La faillite de Swissair frappe également la France

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Swissair ne versera pas l'argent qu'il doit encore à AOM-Air Liberté, rebaptisé depuis peu Air Lib. Un coup fatal pour l'image de la compagnie aérienne suisse en France qui pourrait être poursuivie en justice.

Ce contenu a été publié le 02 octobre 2001 - 18:49

Avec Nestlé, Swissair a longtemps fait figure, en France, d'archétype: le logo à la croix blanche se confondait avec la puissance de l'économie helvétique et de sa place financière.

Dans ces conditions, l'image d'appareils portant pavillon suisse - cloués au sol parce que Swissair est incapable de payer ses factures de carburant - est dévastatrice.

Le sabordage de Swissair laisse d'ailleurs les commentateurs de l'Hexagone songeurs, à commencer par la presse économique. Celle-ci propose à ses lecteurs quelques analyses au vitriol. Pour les Echos, le plan de sauvetage de ce qui reste de l'ancien orgueil national des Suisses est calqué sur celui concocté pour sauver Air Afrique.

La fin d'une exception

Qui aurait pu penser que Swissair, ancien symbole de l'exception helvétique, puisse être un jour comparé à Air Afrique, emblème par excellence de l'impossible décollage économique du continent noir?

Les Français rappellent par ailleurs que Swissair doit encore de l'argent à son ancien pôle aérien AOM-Air Liberté. 1 milliard 300 millions de francs français, c'était le prix que devait payer la compagnie helvétique pour se désengager d'Air Lib sans être poursuivi par la justice française.

Sur cette somme avalisée en août par le Tribunal de Créteil, Air Lib aurait déjà reçu 1 milliard de francs français de la part de Swissair. Mais Air Lib devait toucher une enveloppe de 100 millions de francs dimanche dernier puis trois tranches de 50 millions à chaque fin de mois jusqu'au 31 décembre.

Swissair ne peut honorer ses dettes

Depuis le 30 septembre, Air Lib n'a pas reçu le moindre chèque. Il manque donc 300 millions de francs français, une somme que Swissair est aujourd'hui incapable d'honorer.

Si la compagnie helvétique ne tient pas ses engagements, la justice française sera vraisemblablement saisie. Pour l'instant, les syndicats ont réagi avec un ton qu'on qualifiera de mesuré à la faillite de Swissair. Il faut dire que le personnel d'AOM-Air Liberté a d'autres chats à fouetter.

Les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis ont bien évidemment bouleversé la donne du ciel européen. Lors du désengagement de Swissair du deuxième pôle aérien français, un plan social avait été mis en place: Air France avait promis de reprendre une partie du personnel d'AOM-Air Liberté.

Mais depuis le 11 septembre, Air France, comme toutes les compagnies du monde, a revu ses objectifs à la baisse.

Le premier transporteur aérien français a gelé toutes ses embauches, ce qui a provoqué la colère des syndicats. La CGT frappe déjà à la porte du ministre des Transports, le communiste Jean-Claude Gayssot.

Jacques Allaman, Paris

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