L'art à l'hôpital, l'hôpital au Salon

«La cour des grands», terre cuite de Marc Buisson, Collection du Centre hospitalier de Montfavet (Avignon, France). swissinfo.ch

Les HUG - Hôpitaux universitaires de Genève - sont au Salon du Livre pour sensibiliser le public aux activités culturelles en milieu hospitalier.

Ce contenu a été publié le 03 mai 2002 - 16:23

«Aujourd'hui, dans les hôpitaux, on a des gens merveilleux de savoir scientifique, des cliniciens extraordinaires. D'autres portent une attention particulière à la qualité des contacts entre patients et personnel soignant. Mais on sait aussi que ces pratiques-là ont des limites.»

Jacques Boesch, qui pose ce constat, vous le trouvez à l'étage de Palexpo, aux abords d'Europ'Art, ce qui ne relève pas de la simple coïncidence. Assis sur le lit d'hôpital qui lui sert pratiquement de bureau d'accueil, cet agréable monsieur à barbe blanche, au look de médecin, de professeur et de mécène d'art réunis, raconte avec passion son métier de 'ministre de la Culture' des HUG.

L'hôpital, lieu de ressourcement intérieur

«L'hôpital, dit-il, c'est un lieu et un temps où le patient retourne un peu sur lui-même, essaie de retrouver la santé. Il est pour cela aidé par des professionnels, mais aussi par le travail qu'il doit faire sur lui-même. Un travail de réflexion, de lecture, voire d'écriture. L'hôpital est un haut-lieu de culture.»

Mais la parole, l'écriture et les autres créations que l'on y pratique restent cachées. Et pour cause. Il importe, explique les spécialistes, que les patients, qui se sentent souvent incapables de gérer leur vie, disposent d'un espace d'expression intime, protégé des regards extérieurs.

«Nous avons voulu montrer cette richesse, dit Jacques Boesch. Et montrer comment dans cette période de difficultés que chacun traverse dans sa vie, ce retour sur soi peut être l'occasion de nouveaux regards.»

Patients, médecins et poètes

Longtemps, on a considéré l'art à l'hôpital comme un moyen décoratif, une façon de contrecarrer la souffrance des lieux et d'apaiser le malade et le visiteur. Ce n'est que plus tard, en psychiatrie notamment, que l'on a commencé à regarder les activités culturelles comme une forme de thérapie.

Aujourd'hui, poursuit Jacques Boesch, «il faut recourir à la dimension spirituelle, esthétique, que chacun a en lui, il faut respecter le patient dans sa dignité, dans ses relations, lui faire confiance, le mobiliser, l'inciter à agir».

Et de rappeler que c'est une bien vieille tradition. Voyez les mélancoliques grecs, on les emmenait à Épidaure, lieu magique en pleine campagne, où convergeaient avec eux médecins et poètes.

«À cette époque, on savait déjà que pour retrouver la santé il fallait au moins trois choses: outre le désir et la volonté du patient d'être un acteur de sa guérison, il fallait un environnement de qualité, la présence de gens de science et d'artistes.»

«L'œuvre artistique accompagne les personnes jusque dans les moments les plus douloureux. Elle n'ôte pas la douleur, mais elle nous ouvre des horizons, nous rassure parfois.»

swissinfo/Bernard Weissbrodt

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