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La justice italienne perquisitionne chez UBS

La septième banque étrangère visitée par la police après le krach Parmalat.

(Keystone)

La police financière a visité vendredi le siège milanais de la banque suisse dans le cadre de l’enquête sur la débâcle du groupe laitier Parmalat.

Les magistrats s’intéressent à un prêt de 200 milliards de lires et à un emprunt obligataire de 420 millions d’euros réalisés par UBS.

Après avoir perquisitionné la Bank of America, la Deutsche Bank, la Banque d’Italie, la banque d’affaires américaine Morgan Stanley et l’agence de notation Standard & Poor’s, c’est au tour d’UBS d’être dans la ligne de mire de la justice italienne.

Le rôle des banques investigué

Les enquêteurs ont rendu visite vendredi au siège de l’établissement helvétique à Milan pour acquérir des documents liés aux finances du groupe Parmalat.

Un porte-parole de la banque suisse a confirmé la perquisition, sans préciser si des documents avaient été saisis.

Depuis décembre dernier, le groupe de Parme est au centre d’un énorme scandale financier et ses bilans, probablement falsifiés pendant des années, présenteraient une dette consolidée de 14,5 milliards d’euros.

Actuellement, 28 personnes font l’objet d’informations judiciaires et dix ont été arrêtées, dont l’ex-président fondateur de Parmalat, Calisto Tanzi.

Les enquêteurs veulent notamment analyser les liens qu’entretenait le géant de l’agroalimentaire avec les établissements financiers qui l’ont soutenu et qui ont organisé ses émissions obligataires malgré sa précaire situation financière.

Un prêt de 200 milliards de lires

En ce qui concerne UBS, selon nos informations, les juges italiens désirent notamment clarifier deux opérations.

La demande d’arrestation concernant Calisto Tanzi mentionne le remboursement d’un emprunt accordé par UBS.

En 1996, la banque suisse a prêté 200 milliards de lires (environ 160 millions de francs) à La Coloniale, le holding de la famille Tanzi, pour qu’il puisse souscrire une augmentation de capital de Parmalat Finanziaria.

Trois ans plus tard, «la moitié de cette somme a été remboursée via une soustraction, avec un transfert d’argent de la société hollandaise Parmalat Finance vers la Sata, qui appartient aux Tanzi, puis vers La Coloniale, qui a remboursé la banque helvétique», estiment les magistrats.

Tortueuse émission obligataire

En outre, depuis 1996, UBS a placé pour Parmalat des emprunts obligataires pour un total de près de 900 millions d’euros (1,4 milliard de francs).

A la lecture du rapport trimestriel au 30 septembre 2003 publié par la société de Parme, on découvre que «des obligations émises en juillet 2003 par Parmalat Finance, avec une échéance en 2008, ont été organisées et souscrites par UBS pour un montant de 420 millions d’euros. Elles sont liées à une structure en investissements financiers qui ont généré une provision nette de 130 millions d’euros».

Derrière cette formulation sibylline se cache une opération complexe à plusieurs facettes. Précision: ces obligations n’ont pas été placées dans le public.

Sur les 420 millions en question, Parmalat n’en a reçu que 130. La société a dû placer le solde auprès de l’établissement Banco Totta & Açores.

Cette banque portugaise s’est engagée à rembourser UBS en cas de faillite de Parmalat, alors que les 130 millions ont été assurés sur le marché.

Des doutes pas exclus

Face à ces multiples précautions, on peut se demander si UBS n’avait pas déjà à cette date des doutes sur la solvabilité de Parmalat. La banque refuse tout commentaire sur cette opération.

Il semble qu’à la fin de l’été 2003, soit plusieurs mois avant le krach, UBS ait demandé à ses gestionnaires de faire preuve de la plus grande prudence face à Parmalat.

swissinfo, Luigino Canal

Faits

Le siège milanais d’UBS a été perquisitionné par la police financière italienne vendredi

La justice transalpine s’intéresse à un prêt de 200 milliards de lires et à un emprunt obligataire de 420 millions d’euros

La banque aurait demandé à ses gestionnaires de faire preuve de prudence face à Parmalat plusieurs mois avant le krach

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