L' «aide» suisse à l'Irak a triplé

La situation humanitaire est meilleure au nord du pays, où l'ONU se charge de la distribution. Keystone Archive

Malgré l'embargo international, les firmes suisses font du commerce avec Bagdad. L'an dernier, ces échanges leur ont rapporté un demi-milliard de francs.

Ce contenu a été publié le 11 janvier 2002 - 16:13

L'Irak, un pays fermé? Pas tout à fait... Malgré l'embargo décrété par l'ONU, et suivi par la Suisse, Bagdad importe des vivres et des médicaments. Dont certains proviennent de Suisse. Mais la situation humanitaire reste précaire.

L'an dernier, le montant total des exportations suisses vers l'Irak s'est chiffré à 562 millions de francs. Des médicaments ont été livrés (pour 28 millions), ainsi que de la nourriture (40 millions) et d'autres biens humanitaires (495 millions).

Ces chiffres ont été révélés par le Tages Anzeiger. Dans son édition de jeudi, le quotidien alémanique note aussi que ce commerce aurait triplé en une année.

Importations légales depuis 1995

Ces exportations se font dans le cadre du programme «pétrole contre nourriture». Depuis 1995, l'ONU autorise l'Irak à vendre son or noir à l'étranger.

Chaque importation doit être autorisée par une commission de l'ONU. Le bénéfice sert à acheter des biens de première nécessité.

Cet assouplissement a été décidé en raison de la crise humanitaire. Selon le Tages Anzeiger, les importations irakiennes ont été de 18,3 milliards de dollars en cinq ans.

Situation toujours critique

«Pour ce qui est des besoins d'aide humanitaire, nous n'avons pas remarqué de grosse amélioration», regrette Jean-François Golay, coordinateur de l'aide suisse à l'Irak, à la Direction du développement et de la coopération (DDC).

La Suisse n'entend donc pas interrompre son programme d'aide à l'Irak. Chiffré à cinq millions de francs par année.

«Aujourd'hui encore, des enfants et des personnes âgées meurent, faute de médicaments en suffisance et d'une alimentation variée», surenchérit Patrice Mugny.

Le conseiller national Vert se réjouit tout de même de voir les exportations vers l'Irak augmenter: «la Suisse ose un peu montrer son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne qui maintiennent l'embargo.» Une petite consolation pour ce fervent opposant à l'isolement de l'Irak.

Caroline Zuercher

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