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La Suisse officielle salue l'accord de l'OMC

Accouché au forceps, un accord a été entériné dimanche tôt.

(Keystone)

Les 147 membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont entériné la relance des négociations sur la libéralisation des échanges internationaux.

L’accord, tombé dans la nuit de samedi à dimanche, satisfait les autorités suisses mais pas les organisations paysannes.

L'accord a été adopté par consensus lors d'une réunion des chefs de délégation peu après minuit. Immédiatement, la Suisse, comme la plupart des gouvernements, a salué ce compromis.

Le conseiller fédéral Joseph Deiss parle d'un «pas décisif pour une ouverture de l'économie mondiale qui profite à tous les pays».

«L'accord prend en considération les intérêts de tous les secteurs de l'économie suisse», estime le président de la Confédération. Lequel a participé personnellement aux travaux depuis mardi à Genève.

Concrètement, l'accord-cadre conclu dans le domaine de l'agriculture représente un pas supplémentaire en direction de la libéralisation du marché.

Et il tient en partie compte des besoins spécifiques de l'agriculture suisse, assure le Département fédéral de l'économie (DFE).

Des effets supportables

Le département de Joseph Deiss souligne que «les effets de cet accord sur l'agriculture suisse sont rendus supportables par les réformes déjà mises en oeuvre et à venir de la politique agricole».

Cet accord efface l’échec de la réunion ministérielle de Cancun l’an dernier, déjà destinée à relancer le cycle de négociations commerciales multilatérales initié à Doha, au Qatar, en novembre 2001.

Selon le département de l’économie, il conduira à une baisse des protections aux frontières, à une réduction des soutiens internes liés à la production et à une suppression des subventions à l'exportation.

De nombreux détails restent cependant encore ouverts. Ils devront être réglés lors des négociations prévues dès le début de l'automne à Genève.

En résumé, les pays industrialisés ont accepté d'éliminer les subventions aux exportations agricoles, mais sans calendrier précis.

Le principe de la baisse des droits de douane en matière agricole est également entériné. Mais aucun chiffre précis contraignant n’a été fixé.

La liste de «produits sensibles», bénéficiant d'une protection minimale, n'est pas non plus précisée, de même que les critères pour les soutiens internes.

Un minimum absolu

Le DFE souligne que les négociations sur une amélioration de l'accès au marché dans le domaine des biens industriels et dans le secteur des services sont particulièrement importantes pour la Suisse.

Il en va de même des simplifications dans les formalités douanières. Autrement dit, estime le DFE, «les résultats de ces négociations permettront un meilleur accès aux marchés émergents en dehors de l'Europe».

Les représentants de l’économie helvétique saluent également l’accord de dimanche. Tout en le considérant comme un minimum absolu.

Les compromis négociés dans le domaine de l'accès au marché pour les produits industriels et de la libéralisation des services apparaissent bien modestes, estime notamment economiesuisse.

Economiesuisse qui regrette aussi que trois des quatre «thèmes de Singapour» (politique de concurrence, protection des investissements et transparence des marchés publics) soient évacués de l’agenda du cycle de négociations.

«De gros sacrifices»

Les paysans helvétiques quant à eux expriment leur préoccupation. Ils jugent l’accord «déséquilibré» et affirment que l’agriculture suisse va au devant «de gros sacrifices».

L'Union suisse des paysans (USP), la Fédération des producteurs suisses de lait, l'Union maraîchère suisse et Bio Suisse redoutent que «les importations ne cessent de supplanter la production indigène».

Ces groupements estiment que les «domaines sensibles» ne pourront pas être suffisamment pris en compte par le compromis entériné par les 147 pays membres de l'OMC.

Ils critiquent également la fixation de fourchettes et les plafonds absolus en matière de droits de douane agricoles, auxquels la délégation suisse a consenti.

«L'accord délaisse quasiment la question des considérations autres que commerciales de l'agriculture», affirment les associations.

Les ONG déçues

Les organisations non-gouvernementales (ONG) elles aussi font la moue. Le compromis de Genève «repousse les décisions politiques difficiles à plus tard», estime notamment la responsable d’Oxfam à Genève.

«Sur l'accès aux marchés des produits non agricoles, affirme Céline Charveriat, le compromis est particulièrement mauvais et peut conduire à la destruction de l'industrie des pays en développement (PVD)».

La responsable admet toutefois que «de petites victoires» ont été acquises par les PVD en matière de suppression des subventions aux exportations agricoles et de crédits à l'exportation.

Pour Greenpeace, les pays membres de l'OMC ont cherché à «sauver la face». Et au final, estime le conseiller pour le commerce intrenational de l'organisation verte, «les pays riches ont fait de vagues promesses en échange de concessions cruciales des pays pauvres».

swissinfo et les agences

Faits

Le groupe des 10, importateurs agricoles nets aux préoccupations similaires à la Suisse:

Japon
Bulgarie
Taiwan
Islande
Norvège
Corée du Sud
Israël
Lichtenstein
Ile Maurice
Suisse

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En bref

- En s'accordant après presque une semaine de négociations marathon, les 147 membres de l’OMC ont sauvé du naufrage le cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha.

- Résultat de cet accord: des coupes de plusieurs milliards de francs escomptées en matière de soutien à l’agriculture et une ouverture accrue des marchés aux biens industriels.

- Les négociations se poursuivront dès septembre à Genève. Fin 2005, une conférence ministérielle de l'OMC à Hong Kong devrait déboucher sur la conclusion de ce cycle.

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