La nouvelle Crossair prend forme

On estime qu'il faudait 4 milliards de francs pour faire décoller la nouvelle compagnie helvétique. Keystone Archive

Malgré l'incertitude financière, Crossair a présenté un plan de vol provisoire de 37 destinations intercontinentales. La participation de l'industrie se précise.

Ce contenu a été publié le 19 octobre 2001 - 21:49

La nouvelle Crossair a commencé à prendre forme vendredi, malgré l'incertitude régnant sur son financement, estimé à 4 milliards de francs. Mais plusieurs poids lourds helvétiques, dont Nestlé ou Holcim, ont annoncé être prêts à cofinancer, sous réserve, la nouvelle compagnie nationale. Peter Brabeck-Letmathe, le patron de Nestlé, a précisé vendredi qu'il ne soutiendrait qu'un projet «réaliste» et «économiquement viable à long terme».

Une participation de la multinationale vaudoise serait notamment justifiée par la volonté de préserver l'image de la Suisse et la mobilité des collaborateurs. Nestlé est représentée dans ce dossier par le président de son conseil d'administration, Rainer Gut, qui traite avec la Confédération et Crossair. Aucun montant n'a été avancé.

Ces derniers jours, d'autres entreprises ont fait connaître leur disponibilité, comme Holcim, Kudelski ou Swatch Group. Le patron des garages AMAG, Walter Haefner, par ailleurs l'une des plus grandes fortunes de Suisse, s'est dit prêt à injecter 200 millions de francs. La Banque cantonale de Zurich veut mettre 25 millions.

Financement: répartition problématique

Roche et Novartis travaillent eux aussi avec la task force chargée de mettre sur pied le projet Phénix Plus, soit la reconstruction d'une nouvelle compagnie nationale après le dépôt de bilan de Swissair. Ils n'ont jusqu'à présent formulé aucun engagement officiel. Par contre, ABB, Serono, Swisscom ou Sulzer ne mettront rien.

La répartition du financement continue à poser problème. Personne n'a très envie de verser entre 1 et 1,7 milliard de francs à fonds perdu: c'est pourtant le montant du crédit de transition nécessaire au maintien des vols intercontinentaux de Swissair jusqu'à fin mars, date à laquelle une «Crossair Plus» devrait prendre le relais.

A ce crédit et à l'augmentation du capital de Crossair, s'ajoute une somme de «plusieurs centaines de millions de francs» pour le lancement de la nouvelle Crossair, rappelle le porte-parole du Département fédéral du finances, Daniel Eckmann. Des estimations non officielles font état de 800 millions à 1 milliard de francs.

Le forcing

Au final, les besoins de financement avoisineront ou dépasseront les 4 milliards de francs. Une solution devra être trouvée d'ici lundi et les négociations entre le Conseil fédéral et les milieux économiques se poursuivront ce week-end. M. Eckmann se dit «optimiste».

Le cas échéant, cette solution permettrait de limiter des conséquences sociales qui s'annoncent lourdes: les déclarations des responsables de Swissair Group de ces derniers jours permettent d'estimer que le nombre de licenciements prononcés cette semaine est déjà de l'ordre du millier.

Et si la nouvelle compagnie aérienne suisse n'est pas à vocation intercontinentale, l'octroi d'un sursis concordataire définitif aux entités menacées de Swissair Group s'annonce problématique, selon le deuxième rapport hebdomadaire du commissaire provisoire au sursis, Karl Wüthrich.

Horaire définitif lundi

Cette desserte intercontinentale, Crossair semble y croire. Son horaire provisoire prévoit un long courrier depuis Genève, à destination de New-York, et 37 depuis Zurich, vers 26 pays. Par rapport à l'horaire Swissair d'avant la crise, onze long-courriers passent à la trappe.

Au total, 112 destinations internationales dans 59 pays sont prévues. L'offre depuis Cointrin subit peu de changements, avec 20 liaisons européennes. Un vol vers Londres est prévu depuis Sion et 33 laisons européennes depuis Bâle-Mulhouse.

Il est d'ores et déjà possible de réserver des billets, mais sans garantie définitive, relève le porte-parole de Crossair Andreas Schwander. L'horaire définitif sera connu au plus tôt lundi, en même temps que le plan de financement de la nouvelle compagnie.

swissinfo avec les agences

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