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La Suisse ouvre une brèche en Iran

Manifestation en faveur des prisonniers politiques en Iran.

(Keystone)

Une délégation du ministère suisse des Affaires étrangères vient de passer deux jours en Iran où elle a ouvert une brèche en faveur des droits humains.

De retour à Berne, le chef de cette délégation, Peter Maurer, a confié ses impressions à swissinfo.

Les entretiens entre les officiels iraniens et les représentants du ministère suisse des Affaires étrangères ont porté sur plusieurs dossiers très sensibles.

La ratification des accords internationaux portant sur les droits de l’homme a bien entendu été évoquée. Mais la réforme des prisons et la question des punitions corporelles n’ont pas été oubliées.

swissinfo: Qu’implique le dialogue sur les droits humains avec un pays régulièrement montré du doigt dans ce domaine?

Peter Maurer: Ce dialogue implique des contacts réguliers avec les autorités iraniennes afin de discuter des problèmes qui concernent les droits de l’homme.

Nous aimerions aussi établir des rapports entre experts suisses et iraniens sur plusieurs thèmes importants dans ce domaine. Par exemple le droit pénal et les questions carcérales.

En troisième lieu, ce dialogue exige une évaluation avec l’Iran du type de coopération pouvant être amorcée sur la question des droits humains.

Ici aussi, nous avons exprimé notre intérêt pour une approche en commun en matière de standards carcéraux minimaux et d’éducation aux droits humains des gardiens de prisons.

Ce n’est pas tout. Il s’agit aussi de maintenir des relations suivies avec l’Iran sur les questions des droits de l’homme envisagées à l’échelle internationale.

swissinfo: Les autorités iraniennes se sont-elles montrées sensibles à votre approche?

P. M.: J’ai eu l’impression qu’elles étaient réceptives. Il faut savoir que parler de droits de l’homme avec l’Iran n’est pas chose facile.

En réalité, les autorités iraniennes sont certainement conscientes de la marge d’amélioration existante dans ce domaine.

Mais venir du dehors pour en parler est difficile. Les Iraniens tiennent à un dialogue mené sur pied d’égalité. Ils refusent les mises en accusation.

Il est intéressant de constater aussi que beaucoup de sujets que j’ai mis sur la table lors de nos discussions suscitent également le débat au sein de la société iranienne et de l’establishment politique.

Sur ces thèmes, je crois qu’il existe actuellement une vraie discussion entre les autorités cléricales d’une part et le gouvernement et le parlement de l’autre.

swissinfo: Pensez-vous que la Suisse est suffisamment bien perçue par les autorités iraniennes pour intervenir en médiateur sur ces sujets?

P. M.: Nous avons reçu un très bon accueil en Iran. Et j’ai l’impression que les autorités iraniennes ont une relation plus détendue avec un pays comme la Suisse qu’avec des pays occidentaux plus puissants.

C’est une question d’approche. Nous comptions sur notre relation de longue durée avec les Iraniens, liée à leur perception d’une Suisse moins soucieuse de sa puissance que d’autres pays.

swissinfo: Sur quoi concrètement vous êtes-vous mis d’accord?

P. M.: Nous avons décidé de promouvoir ensemble le respect au sein des prisons iraniennes de standards minimaux acceptés sur le plan international. Mais nous devons encore définir les termes exacts d’un tel projet.

Nous avons aussi décidé d’accroître nos contacts directs en matières judiciaires et carcérales afin d’accéder plus facilement aux autorités iraniennes sur les sujets sensibles.

swissinfo: L’Iran fait partie de l’axe du mal dessiné par les Etats-Unis. Une polémique a lieu actuellement sur la question nucléaire. Quel impact sur le dialogue en matière de droits de l’homme?

P. M.: Il était clairement perceptible durant ces deux jours que la question nucléaire est une priorité des autorités iraniennes.

Je souhaite évidemment qu’un accord soit trouvé avec l’AIEA. La poursuite de la controverse nucléaire et l’absence d’accord international risque d’avoir un impact négatif sur la suite des discussions en matière de droits de l’homme.

swissinfo: Pourquoi s’engager sur un dialogue en matière de droits humains avec un pays comme l’Iran?

L’Iran est un pays islamique et un acteur important de la région. En termes de politique internationale, c’est un acteur de poids.

J’estime qu’il est crucial d’entamer le débat sur la vision islamique des droits de l’homme et sa convergence avec les normes internationales en la matière.

Des progrès avec l’Iran auraient sans doute un impact sur les autres pays islamiques. Cela permettrait une discussion plus rationnelle sur les droits humains universels et sur leur application dans les sociétés islamiques.

Interview swissinfo: Jonathan Summerton
(traduction: Pierre-François Besson)

En bref

- Reçu à Téhéran, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei a indiqué jeudi que l’Iran était prêt à signer le protocole additionnel au Traité de non prolifération nucléaire.

- Ce texte permettrait à l’ONU d’inspecter toutes les installations nucléaires du pays. Et ceci en tout temps.

- Le 12 septembre dernier, l’AIEA avait donné à l’Iran jusqu’à fin octobre pour prouver qu’il ne met pas au point l’arme atomique. A défaut, l’Iran risque une saisie du Conseil de sécurité de l’ONU et d’éventuelles sanctions internationales.

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