La Suisse engagée dans la recherche européenne

Les chercheurs suisses rêvent depuis des années de participer à un pied d’égalité aux programmes européens. Keystone Archive

Une centaine de scientifiques suisses a participé à une grande conférence européenne sur la recherche à Bruxelles.

Ce contenu a été publié le 13 novembre 2002 - 14:23

La Suisse, qui consacre 2,65% de son PIB à la recherche, occupe une place honorable en Europe, où l'effort n'est que de 1,9%.

Plus de huit mille scientifiques, dont une centaine de Suisses, ont participé depuis lundi à la plus grande conférence sur la recherche jamais organisée dans l'Union européenne (UE).

Cette conférence, qui s'est terminé mercredi, a donné le coup d'envoi au nouveau programme-cadre de recherche pour 2003-2006 de l'UE, le 6e PCRD.

Ce programme, qui est doté d'une enveloppe de 17,5 milliards d'euros, vise à instaurer un véritable espace européen de la recherche.

Lors de l'ouverture lundi, le commissaire chargé de la recherche, Philippe Busquin, a insisté sur le fait que «l'Europe devait investir non seulement mieux, mais également davantage dans la recherche». Sinon l'écart avec les Etats-Unis va s'accroître.

En effet, l'effort européen en faveur de la recherche stagne en deçà de 2% (1,93% en 2000). Alors qu'aux Etats-Unis et au Japon, les dépenses pour la recherche représentent respectivement 2,69% et 2,98% du PIB en 2000.

En mars dernier, les Quinze se sont fixés comme objectif d'atteindre les 3% d'ici à 2010. «L'Europe doit se donner les moyens de ses ambitions» explique Philippe Busquin.

Effort supérieur à la moyenne européenne

En Suisse, même si l'on observe un recul des dépenses en faveur de la recherche, celles-ci ont tout de même atteint 10,69 milliards de FS en 2000, soit 2,65% du PIB. Un résultat nettement supérieur à la moyenne européenne.

«Dans le domaine de la recherche, l'intégration des chercheurs suisses aux travaux européens existe depuis longtemps et elle est de plus en plus étroite», s'exclame Martina Weiss.

Pour la directrice de SwissCore, bureau de liaison des chercheurs suisses à Bruxelles, cette conférence est un lieu unique d'échange d'informations et de contacts.

Quant à la participation pleine et entière de la Suisse au 6e PCRD, comme membre associé, Martina Weiss reste optimiste. Et de souligner que la Suisse pourra en tout cas participer à ce nouveau programme dans les mêmes conditions que pour le programme précédent, le 5e PCRD.

En effet, le premier «paquet» d'accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne n'est entré en vigueur que le 1er juin dernier. C'était trop tard pour l'accord sectoriel sur la recherche qui portait sur le 5e PCRD et qui s'est trouvé caduc.

Négociation bloquée

Un nouvel accord doit être renégocié. Cela ne devrait en théorie pas poser de problème. Car la recherche est un domaine où Suisses et Européens ont un intérêt mutuel à développer leur collaboration.

Mais la Commission européenne n'a toujours pas de mandat de négociation. Les Quinze bloquant la situation dans le domaine de la recherche, tant que des avancées ne se seront pas produites dans d'autres négociations bilatérales, en particulier dans le dossier de la fiscalité de l'épargne.

Au grand désespoir des chercheurs suisses qui rêvent depuis des années de participer à un pied d'égalité aux programmes européens.

La participation de la Suisse au 6e PCRD n'est donc pas remise en cause. Le lancement est prévu le 6 décembre à Berne. Mais elle continuera à se faire «projet par projet».

Alors que si la Suisse devient membre associé, les chercheurs bénéficieront de nouveaux droits. Ils pourront notamment lancer des projets et les diriger.

swissinfo/Barbara Speziali à Bruxelles

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