discussions», a déclaré Joseph Deiss.

Mais des voix critiques s’élèvent. Elles considèrent en effet qu’avec une telle initiative, la Suisse favorise davantage les intérêts économiques que ceux des simples citoyens.

Un agenda caché

Vice-président de l’ONG Friends of the Earth International, Toni Juniper estime que les discussions de Davos sont limitées aux seuls membres du WEF, alors que le commerce mondial touche l’ensemble du monde.

«Ces discussions ne sont pas ouvertes; il ne s’agit pas d’un débat public», a déclaré Toni Juniper au Davos Open Forum (une série de manifestations parallèles au WEF et ouvertes au public).

«Nous sommes tous directement concernés par le commerce international, poursuit-il. Mais, jusqu’à présent, la politique des échanges commerciaux a été largement définie par les multinationales, alors que les pauvres et l’environnement continuent de souffrir.»

Pas de décisions

De son côté, Joseph Deiss réplique que cette rencontre n’est qu’une rencontre informelle au cours de laquelle aucune décision ne serait prise.

«Davos est un lieu de rencontre et la présence de dix ou vingt ministres offre l’occasion de mener des débats informels», a-t-il encore déclaré.

Le président de la Confédération a également tenté d’apaiser les peurs des organisations non gouvernementales en affirmant que la rencontre serait également ouverte aux ministres du tiers monde.

Des experts du commerce international ont exprimé quelques doutes sur les possibilités de succès de cette rencontre informelle. Ils apportent néanmoins leur soutien à l’initiative de Joseph Deiss.

Soutien des pays en voie de développement

Youssuf Boutros-Ghali, ministre égyptien du Commerce, a salué l’initiative suisse. Il estime qu’elle constitue un premier pas significatif.

Toutefois, le ministre égyptien précise qu’il faut avant tout restaurer la confiance entre les différents pays prenant part à cette discussion sur le dossier agricole.

«L’agriculture sera le point central de ces discussions, a-t-il ajouté. Je ne m’attends pas à ce que nous tombions d’accord sur autre chose que l’agriculture. Doha doit être à l’agriculture ce que l’Uruguay round a été pour l’industrie.»

«Un paysan du Sénégal ou de Tanzanie a-t-il la même valeur qu’un paysan français ou américain?», s’est demandé Youssuf Boutros-Ghali.

«Aujourd’hui, tel n’est pas le cas: 25'000 paysans d’un pays X bloquent 10 millions de paysans africains. Si nous ne parvenons pas à changer cette situation grâce au round de Doha, nous serons tous perdants.»

Les Etats-Unis de retour

Le gouvernement américain a aussi montré d’une façon claire qu’il entendait reprendre les discussions.

Présent à Davos, le délégué américain au commerce Robert Zoellick a écrit début janvier aux 146 pays membres de l’OMC, afin de les inciter à reprendre les discussions.

swissinfo, Jacob Greber, Davos

En bref

- Le président suisse, Joseph Deiss, a organisé une réunion d’un vingtaine de ministres pour relancer les négociations du round de Doha, menées au sein de l’OMC.

- En décembre, les membres de l’OMC ont échoué à trouver un accord, à cause du dossier agricole, qui aurait permis la poursuite des négociations.

- Les négociations s’étaient, elles, interrompues dès le mois de septembre, à Cancun au Mexique.

- Il y a quelques jours, le représentant américain pour le commerce, Robert Zoellick, a proposé l’élimination complète des subventions agricoles à l’exportation pour une date qui reste à déterminer.

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