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L'idée d'une Grande Albanie comme rétorsion?

La majorité albanaise du Kosovo exige l'indépendance.

(Keystone)

Si les Albanais du Kosovo n'obtiennent pas bientôt l'indépendance, ils brandiront à nouveau le projet d'une grande Albanie.

C'est la crainte du chef de la mission de l'OSCE au Kosovo Tim Guldimann, qui observe une impatience croissante chez les Albanais du Kosovo.

Le projet de Grande Albanie n'est pas encore évoqué officiellement, a expliqué l'ambassadeur suisse Tim Guldimann à swissinfo. «Je pars néanmoins de l'idée que les Albanais du Kosovo pourraient bientôt jouer cette carte, au cas où la question de leur statut continue de diviser leurs politiciens et les partenaires internationaux.»

Or c'est bien la question du futur statut du Kosovo qui est au centre de la discussion, tant au sein de la population locale que sur le plan international, et non les thèmes de la campagne électorale pour les élections législatives et locales de samedi.

Les autorités du Kosovo organisent certes ces élections de façon autonome, mais avec le soutien et la surveillance de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Selon Tim Guldimann, c'est même «la plus importante action de la mission cette année».

Cette mission est un volet de l'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK). Elle est responsable de la démocratisation, de l'instauration des institutions ainsi que des droits de l'homme et du respect de l'Etat de droit.

Elle est dirigée par l'ambassadeur Tim Guldimann depuis début octobre. Adjoint du chef de la MINUK Joachim Rücker, il est en outre le Suisse le plus haut placé dans les structures de la mission onusienne au Kosovo.

Appel au boycott

Tim Guldimann ne s'attend pas à rencontrer de «grandes difficultés techniques» lors des élections. En revanche, il se dit inquiet de l'appel lancé par Belgrade: la capitale serbe a en effet applé les Serbes du Kosovo au boycott.

«La communauté serbe estime qu'elle ne pourra pas suffisamment imposer ses intérêts dans les institutions du Kosovo à cause, selon elle, de la majorité albanaise.»

Au Nord du Kosovo, où la population est presque exclusivement serbe, «les écoles et les hôpitaux font explicitement campagne contre la participation aux élections». Mais la mission de l'OSCE veillera à ce que tous les bureaux de vote soient accessibles, au Nord comme ailleurs.

Le chef de la mission craint aussi de grandes difficultés après les élections. C'est à ce moment-là seulement que les uns et des autres vont exprimer leurs véritables positions politiques à propos du futur statut de la province, selon Tim Guldimann.

Le diplomate redoute une aggravation de la situation. La réaction des Serbes à la composition du nouveau gouvernement de Pristina reste très incertaine. Or elle pourrait affecter la stabilité du Kosovo.

C'est pourquoi 2008 pourrait être une année charnière. «Elle sera marquée par un intense débat politique» au Kosovo même, mais aussi par des «échanges de positions sur le plan politique international», prévoit Tim Guldimann.

Déclaration d'indépendance unilatérale?

Aucun des officiels de la MINUK ne le dit explicitement, mais on s'attend à une déclaration d'indépendance unilatérale de la part des Albanais du Kosovo cette année encore.

Sur ce point, Tim Guldimann se montre très prudent. Selon certaines indications, l'élite kosovo-albanaise n'entreprendrait une telle démarche qu'en accord avec ses partenaires internationaux. Quant à savoir qui sont précisément ces «partenaires internationaux», le diplomate suisse laisse la question ouverte.

L'évolution de la discussion sur le statut pourrait aussi avoir des conséquences sur la mission de l'OSCE au Kosovo. Car les décisions doivent être prises à l'unanimité des 56 Etats-membres. Théoriquement, si Pristina adoptait une déclaration d'indépendance unilatérale, la Russie et la Serbie pourraient empêcher la poursuite de la mission au Kosovo.

Tim Guldimann l'affirme: «La Russie et la Serbie feront tout pour empêcher une déclaration d'indépendance. Les conséquences pour notre mission sont encore incertaines. J'espère que l'on pourra trouver une voie qui assurera la continuité de la mission. Les chances sont réelles.»

Un geste envers Moscou

Tim Guldimann semble certes confiant, mais il n'est pas certain que la mission qu'il dirige ait vraiment encore un avenir. Actuellement, plus de 1000 personnes travaillent pour l'OSCE au Kosovo, dont 300 étrangers, la majorité d'entre eux étant originaires de pays occidentaux.

C'est pourquoi Tim Guldimann veut surtout s'adresser à la Russie. «J'ai tout intérêt à pouvoir augmenter le nombre de Russes au sein de la mission, et ce précisément parce que Moscou a une autre position sur ce dossier.»

Il s'agit de «susciter la confiance de Moscou, mais aussi de Belgrade, en garantissant que la mission est neutre sur la question du statut du Kosovo. Cela garantit aussi notre avenir», assure Tim Guldimann avec conviction, avant de se hâter vers un autre rendez-vous, avec, précisément, un haut diplomate russe.

swissinfo, Norbert Rütsche, Pristina
(Traduction de l'allemand: Ariane Gigon)

KOSOVO ET ONU

Avec près de 2 millions d'habitants, la province est toujours, selon la résolution 1244 de l'ONU, considérée comme une partie de la Serbie.

La résolution 1244 a aussi instauré, à la fin des bombardements de l'OTAN en 1999, une administration intérimaire confiée à l'ONU.

L'administration provisoire MINUK, dirigée par un envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, a été mise en place.

C'est le diplomate allemand Joachim Rücker qui dirige actuellement la MINUK.

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TIM GULDIMANN

Le diplomate suisse dirige la mission de l'OSCE au Kosovo depuis le 1er octobre dernier.

Entré du Département fédéral des affaires étrangères en 1982, a travaillé notamment au Caire, à Genève et à Berne.

De 1996 à 1997, il a dirigé les forces de soutien de l'OSCE en Tchétchénie et il a dirigé la mission de l'OSCE en Croatie de 1997 à 1999.

Il a ensuite été ambassadeur de Suisse à Téhéran jusqu'en 2004.

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