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L’avenir de l’assurance-chômage dans les urnes

L'assurance-chômage perd quelque 920 millions de francs par an.

(Ex-press)

L’assurance-chômage traverse actuellement une profonde crise financière. Pour redresser la barre, le peuple est invité à se prononcer dimanche sur un projet mêlant à la fois mesures d’économie et nouvelles ressources.

Le ralentissement économique n’aura pas été sans conséquences pour l’assurance-chômage. Celle-ci perd quelque 920 millions de francs par an et affiche un déficit cumulé estimé actuellement à environ 7 milliards de francs.

Cette situation s’explique par la hausse du nombre des sans-emplois. La précédente révision de la Loi sur l’assurance-chômage (LACI), qui entendait équilibrer les recettes et les dépenses, tablait sur un chômage moyen de 2,5% (100'000 chômeurs). Or, ces dernières années, ce taux a atteint 3,3% (130'000).

Recettes supplémentaires

Pour redresser la barre, le gouvernement et la majorité bourgeoise du Parlement proposent une nouvelle révision. Celle-ci prévoit une augmentation des recettes de l’ordre de 646 millions de francs par année.

L’argent supplémentaire viendrait d’une augmentation du taux de cotisation à l’assurance, une cotisation payée à parts égales par les employés et les employeurs. Ce taux, actuellement de 2% du salaire brut, passerait à 2,2%.

Cette cotisation «normale» concerne les salaires jusqu’à un maximum de 126'000 francs par an; au-delà, le gain n’est plus assuré. Pour combler le déficit, le projet prévoit aussi d’introduire une cotisation dite «de solidarité» sur cette part du salaire non assurée. Cette ponction supplémentaire et temporaire serait de 1% sur la tranche de salaire allant de 126'000 à 315'000 francs.

Prestations en baisse

Mais, à elles seules, les nouvelles recettes ne permettent pas de combler le trou. Par conséquent, la révision prévoit également une série de mesures d’économies. Il s’agit par exemple de lier plus étroitement les périodes de cotisation et les indemnités. Actuellement, cotiser durant un an donne droit à des indemnités durant un an et demi. Dorénavant, les périodes de cotisation et d’indemnisation seront les mêmes.

Les programmes d’emploi temporaires financés par les collectivités publiques ne pourront plus être utilisés pour acquérir de nouvelles périodes de cotisation. Enfin, les indemnités compensatoires (qui compensent la différence de gain lorsqu'un chômeur accepte un emploi dont le revenu est inférieur à l'indemnité chômage), actuellement considérées comme un salaire, ne seront plus prises en compte pour le calcul des futures indemnités.

Il est également prévu de durcir l'accès aux prestations. Ainsi, les personnes qui viennent de terminer leur scolarité ou leurs études devront attendre au minimum 120 jours avant de pouvoir toucher des indemnités. Les exceptions qui étaient jusqu’ici prévues sont supprimées.

Enfin, les prestations seront diminuées pour les jeunes de moins de 25 ans qui n’ont pas charge de famille. Ceux-ci n’auront plus droit qu’à 200 indemnités journalières au lieu des 400 habituelles. Par ailleurs, les cantons dont le taux de chômage est largement supérieur à la moyenne nationale n’auront plus la possibilité de prolonger les indemnités jusqu’à 520 jours au lieu de 400.

Classique affrontement gauche-droite

Ce dossier provoque un affrontement gauche-droite des plus classiques. Les syndicats – qui ont obtenu le référendum – et les partis de gauche dénoncent une révision qui se fait «sur le dos des chômeurs», mais aussi des jeunes et des régions particulièrement touchée par la crise.

Pour la gauche, la situation est d’autant plus choquante que l’économie continue de verser des primes exorbitantes à ses managers et que l’Etat n’hésite pas à risquer des milliards pour venir en aide aux banques, lorsque celles-ci se trouvent en difficulté. Donc, plutôt qu’un durcissement au détriment des chômeurs, la gauche préconise une plus forte augmentation des cotisations.

A droite, on estime que la révision proposée est «équilibrée», puisqu’elle agit à la fois sur les recettes et les dépenses. Mais il est indispensable d’agir sur les deux niveaux, faute de quoi l’assurance court à sa ruine, une situation qui, pour le coup, pénalisera véritablement les chômeurs.

Quant à l’idée d’un sauvetage dû seulement à une augmentation des cotisations, la droite n’en veut pas. Une telle mesure pénaliserait en effet non seulement l’économie suisse dans son ensemble, mais également le pouvoir d’achat des ménages.

Tendance vers un «oui»

Selon le dernier sondage publié à la mi-septembre, c’est plutôt un «oui» qui devrait sortir des urnes dimanche. En effet, les chiffres montrent que 48% des personnes interrogées sont favorables à la révision et que seulement 30% y sont hostiles.

Mais le camps des opposants s’est renforcé au cours des dernières semaines et les jeux ne sont donc pas totalement joués. Réponse définitive dimanche.

Le référendum

Au Parlement, la révision de la Loi sur l’assurance-chômage a été acceptée par 91 voix contre 64 et 37 abstentions à la Chambre basse et par 32 voix contre 12 à la Chambre haute.

Le gouvernement soutient cette révision.

L’opposition à la révision provient essentiellement des partis de gauche et des milieux syndicaux.

Ces derniers ont obtenu facilement le référendum contre la révision en recueillant plus de 140'000 signatures, soit plus de 25'000 que le minimum légal.

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swissinfo.ch


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