La classe politique applaudit la victoire du bon sens

Pour la majorité de classe politique, le rejet de l'initiative des 18 pour cent constitue la victoire du bon sens. Mais pour la gauche et les écologistes, un autre combat commence. Contre l'actuel projet de révision de la loi sur les étrangers.

Ce contenu a été publié le 24 septembre 2000 - 21:47

Le gouvernement doit revoir sa copie au sujet de la future loi sur les étrangers qui est actuellement en consultation jusqu'au 10 novembre. Telle est l'injonction faite aux autorités par la conseillère aux Etats Christiane Brunner. Pour la probable future présidente du Parti socialiste, ce projet de révision ne répond pas à une politique d'immigration valable.

De leurs côtés, les Verts paraissent plus offensifs. «Cette révision va tout aussi loin que l'initiative rejetée dimanche, mis à part le plafond des 18 pour cent», souligne Patrice Mugny, conseiller national (Verts/GE). Pour amener le gouvernement à de meilleurs sentiments, il brandit même l'arme référendaire.

«Un comité unitaire à Genève, formé de plusieurs associations et organisations, devrait lancer un référendum contre la loi sur les étrangers, souligne Patrice Mugny. En tout cas, si elle n'est pas profondément amendée par le Parlement. La Confédération des syndicats chrétiens de Suisse (CSC) réclame qu'une politique d'intégration «digne de ce nom» soit rapidement mise en place.

A droite, le ton est généralement à l'auto-congratulation. Un oui à l'initiative des 18 pour cent aurait été fatal, a souligné Adalbert Dürrer. Le président des démocrates-chrétiens (PDC) s'est dit particulièrement heureux que la vague d'émotion suscitée en Suisse par l'arrivée d'émigrés en provenance du Kosovo n'a pas influencé le scrutin.

Même appréciation du côté de Franz Steinegger. Le président du parti radical-démocratique (PRD) voit dans le refus de l'initiative une victoire du bon sens. La politique de renvoi des réfugiés kosovars a permis de restaurer la confiance dans la population. La dernière partie de la campagne a été moins émotionnelle, a dit le conseiller national uranais. Les opposants à l'initiative et les autorités ont regagné la confiance de la population en adoptant, entre autres, une politique adéquate en matière de retour des requérants.

Pour le président de l'UDC Ueli Maurer, son parti n'a pas à changer de cap après le refus de l'initiative. Le résultat, prévisible, montre que la question des pourcentages n'est pas le bon moyen pour résoudre la question des étrangers.

Les délégués du parti national ont certes accepté l'initiative, mais les mots d'ordre des sections cantonales ont fait apparaître une situation d'équilibre, a souligné le président Maurer. L'UDC continuera à combattre les abus, a ajouté le conseiller national zurichois. L'initiative sur l'asile sera bientôt déposée. Par ailleurs, le parti mettra tout son poids dans la révision de la loi sur les étrangers, actuellement en consultation.

En revanche, la déception est de mise du côté du père de l'initiative des 18 pour cent, Philipp Müller. Selon lui, le résultat obtenu dimanche ne constitue pas un échec total. Le rejet était prévisible, a déclaré à l'ATS le député radical au Grand Conseil argovien. Pour lui, les gros moyens financiers des opposants, la situation économique prospère et la détente dans le domaine de l'asile ont fait que l'initiative ne pouvait pas gagner.

Pour leur part, les Démocrates suisses se sont dits «déçus et préoccupés». «Ce rejet va conduire à un nouvel afflux d'immigrants: dans quelques années, leur proportion sera de 25 pour cent ou plus», a déploré dimanche le petit parti de la droite nationaliste. Il en va de la disparition du caractère des Suisses à travers l'internationalisation du pays, affirment les Démocrates suisses, et ils se demandent «si cela vaut encore la peine d'avoir une armée».

Jugurtha Aït-Ahmed

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article